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Ce mercredi
7 janvier 2007, Wana, le troisième opérateur en télécommunications,
présidé par le brillant Karim Zaz, inaugure son offre «grand
public». Aux premières heures de louverture des points
de vente, une grosse file dattente sest constituée
devant les portes. Chacun attend son tour pour acheter lun des packs
fixes ou mobiles lancés sous la marque commerciale Bayne. Ahmed,
chauffeur de taxi, est venu, lui aussi, profiter de cette offre. «Jai
vu leur publicité à la télévision et je compte
acheter un portable», lâche-t-il. Si Ahmed sest présenté
pour se procurer un téléphone Wana, cest quil
trouve leur offre assez originale. À lachat dun pack
Bayne, un crédit de communication de 100 dirhams lui est offert
et il pourra, en plus, communiquer gratuitement vers tous les téléphones
Wana jusquau 31 juillet 2007. Le tout pour seulement 149 dirhams
sans obligation de signer un contrat dengagement avec lopérateur.
Ce qui sapplique au téléphone portable est aussi valable
pour le téléphone fixe. Sur ce segment, Wana veut également
frapper fort. Loffre fixe comporte, en effet, un poste téléphonique,
un bon crédit de communication et des appels gratuits vers les
autres postes Wana. Cet opérateur dont le tour de table est à
100% marocain (le capital est détenu en majorité par les
deux groupes ONA et SNI) affiche sa détermination à apporter
sa touche au secteur des télécommunications au Maroc. Il
le montre déjà en choisissant le terme Bayne (clair et net,
en darija) pour désigner ses offres commerciales. Pour le confort
technique et financier du client, Wana veut être totalement transparent
et souhaite adopter un mode de tarification claire.
Karim Zaz.
Avec ce troisième opérateur, le client profitera désormais
dun grand choix de produits téléphoniques assortis
de prix compétitifs et de promotions incroyables sur les communications.
Le moins que lon puisse dire, cest que le téléphone
sest démocratisé. Tout le monde a un portable quil
utilise comme bon lui semble. Les prix peuvent paraître parfois
dissuasifs pour certaines catégories de produits, mais tout dépend
du modèle de téléphone choisi et la nature dadhésion
aux services.
Il y a quelques années de cela, un agriculteur en train de labourer
son champ dans une région éloignée du pays était
coupé du monde. Il ne pouvait pas communiquer avec lextérieur
même pas avec ses proches se trouvant dans la campagne. Aujourdhui,
il est dans le champ daction téléphonique. Pendant
le moment où il travaille, il peut à la fois avoir des nouvelles
sur ses proches, régler ses problèmes avec la banque ou
commander à distance ce dont il a besoin comme marchandises. Et
cela lui coûte trois fois rien. Il faut dire que les packs Jawal,
de Maroc Telecom, Medijahiz, de Méditel, et, désormais,
Bayne, de Wana, ont permis à une large frange de la population
marocaine daccéder au téléphone portable. Les
bas prix de ces produits et leur aspect pratique y sont pour beaucoup.
Inigo Serrano
Maroc Telecom, considéré comme lopérateur historique,
est le premier qui a inauguré cette révolution téléphonique.
Son patron, Abdeslam Ahizoune, a réussi à hisser Maroc Telecom
au rang des entreprises nationales les plus performantes de léconomie
nationale. Il a dabord commencé par moderniser lentreprise,
puis il sest attaqué à lexpansion de ses activités,
surtout vers lAfrique, avant de procéder à son introduction
en bourse.
Pour sa part, Méditel, que dirige aujourdhui le jeune ingénieur
Inigo Serrano, a inauguré lère de la concurrence.
Avec son démarrage en 1999, le téléphone est devenu
moins cher et la gamme de services sest élargie. Dabord,
pour le téléphone mobile et ensuite pour le fixe.
LInternet arrive malheureusement au troisième stade de développement,
traînant un retard qui nous place en queue de peloton des pays branchés.
Toujours est-il, le Maroc est le pays où le téléphone
a pénétré tous les foyers, comme le téléviseur,
il y a une vingtaine dannées, et la parabole satellitaire,
il y a dix ans. Selon les derniers chiffres communiqués par lAgence
nationale de réglementation des télécommunications
(ANRT), le taux de pénétration de la téléphonie
fixe et mobile a atteint 58% en 2006 dans notre pays, en hausse de 12
points par rapport à 2005. Pour sa part, le nombre dabonnés
à Internet au Maroc a atteint, au terme de lannée
écoulée, 399.723, soit un taux de pénétration
de 1,34%, contre 0,88% en 2005.
Le développement du secteur est, également, favorisé
par le dynamisme que connaît le marché des services à
valeur ajoutée et des centres dappel. À fin 2006,
les déclarations des services à valeur ajoutée dépassent
12.000 et le nombre de centres dappel est estimé à
235,
dont les deux tiers sont déjà actifs.
Le chiffre daffaires du secteur marocain des télécommunications
avait atteint 35 milliards de dirhams en 2005 contre 10 milliards en 1998,
contribuant ainsi à hauteur de 6,7% au PIB national.
Cette dynamique a favorisé la création de 11.000 cybercafés
et 46.000 téléboutiques, ce qui représente plus de
75.000 emplois. Ces avancées positives devraient se poursuivre
au-delà de 2012, estime Mohamed Benchaâboun, patron
de lANRT. À cet horizon, on sattend à atteindre
un taux de pénétration de 80%. Pour lInternet, sur
lequel le Maroc est aujourdhui à la traîne, il est
prévu que son taux de pénétration dépasse
20% dici 10 à 15 ans. Pour cela, les trois opérateurs
ont compris quil faut développer le parc du téléphone
fixe, resté en retard à cause de lexplosion du téléphone
mobile. Les stratégies de développement pour les années
à venir vont se jouer sur ces deux segments: lInternet et
le téléphone fixe.
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