Campagne pour l'environnement " Faisons sourire nos villes "

POUR UN CADRE DE VIE SAIN

SAR la Princesse Lalla Hasna

Par Jamal CHIBLI

La sonnette d'alarme est encore une fois tirée. Notre écosystème est menacé. Notre cadre de vie est malsain. Bref, l'environnement dans son ensemble est en danger et en dégradation à cause de notre inconscience. En fait, c'est facile de faire des constats accablants ou de parler sur un ton alarmiste. À quoi bon, puisque tout le monde vit de près ou de loin cette réalité.
Au lieu de nous éreinter avec ce que l'on connaît déjà, il est grand temps d'arrêter les lamentations, de faire preuve de créativité et d'imagination afin de trouver les solutions adéquates.
En termes plus clairs, il faut passer à l'acte pour mettre au point un plan d'action réalisable et efficace. Fini le temps des bonnes intentions et des vux pieux. Toute politique environnementale doit prendre en considération le dilemme devant lequel se trouve un pays émergent, comme le Maroc qui veut à la fois consacrer la plus grande partie de ses moyens au développement et préserver son patrimoine naturel et son environnement.
Priorité
Ces derniers jours, la question de l'environnement est au devant de l'actualité et au centre des débats. Ce regain d'intérêt au Maroc n'est pas à lier étroitement à la célébration de la journée mondiale de l'environnement (5 juin de chaque année).
Si les projecteurs sont focalisés sur cette question, c'est surtout grâce à la campagne nationale lancée et présidée par SAR la Princesse Lalla Hasna qui fait de la préservation des ressources naturelles et de l'amélioration de l'esthétique de notre environnement immédiat une affaire
personnelle et une priorité dans son agenda.
On se souvient du succès remporté l'année dernière par la campagne " La propreté des plages, ma responsabilité aussi " dont le point de départ était la ville d'El Jadida. Avant le début de cette campagne, un rapport brûlant avait fait état du taux élevé de pollution dans nos côtes atlantiques et méditerranéennes. À sa fin, les écologistes s'étaient dits satisfaits des résultats obtenus et de l'engouement des citoyens pour la sauvegarde de leur mer. La campagne a ainsi atteint son principal objectif.
Engagement
Le 20 mai à Tanger, Son Altesse Royale a donné le coup d'envoi de l'opération 2000, placée cette année sous le signe " Faisons sourire nos villes ". Le choix du thème est judicieux et chargé d'une grande valeur symbolique. Depuis quelque temps, des voix se lèvent de partout pour dénoncer la laideur de nos villes et la morosité de l'espace urbain. Les problèmes de l'eau, de la pollution, du ramassage des ordures solides et de l'évacuation des ordures liquides nuisent immédiatement aux citoyens.
" La dégradation de l'environnement et la pollution représentent un danger réel pour notre pays et un frein réel à son développement durable ", a dit SAR la Princesse Lalla Hasna dans une lettre ouverte, rendue publique le 5 juin à l'occasion de la journée mondiale.
Il s'agit là d'un engagement personnel dans la continuité de la part de Son Altesse Royale pour cette noble cause. Au-delà des chiffres révélés par ici et par là, des analyses un peu simplistes de la chose, l'initiative princière ne peut que rassembler tous ceux qui se disent concernés par notre environnement et notre bien-être.
Parce que nos villes ont besoin de se refaire une beauté. Sur ce plan, nos représentants et nos élus ne doivent pas attendre toute une année pour commencer à s'intéresser à la propreté des rues et au reboisement des forêts.
Tout en créant une nouvelle dynamique et suscitant la curiosité des citoyens, la campagne " Faisons sourire nos villes " est tombée à point nommé pour en même temps révéler le déficit du travail communal dans ce domaine et offrir un brin d'espoir aux défenseurs de la nature et d'un cadre de vie sain et agréable.
Pour un développement harmonieux de nos cités, l'Institut arabe des villes appelle à ce que chaque habitant se voie réservé 15 mètres carrés d'espace vert. Dans la grande métropole du pays, les Casablancais ne disposent malheureusement que de 1,4 mètre carré chacun. On est encore très loin du compte. Même la forêt Bouskoura, l'un des derniers refuges des " verts " de Casablanca, n'a pas été épargnée par la détérioration et la destruction.
Refuge
Cette forêt récréative a constitué, lundi 5 juin, la sixième étape dans le périple princier, après Tanger, Essaouira, Marrakech, Tifelt et la Maamora. Dans cet espace vert, SAR la Princesse a donné le coup d'envoi d'un programme comprenant l'édification d'une allée piétonnière de 15 km, l'aménagement et l'équipement des aires de jeux, l'installation de l'éclairage public dans certaines zones et de bancs de repos.
" Mon cur de mère et de Marocaine est donc inquiet à la pensée que nos fils n'aient pas le droit de vivre dans un pays respectueux de la nature et de sa beauté ". C'est un appel sincère lancé par SAR la Princesse Lalla Hasna dans sa lettre ouverte.
Dans le dessein d'atteindre les deux objectifs majeurs de cette opération, à savoir la sensibilisation et l'incitation à la préservation de l'environnement, une importante campagne médiatique, symbolisée par "Bou n'dif" (Monsieur Propre) a été mise au point. Grâce aux programmes télé et radio, la diffusion de l'information est assurée. Les citoyens ne doivent pas être surpris en croisant sur leur chemin des brigades vertes. Elles ne sont là que pour les sensibiliser à l'importance de la propreté.
L'autre aspect de la campagne 2000 est l'association des organismes de la société civile et des opérateurs privés qui devront apporter le soutien matériel en finançant certaines opérations. L'exemple est donc donné. Les communes, les collectivités locales et les ONG n'ont qu'à s'y mettre pour garantir la pérennité de ses actions, sans oublier d'apprendre aux générations futures que la nature est quelque chose de fondamental dans leur vie.

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