|
Nos chères petites têtes brunes ne demandent quà lire pour apprendre. La littérature pour enfants existe. Encore faut-il que les parents et les écoles donnent lexemple. Il faut encourager la littérature enfantine
|
|
|
|
Les éditions
Marsam publient quatre livres pour enfants. Deux, dAhmed Taieb El Alj,
Petit Soleil, lÂne et la Vache; un dAhmed Isamïli,
Le Fou de Leyla; et un autre de Habib Mazini, La Colère de Ptit
nuage. Ecrits en arabe et en français, ces contes de vingt-huit pages
sont illustrés par des artistes peintres aussi talentueux quAlexis
Logié ou Nathalie Logié Manche ou encore Abdelhalim Raji. Inspiré
de la littérature orale populaire, LÂne et la Vache, du
dramaturge et parolier Taieb El Alj, raconte lhistoire de tonton Kaddour,
portefaix de Fès, victime de sa cupidité. Le professeur et écrivain
Habib Mazini parle du voyage dun petit nuage, parti à la découverte
du monde. Ahmed Ismaïli revisite lamour impossible de Qays et Leyla.
Ces livres, destinés à un public jeune, viennent enrichir un
genre littéraire encore balbutiant au Maroc. En effet, jusquà
aujourdhui, le marché du livre pour enfants est dominé
par les éditeurs étrangers, particulièrement français,
connus pour leurs produits de qualité mais aussi pour leur prix inaccessible.
Les quelques éditeurs du Golfe sont présents à travers
différentes revues tels que le mensuel koweitien Al-Arabi as-saghir,
lhebdomadaire des Emirats Arabes Unis, Bassim, et Majid de lArabie
Saoudite. Ces revues, dont les prix varient entre cinq et sept dirhams, connaissent
un véritable engouement. Cest que la demande existe. Les éditions
Yomad, pionnières dans ce domaine, Chemins des Croisés et Marsam
lont compris. Les écrivains aussi. Abdelatif Lâabi, pour
ne citer que lui, a écrit Saïda et les voleurs de soleil, Comment
Nassim a mangé sa première tomate et lOrange bleue, qui
a remporté le prix Jeunesse 2005 lors de la treizième édition
de Grand Atlas. Une autre manière délargir son lectorat.
Encore faut-il que les parents soient sensibles à ce genre de livre.
Car, ce sont eux qui achètent et qui ont un rôle déveil.
Il est bien établi que si les parents sintéressent à
la lecture, lenfant sy intéressera aussi. Lécole
a aussi son rôle à jouer. Elle est souvent montrée du
doigt, puisquil est prouvé aujourdhui quun enfant
qui na pas été initié à la lecture à
lécole a de maigres chances de se retrouver dans la peau dun
lecteur assidu à lâge adulte. |
|
|
|
Entretien avec Habib Mazini, auteur des contes La Colère du Ptit nuage et luf de Noé Propose recueillis
par
|
|
|
| Maroc
Hebdo International : Pourquoi écrivez-vous pour les enfants? - Habib Mazini : Il y a quelques années, en voulant acheter des livres pour ma fille, jai eu la surprise de constater que lessentiel de la littérature jeunesse provenait dEurope ou du Moyen-Orient. Les rares livres marocains pour enfants étaient des histoires orales transcrites. Comme je racontais beaucoup dhistoires à ma fille, que jinventais souvent, un jour, jai décidé de les écrire. MHI : Est-ce qu'il est facile d'écrire pour des enfants? - Habib Mazini : Au contraire, cest difficile. Pour une raison ô combien capitale. Un enfant ne triche pas, il est franc dans son jugement. Quand un livre lui déplait, il labandonne. Lauteur doit donc déployer tout un art pour le captiver dès les premières lignes, cest en ce sens que cette littérature est difficile. Evidemment, on est moins libre dans le choix de mots, des personnages, mais aussi de la fin. Cest la raison pour laquelle mes «fins» sont construites avec les enfants lors de rencontres. Jécris de petits romans autour de thèmes qui passionnent les enfants. MHI : Comment adaptez-vous vos écrits à un public jeune ? - Habib Mazini : Il ny a pas de schéma préétabli. Dans un premier temps, jécris lhistoire, puis, dans un deuxième temps, je fais un tri des mots à partir dune lecture faite par des enfants. Leurs remarques me permettent de supprimer des mots et de les remplacer par dautres, plus accessibles. Parfois, je mentête à en garder, ce qui oblige les enfants à consulter un dictionnaire ou à associer leurs aînés à la lecture. Jai la faiblesse de croire quun texte doit solliciter le lecteur, attiser sa curiosité. MHI : En tant que pédagogue, quel rôle joue le livre dans léducation dun enfant ? - Habib Mazini : Un enfant a besoin de livres, à la fois pour nourrir son imagination, pour sévader et pour apprendre. Il y trouve aussi des repères. Le rôle du livre est fondamental, sa dimension éducative et ludique est prouvée. Force est de constater que, dans notre pays, cette dimension est défaillante. Jessaie dapporter ma modeste contribution pour combler ce vide. Et puis, donner du plaisir à un enfant me paraît être la plus belle des initiatives. o |
| Retour |