Une fois de plus, ils ont osé. Quoi? L’impardonnable. Ils continuent donc, et ils ne semblent pas près de s’arrêter. Il faut donc réagir en actionnant les rigueurs de la loi, mais aussi par un traitement politique approprié et opératoire. Faute de quoi, cette nuisance pratiquement virale conduira à des réactions d’anticorps d’une société qui n’accepte plus d’être bafouée au grand jour et de manière récurrente par une bande de séparatistes anti-nationaux.
“Ils”? Ce sont les membres d’un groupuscule dirigé par Ali Salem Tamek et comprenant d’autres énergumènes comme Brahim Dahane, Rachid Sghaïr, Degja Lechgar et Salah Loubeihi. Qu’ont-ils commis? Rien de moins qu’une visite dans les camps de Lahmada, commencée le 25 septembre 2009 et terminée à Alger le 8 octobre. Ils ont, à cette occasion, assisté à un défilé militaire organisé en leur honneur par la direction du Polisario. Ils ont également tenu des réunions avec des dirigeants de ce mouvement séparatiste ainsi qu’avec des hauts gradés des services spéciaux algériens. Ils ont été gratifiés de fonds pour leur permettre de financer leurs activités subversives et de relancer l’agitation dans les provinces sahariennes.
Trahison
Le jeudi 8 octobre 2009, ces individus ont été interpellés à l’aéroport Mohammed V de Casablanca par la police judiciaire à la demande du parquet général. Après interrogatoire, ils ont été ensuite présentés à un juge d’instruction qui les a inculpés du chef d’intelligence avec une puissance étrangère. Une qualification minimale, mais l’on parle également de l’atteinte à la sûreté de l’Etat qui est également recevable sur la base d’éléments de fait établis et non démentis d’ailleurs par les inculpés.
Propagande
A n’en pas douter, l’on est face à une menée subversive. Celle-ci est le fait d’un groupe d’individus, mais elle participe d’une démarche qui se déploie, ici et là, suivant des modalités et des conjonctures particulières. Le personnage de Ali Salem Tamek est cependant le “franchisé” le plus visible d’une chaîne antinationale dont les maillons se trouvent tant au dedans qu’au dehors. Et son parcours chaotique depuis près de deux décennies témoigne, malgré les sinuosités, d’une feuille de route qui n’a guère changé: nourrir par tous moyens la “com” ou
plutôt la propagande des slogans
séparatistes.
Agitation
Quand la presse algérienne, aux ordres comme toujours dans le dossier du Sahara, s’échine à le présenter comme “le symbole des défenseurs sahraouis des droits humains”, elle compte duper qui?
D’où lui vient cet “engagement“ pour une cause perdue et qui, d’ailleurs, n’est pas la sienne?
Tamek est né en 1973, il faut le rappeler, l’année où le Polisario n’existait pas et sa création ne faisait encore l’objet que d’un projet lors des assises du Festival de la jeunesse arabe à Tripoli avant son officialisation un an plus tard à Alger. Par quel processus cet individu s’est-il mué en “membre du peuple sahraoui” -sa réponse à une question de MHI dans son numéro 590 du 30 janvier au 5 février 2004, alors qu’il était interrogé sur sa qualité de Marocain. Natif de Assa-Zag, une localité située dans le Maroc non contesté, dans les frontières donc du Royaume avant la décolonisation du Sahara, son père et sa mère sont des nationaux de souche. D’où lui vient donc cette haine de soi qui le pousse à renier sa filiation parentale et sa patrie? L’explication psychanalytique n’est pas très loin sans doute: elle sera plus conséquente. Mais le fait n’en demeure pas moins qu’il y a en lui de la graine de traître. Et tout l’écheveau de ses actes depuis le début des années 1990 témoigne de cet état d’esprit et de ce profond ressort psychologique de sa personnalité.
