4, RUE DES FLAMANTS


Affaire Kamil Guessous continue à susciter diverses réactions
MARÉCHAL, NOUS VOILÀ !

Monsieur le Rédacteur en chef,
Lecteur assidu de votre hebdomadaire, je tiens à vous féliciter pour les pages que vous réservez, chaque semaine, au courrier des lecteurs et qui constituent une tribune offrant l'opportunité de véritables débats de société. Les réactions de vos lecteurs présentent souvent des approches intéressantes et inattendues sur de nombreuses questions et leur publication à mon avis est d'une grande utilité. Les divergences d'opinion ou les oppositions d'idées que reflète le courrier de vos lecteurs connaissent en fin de compte une sorte de régulation à l'issue de laquelle chacun peut se forger sa propre conviction.

Après avoir suivi attentivement l'affaire de feu Kamil Ali Guessous à travers le débat qu'elle a suscité entre M. Hamza Ottmani, M. Idriss Ibn Chouiba, Mme Ansar-Rachidi et M. A.D, je suis amené à faire quelques observations qui valent ce qu'elles valent mais que je souhaite intégrer dans ce débat.
Dans la défense légitime de M. Najib Guessous, fondée notamment sur la dénonciation des actes et du comportement de son ex-épouse "qui aurait manigancé toute cette affaire", M.A.D aurait dû éviter d'employer dans son argumentation une citation du maréchal Pétain, dont la stature morale est reniée par les démocrates français.

Inachevé

L'opportunité d'utiliser une citation pétainiste se référant aux "légumes" en l'occurrence des "tomates", plantes potagères solanacées, comme métaphore dans cette douloureuse affaire est discutable. L'intrusion brutale de Pétain dans la conclusion a décrédibilisé la démonstration.
Ce choix est incompréhensible car, selon M. A.D, le maréchal Pétain ("que Dieu ait son âme") demeure toujours le symbole d'une période obscure de l'histoire de France où la collaboration avec les nazis reste une tâche noire.
Faut-il rappeler que les fonctionnaires de Vichy n'ont pas hésité à fournir, voire à ravitailler les camps de concentration nazis en victimes innocentes, enfants, mères et pères.
Philippes Pétain qui combattit au Maroc contre Abdelkrim en 1925, qui en tant que Chef de l'État français apporta sa caution à l'occupation nazie à partir de 1942, qui fut jugé et condamné à mort et dont la peine a été commuée en détention perpétuelle et de surcroît radié de l'Académie Française en 1945, ne peut et ne doit être associé en aucune manière à la défense de personne.
La défense de M. Guessous ne passe pas nécessairement par Pétain ou le régime de Vichy.
Les gens de bonne foi diront que cette référence provient d'une maladresse, ceux de mauvaise foi diront que c'est un lapsus et nous rejetons cette idée. Pour ce qui est de M. Ottmani, vu la qualité de son écriture et de son potentiel, sa lettre nous a laissé sur notre faim car il s'est limité à répéter sous une forme résumée (une transformation paraphrastique) ce qui a été écrit par M. Ibn Chouiba sans pour autant répondre froidement et concrètement à l'argumentation d'Ibn Chouiba qu'évidemment on n'est pas obligé de partager.

Appréciations

Les termes utilisés par M. Ottmani comme "halluciné, délire, délire corsé, impertinence, désobligeance, lamentable, légèreté, frénésie, fumeux, désuet, amertume," sont beaucoup plus des jugements de valeur réactifs et ne peuvent constituer une réponse mûrie et construite, qui contiendrait une information autre, par rapport à ce qui a été écrit par M. Ibn Chouiba, il me semble que ce dernier a pointé à juste titre certains problèmes de société pertinents: la relation entre les diplômes et les valeurs morales, les dysfonctionnements de notre société civile et son élite, l'intégrité et la probité dans l'exercice d'un travail, l'écoute du citoyen par l'administration, l'individualisme et les dérives matérialistes dans notre société
Enfin, M. Ottmani, qui parle au nom des parents et des amis du docteur Guessous, a eu parfaitement raison de signaler qu'il faut tenir compte du contexte familial (décadent et dégénéré si bien décrit par M.A.D) dans lequel s'est développée et continue à évoluer cette affaire et dont malheureusement Kamil a été la principale victime.
Bien que M. Guessous soit actuellement poursuivi par la justice pour homicide volontaire (et cela personne ne l'a inventé), il faut évidemment que la présomption d'innocence reste la règle dans cette affaire y compris pour la mère de Kamil et tous les autres protagonistes en attendant que la Justice tranche.
Je vous prie d'agréer, monsieur le Rédacteur en Chef, l'expression de mes salutations les plus cordiales.
Hakim Belmlih
Rabat


L'affaire Kamil Guessous dépasse en horreur et en atrocité tous les faits divers
INIMAGINABLE!

