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A Art Dubaï, l’art africain

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L’art moderne a brillé cette année à Art Dubaï qui a eu lieu du 17 au 22 mars 2015. Les remarques faites l’année dernière aux organisateurs ont fait leurs effets. De grands noms du Monde arabe ont été présentés par des galeries du Maghreb ou du Moyen Orient.

De Tunisie, Elmarsa, Hatim Elmekki, Le violon Bleu, Farid belkahia, Loft Art gallery, casablanca, M.Hamidi et M.Melhi, Meem Gallery, Dubaï, Dia Azzawi et Marwan, Claude Lemand, Paris, Chafic Abboud…

Mais il a été remarqué aussi la présence de noms importants de l’art moderne arabe mais curieusement dans la section du contemporain. Tels que Elias Zayat présenté par Atassi gallery et Nja Mahdaoui chez Elmarsa présente dans les deux sections. Ces deux vieux routiers de l’art moderne n’ont rien changé à leur démarche et pourtant ils se trouvent embarqués dans l’aventure contemporaine. Pour dire qu’autant la section moderne était conforme à la règle autant du côté contemporain les galeries ont me semble-t-il fait la loi. L’organisation est toujours sans reproche et l’affluence du public est toujours au rendez-vous.

Mais ce qui est étonnant c’est la faible présence africaine.

Le Nigéria dont la capitale compte prés de vingt millions d’habitants n’est présente qu’à travers deux galeries (Mydrim Gallery et Art Twenty One). Casablanca avec une seule galerie, la Côte d’ivoire une seule (Cécile Fakhoury), l’Egypte (Gypsum gallery), l’Afrique du Sud une seule aussi avec Whatifthworld de Cape Town. Seule la Tunisie compte Trois galeries Elmarsa, Le Violon Bleu et Fériani. Sur les deux sections (moderne et contemporaine) toute l’Afrique ne compte que huit galeries. Alors que si on voit du côté des artistes africains ils sont représentés par plusieurs galeries aussi bien européennes qu’arabes.

Mise à part la marocaine Yto Berrrada qui a reçu le prestigieux prix Abraaj, la galerie Imane Farès de Paris présente essentiellement des marocains: Le jeune Mohsin Haraki, Mohamed El Baz et Younès Rahmoun. De son côté la galerie Albareh de Bahrein compte parmi ses artistes le célèbre soudanais Mohamed Omar Khalil, d’autres artistes comme Zoulikha Bouabdellah, Mostapha azeroual, le calligraphe tunisien Abdellah Akar, Manuel Figueira sur les cimaises de de Perve Galeria de Lisbonne et bien d’autres. Je n’ai cité que quelques rares artistes africains qui font la gloire des galeries à l’extérieur de l’Afrique. Qu’est-ce qui manque à ce continent pour qu’il soit aussi mal représenté? Non loin de Art Dubaï se tenait la Biennale de Charja, (qui s’est tenue tout le mois de Mars et don’t les oeuvres sont encore visibles dans la ville) dans sa 12 ème édition et elle ne présentait que six africains, deux égyptiens, deux congolais, une éthiopienne et un Sud africain. Une absence totale du Maghreb de la Mauritanie à la Libye. Aucun artiste de l’Afrique de l’Ouest.

Qui est responsable de cette absence sur la scène mondiale? Les artistes, les institutions, les galeries, les marchands de l’art? Il faudrait savoir qu’aujourd’hui que la diplomatie culturelle et artistique devient une arme redoutable. Le capital immatériel et symbolique a un rôle très important dans la présence des peuples et des états à l’échelle planétaire. Quand j’ai rencontré des hommes d’affaires, des diplomates et des politiques égyptiens dans les arcanes des deux manifestations j’ai compris pourquoi les égyptiens sont partout. Une fierté se dégage de l’attitude de l’homme d’affaire égyptien quand il m’a dit qu’il était là pour acquérir l’art égyptien d’abord, l’art arabe et africain ensuite et qu’il était en cela aidé en cela par un jeune curator (commissaire) de son pays.

 

Moulim El Aroussi, critique d’art et commissaire des expositions

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