Parrainage
Ainsi, à vingt ans à peine, en 1993, le voilà qui connaît sa première interpellation. Il est en effet arrêté alors qu’il tentait de pénétrer clandestinement en Algérie. A-t-on idée, dira-t-on, alors que les frontières avec ce pays voisin étaient largement ouvertes à l’époque? Arrêté et jugé avec quatre autres “fugitifs”, il sera condamné à cinq ans de prison. Il ne purgera qu’un an à peine puisqu’ils bénéficiera d’une première grâce royale à la faveur de l’amnistie générale décrétée par feu SM Hassan II, en août 1994.
Il recommence à s’activer et il fait l’objet d’une nouvelle interpellation en décembre 1997 pour activités subversives à Dakhla. Il est libéré deux jours plus tard. Recruté par l’administration territoriale et affecté à Touesgui (près de Assa-Zag), il refuse ce poste. Son salaire est suspendu et il se voit privé de passeport. Il réagit et adresse une lettre ouverte au ministre de l’Intérieur. En janvier 2000, il se marie et devient ensuite père d’une fillette qu’il veut dénommer “Thaoura” (révolution). L’officier d’état-civil refuse, invoquant à bon droit que ce n’est pas un prénom autorisé. De quoi nourrir le rebond de son agitation.
Il opte alors pour l’entrisme: intégrer des institutions existantes et continuer à œuvrer pour ses fantasme séparatistes et antinationaux -vieille technique utilisée par tous ceux qui entendent miner de l’intérieur des associations ou des instances ayant une vitrine légale. Il adhère ainsi dès sa création à la section du Forum Justice et Vérité pour le Sahara et il devient membre du conseil national de cette organisation.
Il y côtoie des gauchistes -les uns repentis, d’autres pas encore…- et y noue des contacts qui lui donneront un carnet d’adresses, notamment en Espagne et en Algérie. Il se fait également nommer chef du bureau de la CDT à Assa-Zag avant d’être membre de la commission administrative de cette centrale syndicale. Il prolonge même ce “légalisme” en obtenant le parrainage de la Gauche socialiste unifiée (GSU) aux élections législatives de 2002.
Mais, derrière le miroir, il continue ses menées subversives, ce qui lui vaut une arrestation le 26 août 2002 à Rabat. Transféré à Casablanca puis à Agadir, il est condamné le 10 septembre 2002 à deux ans de prison ferme pour atteinte à la sûreté de l’Etat. Quinze mois plus tard, il bénéficie de nouveau d’une grâce royale accordée le 7 janvier 2004 à des dizaines d’autres détenus.
Hostilité
Il continue à défendre les séparatistes. Il multiplie les déclarations et s’emploie à peaufiner un profil de représentant au Maroc des idées du “Polisario”. Il recycle ainsi dans divers milieux la propagande antinationale. Il a tout fait pour sortir de l’anonymat et se doter d’un “statut” à forte visibilité médiatique. Il a fait du slogan “autodétermination du peuple sahraoui” un fonds de commerce qu’il a rentabilisé non seulement du côté d’Alger et de Tindouf mais aussi auprès de certaines associations adossées à
des milieux hostiles au Royaume à l’étranger.
La 18 juillet 2005, le voilà qui est de nouveau arrêté à l’aéroport de Laâyoune, débarquant d’un vol régulier en provenance d’Espagne. Une mesure décidée sur ordre du Procureur du Roi près la cour d’appel de cette ville. Ce haut magistrat a tenu à préciser dans un communiqué que Ali Salem Tamek a été placé en garde à vue pour “enquête“ sur son rôle dans des manifestations qu’avait connues cette même ville, quelques semaines auparavant.
Vandalisme
Cet indépendantiste sahraoui est fortement impliqué pour ses encouragement par téléphone aux manifestants mais aussi pour la campagne de “solidarité” menée avec eux dans certains milieux espagnols connus pour leur hostilité à l’intégrité territoriale du Royaume.