Monsieur le directeur,
Fidèle lecteur de MHI depuis sa parution et dont j'apprécie beaucoup le professionnalisme de toute l'équipe rédactionnelle, permettez-moi de vous faire part de mon état de choc à la lecture de votre reportage concernant le crime odieux du jeune Kamil Guessous (MHI n° 371). Image cadavérique insoutenable, l'horreur personnifiée, récit poignant digne des meilleurs narrateurs reporters de la célèbre revue parisienne "Détective".

À ce propos, le journaliste auteur du récit a parfaitement prédit l'effet attendu chez certains lecteurs comme moi lorsqu'il a écrit "Il est des jours où la plume du journaliste sème des larmes le long des lignes" Il aurait pu ajouter "extirpe", car eh bien oui, au terme de la lecture de ce fait réel et véridique, je n'ai pas manqué d'avoir les larmes aux yeux pour la première fois de ma vie en lisant un reportage. Constat invraisemblable, affaire incroyable et pourtant la réalité est cinglante crevant les yeux.
Certes, nous avons lu des milliers de faits divers, les uns plus bizarres que les autres, mais celui-ci dépasse en horreur et en atrocité l'acte lui-même d'autant plus que l'auteur n'est d'autre que le propre père de l'enfant martyr. Cela dépasse l'imagination et l'entendement. Tous les qualificatifs ont été employés par le journaliste, je serai donc bref pour crier haut et fort que ce père indigne mérite tout bonnement la potence sans aucune circonstance atténuante. Se débarrasser de sa propre progéniture de la sorte est totalement inadmissible. D'abord parce qu'en pays d'Islam le cas d'Euthanasie auquel il a pensé et participé en créant le cérémonial est inadmissible.

Indifférence

Ensuite en tant que médecin (quoique l'Art noble dénonce ce monstre) il lui était très aisé d'engager une nurse ou un aide soignant pour s'occuper comme il se doit de son propre fils. Et pourtant n'a-t-il pas vu de ses propres yeux des gens très nécessiteux entourant d'affection et de soins leurs enfants plus handicapés que le sien? Ceux-là, ce sont de vrais croyants car ils craignent leur Créateur. Quant à ce monstre, il ne peut être qu'athée. Et comme l'a si bien dit A. Samie: "Quelqu'il soit, mon fils est mon fils, qu'il soit moche ou malade". Hélas notre Dr Guessous, grisé par sa richesse et son haut statut social, s'est cru indemne de tout soupçon de négligence à l'égard de son propre fils.
C'est pire qu'un criminel qui tue à bout portant. Le présent crime est doublé et renforcé d'un autre; c'est l'indifférence totale à l'égard d'une personne en danger de mort, faisant fi de tout sentiment humain, ignorant même la plus mince fibre d'affection d'un père envers son propre fils. Même les animaux dépourvus de raison affectionnent et entourent de soins leurs petits, une fois mis ou monde jusqu'à ce qu'ils se mettent à se débrouiller tous seuls. Ce qui est curieux dans cette affaire, c'est pourquoi, la garde de l'enfant a été confiée en dernier au père? Car cet enfant aurait été mieux soigné par sa mère qui, d'après l'article, n'a pas cessé de la réclamer. Or tout le monde s'accorde à reconnaître que la mère affectionne d'instinct sa progéniture plus que le père (même loi pour les animaux, du moins chez la plupart). Et s'il y a mille façons d'ôter la vie, il en existe qu'une seule de la transmettre. Devant le crime commis par le Dr Guessous à l'égard de son fils, non seulement Hyppocrate doit se retourner dans sa tombe, mais tous les Saints de la Terre et de toutes les religions. Nous nous rappellerons toujours de ton image angélique de téléthon 98 brave martyr Kamil. Repose en paix loin de l'ingratitude et de la monstruosité des hommes. Tu ne méritais pas cette fin tragique. Honte à ton père. Après la justice d'ici bas, il y a le châtiment de Dieu.
Bravo à MHI pour cette révélation. Voilà de l'information pure et simple.
Ahmed B.
Casablanca

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