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Maroc
Hebdo International: Pourquoi avez-vous démissionné de lUnion
des mouvements populaires?
-A. Zarouf: Vous savez, il ne sagit pas dune décision
prise sur un coup de tête, ni une réaction épidermique
à ce qui sest passé lors du congrès de Fès
en mars dernier et qui a donné naissance à cet assemblage
hétéroclite que vous appelez lUnion des mouvements
populaires (UMP). Jai rejoint le MP en 2002 et, depuis lors, je
nai cessé de dire mon mécontentement. Le congrès
de Fès a été la goutte qui a fait déborder
le vase.
MHI: Parce que vous navez pas été élu
membre du bureau politique de lunion
?
-A. Zarouf: Ce nest pas vrai; dailleurs, vous faites erreur
en parlant délection. Cest un congrès où
on a désigné tout le monde: les membres du Conseil national,
ceux du Comité central et, enfin, du Bureau politique. Ce qui ma
poussé à claquer la porte, cest que jai compris
que cette association est basée sur dautres motivations que
celles de contribuer à faire avancer lédification
démocratique du pays. De ce fait, son avenir est incertain. Avec
ladoption du scrutin de liste, plusieurs compétences vont
se retrouver marginalisées et risquent de partir, puisque, déjà,
la course aux têtes de liste a commencé. Quant à ma
non élection au Bureau politique, je vous rappelle que jai
une culture de rigueur militaire, je ne peux prétendre à
une place qui ne me revient pas de droit. Dailleurs, je nai
pas demandé davantage au PPS contre mon ralliement.
MHI: Pourquoi le PPS, justement?
-A. Zarouf: Il y a plusieurs raisons à cela. Dabord, je suis
séduit par la démocratie interne qui y prévaut, contrairement
aux pratiques fascistes et arbitraires du MP, que je rejette. Ensuite,
le PPS mise sur la jeunesse, eu égard à son dynamisme et
son militantisme, ce qui est conforme à mes convictions. Et, dans
ma circonscription électorale, je peux compter sur cette jeunesse.
Je dois dire aussi quavant de prendre cette décision, jai
consulté les gens de la circonscription, qui ont salué ma
démarche. Je suis convaincu que le PPS a un grand rôle à
jouer en 2007, signe que le sérieux paie. Noublions pas que
jai entamé ma carrière politique en 1997 au sein de
lOADP et, en 2002, quand ce parti a été dilué
dans un assemblage qui ne me convenait pas, jai opté, provisoirement,
pour le MP, qui a sombré dans le clientélisme et les petits
calculs.
MHI: Nempêche quil y a là un grand écart
idéologique
-A. Zarouf: Lécart nest quapparent. Les programmes
des partis se ressemblent beaucoup. La différence est dans la pratique
et les règles de démocratie interne. Je suis contre ceux
qui appellent à interdire aux députés de changer
de parti alors que la constitution le permet.
MHI: Toujours est-il quà la veille de chaque élection,
vous changez de parti
-A. Zarouf: Depuis que jai entamé ma carrière politique,
il y a eu deux législatures. Jai commencé à
lOADP, puis jai rejoint le MP. Maintenant je suis au PPS.
Je me demande quel est alors mon tort.
MHI: Votre démission du MP a-t-elle eu des effets dentraînement?
-M. Zarouf: Il y a un grand malaise au sein de lunion. Mais je refuse
dêtre le leader dun groupe de mécontents. Chacun
est responsable de ses choix politiques ou de sa soumission. Pour moi,
je me concentre sur mes options personnelles en essayant de contribuer
à faire avancer les principes de la démocratie. Tout le
monde doit être conscient dune chose: lère de
Mohammed VI est porteuse despoir, le Maroc a connu des avancées
notables quil faut consolider. Quon cesse alors de tergiverser
et de leurrer lopinion publique.
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