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Éponge

J.L Servan-Schreiber

Jean-Louis Servan-Schreiber, le propriétaire de l'hebdomadaire La Vie Économique a jeté l'éponge. Il a vendu le titre. Et il sort du secteur de la presse marocaine. Le libéralisme marocain l'y a fait venir. La liberté d'expression le fait partir. Pas si simple.
Au passage, il a fait une plus-value juteuse qui fait de lui l'un des patrons de presse français le plus chanceux de ces dernières années. Il avait acheté, il y a quatre ans, l'hebdomadaire au bon Marcel Herzog à 9 millions de dirhams. Aujourd'hui, il le vend à 16 millions. Bénéfice: 7 millions de dirhams. Le 22 mai 1997 à 16 heures, M. Schreiber a présenté, à la rédaction médusée, les nouveaux patrons: Kamil Ouazzani du groupe "Caractères", déjà propriétaire de Téléplus, de Femmes du Maroc et de Maisons du Maroc; Aziz Akhenouche, du Groupe Afriquia; Moulay Hafid Alami des Assurances AGMA; Nader Maoulawi de Sunergia. Et une mystérieuse société SAHM. Le nouveau directeur exécutif de La Vie Économique sera, le Tunisien, Nasreddine El Afrit. Sur le coup, se sentant floué, Fouad Nejjar, le rédacteur en chef, démissionne.
Les journalistes sont consternés. Najib Senhadji, l'actuel directeur général-adjoint tire la gueule des mauvais jours à l'idée de se faire cornaquer par El Afrit. Personne n'était dans la confidence. Jean-Louis Servan-Schreiber a vendu les biens et disposé des hommes sans souci aucun de concertation. Une belle élégance. Ceci étant, le rachat de La Vie Économique par ce groupe pose un autre problème. Celui d'une situation quasi-monopolistique dans le secteur de la presse économique hebdomadaire.Les mêmes acheteurs sont déjà actionnaires de L'Économiste à concurrence de 35, 81%. Kamil Ouazzani, 10,31%. Moulay Hafid Alami, 10,31%. Sunergia, 10,31%. Aziz Akhenouche, 4,88%. Abdelmounaim Dilami doit se faire du mauvais sang. Il devrait se rapprocher de l'ex-Jean-Louis Servan-Schreiber pour lui filer de bons tuyaux.


Happy End

La guerre pour la chefferie au sein du PDI (Parti de la démocratie et de l'indépendance) n'aura pas lieu. La réunion élargie qui s'est déroulée à Salé, samedi 17 mai, a scellé la réconciliation entre les deux postulants à la présidence: Saïd Bouachrine et Abdelouahed Maâch.
Le PDI aura désormais une direction bicéphale appuyée par une commission regroupant les sympathisants des deux prétendants. Une prochaine conférence de presse devrait permettre de mieux identifier sur l'échiquier un parti à l'histoire ancienne, mais à la résurrection toute récente.


Mission accomplie

Gilbert During, directeur de la Lyonnaise des Eaux, au Maroc, quitte le pays. M. During a été rappelé en France après avoir ficelé le dossier pour lequel il a été nommé: la signature du contrat entre son groupe et la ville de Casablanca. Mission accomplie. Même si M. During a perdu quelque peu son sang froid sur le long et néanmoins difficile chemin de ce contrat juteux.


Barbudos

Dans un communiqué daté du jeudi 22 mai 1997, le MPDC (Mouvement populaire démocratique et constitutionnel) annonce qu'il ne participera pas aux élections communales. En quoi cette décision d'une portion infinitésimale de la scène politique peut-elle constituer une information? C'en est pourtant une.
Depuis que le docteur Abdelkarim Al Khatib a accordé le gîte aux disciples de Abdelilah Benkirane, les islamistes du groupuscule Islah wa Tawhid avaient cru trouver une adresse politique leur permettant de se présenter aux prochaines élections. Ils se sont gourés. La couverture légale vient de sauter. Désarroi et amertume chez les islamo-barbudos qui s'étaient donné la peine de se raser de près. Il va falloir chercher d'autres filières de candidature par procuration. Entrisme.

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