Dans ce même dossier, il faut rappeler que vingt et un Sahraouis avaient déjà été condamnés à diverses peines de prison pour “actes de vandalisme” et autres méfaits à Laâyoune, en particulier le 24 mai 2005.
Malgré ses dénégations, Tamek est membre de la section de Hamid Bouzid, l’une des structures internes des réseaux du “Polisario” dans les provinces sahariennes. Son activité est éligible à deux registres qu’il s’emploie à séparer avec soin. Le premier d’entre eux est celui des prises de position “politique” et peut être résumé comme suit: revendication de l’autodétermination comme étant un droit inaliénable garanti par les chartes internationales, option de l’indépendance comme un “scénario possible”, identité et personnalité du peuple sahraoui dont le “Polisario” est “le représentant légitime unique”. Bref, il met en avant sa qualité de “militant sahraoui”.
Rente
Plus encore: il s’emploie, lui et les siens, à se parer du paravent associatif pour tenter de masquer un activisme subversif qui cache leur vrai visage. C’est ainsi que Ahmed Nassiri couple sa qualité de Secrétaire général du comité sahraoui pour la Défense des droits de l’Homme de Smara avec celle de responsable de l’AMDH dans cette même ville; que Dagja Lachgar est membre du Bureau exécutif de l’Association sahraouie des victimes des violations graves des droits de l’Homme commises par l’Etat du Maroc; que Yahdit Ettarouzi est membre de l’AMDH (Laâyoune); que Salah Loubeihi est président autoproclamé du Forum pour la protection des enfants sahraouis, membre du CODESA et de l’AMDH (Laâyoune); et que Rachid Sghaïr est membre du comité d’action contre la torture à Dakhla.
Quant au second registre, il relève, lui, d’une comptabilité d’une autre nature: celle d’actions et de menées frappées du sceau de la clandestinité et des mille et une formes de la subversion. Des cellules ont été mises sur pied dans les provinces sahariennes à cet effet. Elles ont exploité les problèmes sociaux que connaît cette région -habitat, chômage des jeunes, diplômés ou non,… -pour les agréger dans une revendication “indépendantiste”. Quelques poignées d’agitateurs, donc, se voulant une minorité agissante et se posant comme l’expression d’une majorité silencieuse supposée par postulat de départ comme acquise. Des mythes de sous-développé sont ainsi entretenus jusqu’à promettre une société “émiratie” où chaque Sahraoui aurait droit à quelque 3.000 euros par mois -la rente chimérique et en même temps la culture de la rente…
Dispositif
Ce segment habille tout cela d’un slogan: l’autodétermination pour l’indépendance. En creux -et par rejet en même temps- il met en exergue la répression de la puissance “coloniale” occupante. Il surdimensionne tous les actes de ses membres et les grossit comme des faits de résistance devant forcer le respect et lui gagner la sympathie et la solidarité même de certains milieux et de certains cercles extérieurs. L’utilisation de l’Internet est l’un des vecteurs de cette communication insidieuse. Les sites du “Polisario” sont ainsi nourris d’informations de toutes sortes s’apparentant à l’agit-prop des régimes totalitaires. Le téléphone cellulaire et les photos qu’il permet d’envoyer vient compléter ce dispositif et assure une “couverture” en temps réel. Telle est aujourd’hui cette équation.
Rien d’étonnant que les clients habituels de l’Algérie se mobilisent de nouveau pour faire jouer une sorte d’effet de levier: prendre prétexte de l’arrestation des sept individus pour reposer la question du Sahara au premier plan.
Que des ONG -tels le Mouvement nigérian de solidarité avec le peuple sahraoui saisi par Aminatou Haïdar en visite au Nigeria ou telle autre association de même acabit en Espagne- s’agitent ne doit pas surprendre. D’ailleurs, les déclarations anti-marocaines faites par Aminatou Haïdar dans la capitale nigériane, Abuja, sont de la même trempe que celles de M. Tamek.
