Halieutis, une stratégie pour le développement du secteur de la pêche

Faire aimer le poisson aux Marocains

Le plan Halieutis ambitionne de moderniser le secteur de la pêche et d’augmenter la consommation nationale de poisson.

A.Amourag

 


Un projet halieutique présenté à SM le Roi Mohammed VI
à Agadir, le 29 septembre.

 

Aziz Akhannouch, le ministre de l’Agriculture et des Pêches maritimes, cumule les bons points. Et même les succès. Il faut dire que jamais, dans l’histoire du Maroc, ce département, réputé difficile et en proie aux aléas climatiques, n’a été aussi bien géré qu’au temps de son titulaire actuel qui, après avoir lancé et mis en place le célèbre plan vert pour l’agriculture, rend public une nouvelle stratégie pour le secteur de la pêche.
Ce nouveau plan, auquel a été donné le non générique Halieutis, a été présenté, mardi 29 septembre 2009, à Agadir, lors d’une cérémonie officielle présidée par SM le Roi Mohammed VI. Tous les professionnels de la mer, artisans et industriels, ont répondu présent, dans une salle pleine à craquer. Halieutis a pour ambition de porter à 21,9 milliards de dirhams le volume d’affaires du secteur halieutique à l’horizon 2020, contre 8,3 milliards en 2007, en vue de faire de cette filière stratégique pour l’économie marocaine un moteur de croissance indéniable. Présentant devant SM le Roi Mohammed VI les grands axes de ce plan, le ministre a souligné que la stratégie renouvelée de développement et de compétitivité du secteur vise à augmenter la consommation de poisson au Maroc pour atteindre 16 kg par habitant par an en 2020 contre 10 kg actuellement.
Complémentarité
Grâce aux mesures et projets programmés dans le cadre de la nouvelle stratégie, le nombre des emplois directs à terre (Industrie et aquaculture) devrait passer de 61.650 à 115.000, celui des emplois indirects de 488.500 à 510.200 et le volume de la production halieutique s’établira à 1,660 million de tonnes contre 1,035 million actuellement. De même, la valeur des exportations des produits de la mer sera portée à plus de 3,1 milliards de dollars contre 1,2 milliard en 2007.
Le nouveau plan prévoit la concrétisation de 16 projets structurants dans les filières de transformation et de valorisation des produits de la mer, relève le ministre, qui cite le projet phare de création de trois pôles de compétitivité (Tanger, Agadir, Laâyoune-Dakhla) pour des investissements de neuf milliards de dirhams. L’ambition de doter le Royaume de ces trois nouveaux pôles procède d’une nouvelle orientation tendant à dynamiser les régions abritant lesdits pôles, à renforcer la compétitivité du Maroc au niveau international, à faire émerger des habitudes de travail nouvelles, fondées sur la coopération et la complémentarité.
Les autres projets programmés ciblent essentiellement l’aménagement des pêcheries sur la base de quotas, la promotion et le partage de la connaissance scientifique, l’adaptation de l’effort de pêche, le développement de l’aquaculture pour en faire un moteur de croissance majeur ainsi que des infrastructures et équipements de débarquement. Il s’agit aussi d’améliorer la gestion des espaces portuaires, de renforcer l’attractivité des halles à marée, de structurer et dynamiser le marché intérieur autour des marchés de gros et de détail, de faciliter l’accès des industriels aux matières premières et de les orienter sur les marchés les plus porteurs. Le ministre a affirmé que pour un meilleur encadrement du secteur, l’accent sera mis sur la clarification du dispositif juridique, le développement du système de contrôle et la mise en place d’une traçabilité tout le long de la chaîne de valeur.