Dépêche
Accueil » Politique » Abderrahmane Mekkaoui: « Le Maroc est particulièrement visé »

Abderrahmane Mekkaoui: « Le Maroc est particulièrement visé »

Pour Abderrahmane Mekkaoui, les services anti-terroristes marocains accomplissent un travail remarquable. Mais le risque zéro n’existe pas.

Le BCIJ ne cesse d’annoncer le démantèlement de cellules terroristes…
Effectivement, la menace est sérieuse et nous n’avons pas le droit de prendre à la légère ou de banaliser ce genre de faits. Mais il y a d’abord lieu de remarquer que le nombre de cellules terroristes démantelées au Maroc a diminué. Un recul amorcé depuis 2015, avec 21 cellules démantelées puis 19 en 2016… Il y a un travail considérable fait par les services de sécurité toutes catégories confondues, mais il faut redoubler de vigilance puisque le Maroc n’est pas à l’abri, je dirais même qu’il est particulièrement visé.

Visé par qui?
Par tous ceux que la stabilité du pays dérange, ceux qui croyaient que le Maroc pouvait sombrer dans le chaos. Les organisations terroristes internationales (Daech et le Hezbollah, notamment) n’aspirent qu’à semer la terreur au Maroc, manipulées qu’elles sont par des puissances régionales. Tout le monde sait que le risque zéro n’existe pas et que le renseignement, qui est la pièce maîtresse dans la lutte antiterroriste, a ses limites. La DGST, entre autres, fait le travail de détection, de signalement… mais elle doit avoir de l’aide de la part du tissu associatif, des prêcheurs et généralement des citoyens, qui doivent prendre conscience du danger…

Beaucoup de terroristes arrêtés sont originaires du Nord du Maroc. Pourquoi?
En effet, des villes ou villages comme Mdiq, Fnideq, Midar ou encore Bni Nsar sont devenus célèbres de par le nombre de groupes terroristes qui y ont été arrêtés… Cela a trait à deux facteurs essentiels. Le premier est d’ordre général, à savoir que tant qu’il y a une situation de crise économique et tant que les disparités sociales s’aggravent, il y aura toujours ce terreau que des organisations comme Daech trouvent idéal pour faire la propagande de leurs idées et recruter des adeptes. Le deuxième facteur, lui, est spécifique à la région, plus précisément à côté des deux présides occupés, Sebta et Mellilia. Dans ces deux villes, des prêcheurs radicaux n’arrêtent pas de distiller leurs idées. Il y a même ce que les spécialistes ont appelé les mosquées de la haine. Les prêches audio et vidéo de ces prêcheurs inondent les villages avoisinants et servent de moyen de propagande et d’endoctrinement au profit des organisations terroristes. C’est dans ces villages devenus des petits fiefs de terroristes que les cellules criminelles sont nées avant de s’étendre à d’autres régions du pays, notamment Fès, Oujda, Beni Mellal…

Pourquoi l’Espagne, puissance occupante de Sebta et Mellilia n’arrête-t-elle pas ces prêcheurs?
Pour la simple raison que, dans la législation de l’Union européenne, la radicalisation n’est pas considérée comme un crime. Tant que le prêcheur ne passe pas à l’acte, il n’y a pas de quoi l’inquiéter. Sauf si un terroriste le dénonce comme étant son mentor. D’où la gravité de la situation et la nécessité de prendre conscience du sérieux de la menace. D’où aussi le devoir de rendre hommage aux services de renseignement et de lutte antiterroriste marocains pour le travail qu’ils accomplissent. Et que certains mettent en doute, en banalisant le travail et la véracité des informations données par le BCIJ.

Une nouvelle stratégie de communication des services de sécurité est nécessaire. Une manière d’exposer les faits, preuves à l’appui, d’expliquer le pourquoi du comment et d’insister sur la coopération entre toutes les composantes de la société dans cette nouvelle guerre sans frontières où le verbe et l’image jouent un rôle central.

NEWSLETTER MAROC HEBDO.

Entrez votre adresse e-mail

S'abonner à  la Newsletter !