Elle qualifie les autorités du Maroc de tous les noms et appelle «au soutien du peuple sahraoui dans sa lutte contre l’occupant marocain…» Que Mohamed Abdelaziz, président de la “RASD” saisisse le mardi 13 octobre courant le Conseil de sécurité n’est rien d’autre qu’une manœuvre supplémentaire. Les intérêts supérieurs du Royaume sont en cause. Ils doivent être préservés de la manière la plus ferme qui soit. C’est dire que le dernier mot doit revenir à la loi et à la justice. Les espaces de liberté et de démocratie du Maroc Nouveau ne doivent pas servir de machine de guerre à des séparatistes et à leurs suppôts. L’agitation et la subversion matinées de trahison appellent la mise en œuvre d’une politique éradicatrice… Sans état d’âme !
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“Le Maroc est toujours dans une logique expansionniste”
Liberté: Lors de la conférence internationale de Valence, vous avez dressé un bilan fort inquiétant sur la situation des droits humains dans les territoires occupés…
Ali Tamek: La situation est très grave dans le domaine des droits de l’homme. Elle est le résultat de la répression féroce de l’occupation marocaine envers les civils sahraouis. La liste des atteintes est longue; elle comprend les enlèvements, la pratique courante de la torture, les viols, l’interdiction de s’organiser, les procès expéditifs et iniques, les déplacements arbitraires et la limitation de mouvement des militants sahraouis... Par ailleurs, les détenus politiques sahraouis vivent une situation très difficile dans les prisons d’El-Ayoun, d’Inzegane, de Taroudant, de Tiznit, de Marrakech et dans d’autres pénitenciers. La répression est montée d’un cran, après le déclenchement de l’Intifadha, en mai 2005, et après l’échec de la proposition d’autonomie du Maroc.
Que vous inspire le fameux plan d’autonomie du Maroc?
Ali Tamek: La proposition de plan d’autonomie est unilatérale. C’est une décision qui veut s’imposer à la place du choix souverain du peuple sahraoui. Comme vous le savez, le Sahara occidental est un territoire non autonome qui attend toujours d’être décolonisé. C’est un territoire dont le peuple, c’est-à-dire le peuple sahraoui, attend toujours un référendum pour exercer son droit à l’autodétermination. Or, le Maroc a beaucoup compté sur certaines forces et certains pays dans le monde, tels que la France et les États-Unis, pour faire passer sa proposition d’autonomie. Mais ses calculs se sont avérés faux. Mme Rice, la ministre américaine des Affaires étrangères, n’a pas du tout parlé de la proposition marocaine, en septembre dernier, lors de sa visite dans la région. Ce qui explique, d’une certaine manière, pourquoi le Maroc a redoublé de tant de férocité, en lançant à nouveau une campagne de répression en direction des Sahraouis.
Un commentaire sur les derniers développements ?
Ali Tamek : Le Maroc est actuellement dans une phase de déception. D’ailleurs, il ne s’est pas encore prononcé sur l’Américain Christopher Ross qui a été nommé dernièrement au poste d’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU au Sahara occidental. Le Maroc continue d’attaquer l’Algérie, avec l’arrière-pensée de brouiller les cartes. Ce pays maintient en outre son intransigeance vis-à-vis de la question sahraouie. Avec un tel comportement, le Maroc est toujours dans la logique expansionniste et encourage l’instabilité dans la région du Maghreb.
Est-il vrai que les autorités marocaines vous refusent l’accès à l’université?
Ali Tamek: Il m’est interdit d’étudier le droit général dans l’université marocaine, en raison de mes responsabilités politiques et de mes positions en faveur du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination et à l’indépendance. L’an dernier, on m’a interdit d’étudier à l’université Hassan II de Mohammedia et, cette année, le même refus m’a été signifié à l’université d’Ibnou Zohr d’Agadir. |