Les négociations entre les gouvernements français et marocain sur
l'achat d'avions de combat Rafale vont bon train. Reste la question du mode de financement de cette opération de 20 milliards de dirhams.

Le Maroc aura ses avions Rafale

Loubna Bernichi

 

 

Il n y a plus aucun doute. Les négociations entre les gouvernements français et marocain au sujet de la commande d'une dizaine d'avions de combat, Rafale, est en phase finale. C'est ce qu'a annoncé Mathieu Durand, directeur adjoint de la Communication de Dassault Aviation, premier constructeur aéronautique français dans l'aviation civile et militaire, au salon aéronautique du Bourget, dans la banlieue parisienne, 18 au 24 juin 2007. Selon ce responsable de Dassault Aviation, les négociations industrielles avec le Maroc, qui ont duré plus d'une année, sont terminées et, aujourd'hui, les discussions politiques sont engagées afin de régler, notamment, la question du financement.
Une question très épineuse. Si la phase technique de l'offre est bouclée, reste encore le mode de paiement de cette transaction de 2 milliards d'euros soit l'équivalent 20 milliards de dirhams.
Plusieurs informations circulent à ce sujet. La plus fiable est la piste d'un crédit à des conditions de marché et avec garantie de la Coface, compagnie française d'assurance pour le commerce extérieur, au lieu d'un mécénat de pays du Golfe, comme l'Arabie saoudite ou les Emirates Arabes Unis. Selon le quotidien français Les Echos, BNP Paribas, la Société Générale et Calyon auraient été approchés pour étudier la faisabilité de cette opération.
Ce contrat d'armement entre le Maroc et la France a fait couler beaucoup d'encre. Démenti au départ, le président de Dassault Aviation, Charles Edelstenne l'a confirmé ensuite, le 25 avril 2007, sur une chaîne de télévision française. La conclusion du contrat risque toutefois de prendre plusieurs mois. Mais, si les deux gouvernements parviennent à se mettre d'accord, le Maroc sera, donc, le premier pays étranger à avoir doté ses forces de l'air de Rafales.
Dassault Aviation, constructeur, entre autres, des avions de combat Mirage et Falcon, a, en effet, du mal à exporter son modèle Rafale, qui a eu son baptême du feu en Afghanistan le 28 mars 2007. La France est, aujourd'hui, le seul pays à l'utiliser dans ses forces armées. Des informations sur une éventuelle vente de cet avion militaire à la Libye ont été vite infirmées par l'avionneur français. L'Inde, qui constitue aussi un client potentiel, a rejeté la proposition de Dassault sur la fourniture de quarante Rafale.
Pourtant, cet avion militaire a été noté très positivement dans un nombre
d'évaluations. Le Rafale répond aux besoins des aviations militaires modernes, qui désirent réduire leurs coûts en s'équipant d'un seul type d'avion polyvalent. En effet, il est aussi bien capable d'effectuer des missions d'interception que des missions de bombardement et d'attaque de précision. Il coûte 300.000 dirhams par heure de vol, ce qui est nettement moins que ses concurrents directs. Mais, vraisemblablement, le Rafale est concurrencé par les dernières conceptions russes telles que le SU-27 et le Mig 29.
Si l'Algérie a choisi le Mig 29, le Maroc, lui, a préféré le Rafale. Pour une bataille à armes égales?

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