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Pisté
depuis deux ans par la cellule anti-terroriste de Rome, l'imam marocain
Mustapha El Korchi, 41 ans, résidant régulier en Italie,
a finalement été arrêté le samedi 21 juillet
2007 à Ponte Felcino, bourgade italienne à la périphérie
de Pérouse (Ombrie), en compagnie de deux de ses collaborateurs,
Mohamed El Jari, 47 ans, et Driss Safika, 46 ans, également marocains.
L'opération Hammam est plus qu'un joli coup de filet pour les autorités
italiennes. Et pour cause. Mustapha El Korchi, du haut de son minbar à
la petite mosquée, une bâtisse sans prétention, de
Ponte Felcino, ne se contentait pas de distiller des prêches haineux
à l'égard des «Juifs et des Croisés»,
à l'instar de nombre d'islamistes radicaux. Profondément
acquis à la thèse jihadiste, le religieux extrémiste
est allé jusqu'à monter une «véritable école
du terrorisme», pour reprendre les termes de Carlo De Stefano, chef
de la police antiterroriste, au sein même de la mosquée qu'il
dirigeait.
Parmi les pièces à conviction, saisies dans la cave du lieu
de culte en question lors de la perquisition effectuée samedi 21
juillet 2007 par la police de Pérouse, sous la conduite de Arturo
De Felice: des barils de substances chimiques hautement toxiques et vénéneuses
(dont des nitrates et des acides), qui, mélangées à
des produits faciles à acquérir, se transforment en engins
explosifs de forte puissance.
Mais aussi des documents et films de propagande (téléchargés
de sites Internet protégés) avec des instructions techniques
détaillées sur le maniement des armes, la fabrication de
bombes, la préparation de poisons, le pilotage d'un Boeing 747,
le combat rapproché, la manière de rejoindre les zones de
conflit ou encore l'envoi et la réception de messages informatiques
cryptés.
Le trio de Mustapha El Korchi, poursuivi par le Parquet de Pérouse
pour avoir fourni un entraînement à des fins de terrorisme
international, appartiendrait, d'après le ministre de l'Intérieur
italien, Giuliano Amato, à un courant jihadiste proche de la nébuleuse
terroriste Al-Qaïda.
La cellule de Pérouse aurait également été
en contact avec des membres du GICM (Groupe islamique combattant marocain)
en Belgique. Avec un quatrième marocain, localisé en dehors
des frontières italiennes, Mustapha El Korchi et ses disciples
projetaient de commettre, selon toute vraisemblance, des attentats «en
Italie ou au Maroc», d'après les autorités italiennes.
Toute la nuance est là. S'il s'avère que les cibles du groupuscule
de Pérouse se trouvaient effectivement en Italie, cela rejoint-il
les avertissements fournis par le Maroc aux services secrets italiens
voilà deux ans sur des risques d'attentats dans les villes de Bologne
et Milan? L'autre alternative n'est pas plus rassurante et atteste, s'il
le faut, des ramifications entre les réseaux terroristes européens
et marocains.
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