Une grave crise de blocage paralyse le port de Casablanca. Pour trouver des solutions, le Premier ministre, Driss Jettou, s’est réuni, mardi 18 septembre, à Rabat, avec les professionnels maritimes.

Le port de Casablanca paralysé

A.Amourag

 


Driss Jettou en réunion avec
les professionnels du transport maritime.

 

Rien ne va plus au port de Casablanca. Des milliers de conteneurs bloqués et des armateurs qui ne savent plus à quel saint se vouer. Une situation catastrophique qui risque de s’aggraver davantage avec les retards qui s’accumulent et les navires en rade qui continuent d’attendre depuis plusieurs semaines, au point que des armateurs déconseillent désormais le port de Casablanca.
Devant un tel tableau sombre et explosif, les réunions se multiplient entre opérateurs et autorités pour trouver une issue. Mardi 18 septembre 2007, le Premier ministre, Driss Jettou, est intervenu en personne pour débloquer la situation. Son ministre des Transports et de l’Équipement, Karim Ghellab, à qui les professionnels imputent la responsabilité de cette crise pour avoir conçu, défendu puis mis en place une réforme portuaire fortement contestée, explique que cette situation est due à l’augmentation du trafic au cours de l’année 2007. De 9% en 2006, le niveau de conteneurs qui débarquent dans le port passe à 15% en 2007.
Mais, au-delà de la hausse du trafic, les professionnels pointent surtout cette réforme portuaire qu’ils ont combattue de toutes leurs forces. Aujourd’hui, ils sont rejoints par certains membres influents de la CGEM, qui commencent à palper les insuffisances de cette réforme pour laquelle il avait fallu l’intervention du Premier ministre, Driss Jettou, pour la faire passer.
Lors d’une importante réunion tenue lundi 10 septembre au siège de la wilaya de Casablanca sous la direction du Wali, Mohamed Kabbaj, des mesures concrètes ont été prises pour décongestionner le port.
Une aire d’entreposage de conteneurs vides d’une superficie de 4 hectares sera prête «au plus tard dans deux semaines». Un autre espace de 10 hectares actuellement en aménagement sera prêt dans les mois à venir. Il permettra, entre autres, l’extension de la zone de stockage avant décembre 2007 de manière progressive.
Autre mesure immédiate, qui concerne le renforcement des équipements de déchargement, elle consiste à acquérir 9 chariots cavaliers dont 4 en décembre et 5 en janvier 2008, et la mise à neuf de 5 cavaliers existants. Il s’agit également de l’ajout d’une grue durant septembre et d’une seconde grue en octobre.
En outre, trois commissions chargées d’analyser les causes ont été créées afin de proposer des solutions dans un délai de deux semaines à un comité de pilotage. Ce comité est constitué par le wali, le gouverneur de Casa-Anfa, le président de la CGEM, les présidents des fédérations professionnelles et les représentants de l’ANP (l’agence nationale des ports) et de Marsa Maroc.
Toutes ces commissions réussiront-elles à redonner au port de Casablanca sa puissance d’antan? L’avenir nous le dira.


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