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Pendant
mes cinq années de travail, jai pu acheter deux voitures. Mon
fournisseur vient de me proposer la seconde voiture en échange de la
première, dépassée techniquement. Ce cadre moyen
dans une banque a lair tout content. Non seulement il sest payé
une nouvelle voiture, mais, en plus, il na rien déboursé.
Son salaire lui a quand même permis daccéder aux diverses
formules de crédit actuellement en vogue sur le marché. Crédit
gratuit, crédit-bail (leasing), accès au découvert, toutes
les techniques de financement qui ont fait leur succès à létranger
ont été importées ici, au Maroc, pour rendre la voiture
accessible.
Mais le crédit-bail semble gagner de plus en plus du terrain pour son
coût jugé raisonnable et pour ses multiples avantages, notamment
fiscaux. Il y a quelques années, il nétait ouvert quaux
entreprises. Aujourdhui, les particuliers y sont éligibles. Son
grand avantage, et non des moindres, cest quil est proposé
à un taux généralement inférieur à celui
appliqué pour le crédit bancaire classique. En plus, le client
se voit également proposer une option de vente de son véhicule
au terme de son contrat de leasing avec lorganisme de crédit.
Cette option de vente lui offre une possibilité de reprendre son ancien
véhicule contre le paiement dune somme résiduelle ou dacquérir
un autre selon les mêmes conditions initiales de crédit.
De cette manière, le parc automobile du Maroc amorce progressivement
son renouvellement quand on sait que la moyenne dâge est de 18
ans, contre seulement 11 en Turquie et 10 en Espagne.
Selon les statistiques de lassociation des importateurs automobiles
(AIVAM), les voitures neuves importées ont progressé de 8.903
véhicules, en 1996, à 33.537, en 2004. Certains parlent dune
explosion du neuf. Et ils ont raison. En 2005, cest un total de 58.000
véhicules neufs qui ont été vendus, dont 43.000 importées
et 15.000 montées localement. Le client na eu que lembarras
du choix : Alfa Roméo, BMW, Audi, Citroën, Ford, Honda, Hyundai,
Renault, Peugeot, Toyota, Suzuki et Volkswagen. Chacune de ces marques possède
ses secrets et ses atouts pour attirer la clientèle. Mais, la différence
se joue au niveau du travail marketing et du génie publicitaire qui
ont connu, ces derniers temps, un essor considérable au grand bonheur
des médias. Il en a résulté une forte concurrence entre
les différents constructeurs. Ce qui a amené le client à
être plus intéressé par les nombreuses promotions, remises
et autres offres commerciales destinées à le convaincre pour
passer à lachat. Cette concurrence na pas été
sans effet sur certaines grandes marques: Renault en a largement profité
pour caracoler en tête avec 10.350 véhicules vendus en 2005.
Elle est suivie par Peugeot, avec 8.600, et Citroën, avec 6203. Ces deux
dernières marques sont commercialisées par un seul opérateur :
Sopriam, filiale du groupe ONA, que dirige Abderrahim Benkirane. Fait inattendu:
la marque japonaise Toyota a pu également tirer son épingle
du jeu pendant cette année 2005. Ce dernier a vendu 5.700 véhicules
et rattrape ainsi son retard grâce à son agressivité commerciale
et son sens développé pour linnovation technologique.
Quant au constructeur allemand Volkswagen, il a vendu 4.500 véhicules
durant la même année.
De plus en plus, le parc automobile marocain prend des airs de nouveauté
et se laisse emporter par linnovation. Tenté par toutes ces belles
marques de voiture et encouragé par des formules de financement adaptées
à son revenu, le client a tendance à ignorer le marché
de loccasion, qui ne présente pour lui aucun intérêt.
Mais, nempêche. On continue toujours dimporter les véhicules
doccasion, estimés à 14.000 unités en 2005, contre
12.000 pendant 2004.Une simple évolution à la hausse qui témoigne
de lexistence de certains consommateurs qui sessayent toujours
aux engins doccasion. Certainement, pour leur prix accessible.
Mais, généralement, ce sont les propriétaires des taxis
(petits et grands) qui roulent encore avec des véhicules dun
autre âge. Cette situation est tout simplement ridicule, au moment où
le Maroc met le paquet pour attirer les touristes étrangers. À
Casablanca, poumon économique du pays, ces véhicules vétustes
et totalement amortis sont estimés à près de 15.000.
Une véritable honte. Selon une source autorisée au gouvernement,
«une solution pragmatique est en cours de conception pour trouver des
véhicules neufs dont les conditions daccès arrangent les
propriétaires des agréments de taxis». En attendant, certains
professionnels estiment que le marché des voitures doccasion
est en recul malgré le contraste des chiffres. Il est en recul sur
le plan des habitudes dachat, qui commencent à changer. Il faut
dire que le lancement du concept de la voiture économique en 1996 a
chamboulé ces habitudes et poussé pas mal de consommateurs à
aller vers le neuf. En témoigne le franc succès qua connu
la marque Logan lancée en 2005 par Renault. Son prix abordable et son
design à lallure dune berline en ont fait la voiture de
lannée. Mais, quoi quil en soit, si le parc automobile
a «explosé» selon lexpression de plusieurs professionnels,
il nen demeure pas moins que son développement na pas encore
atteint les proportions souhaitées. Et pour cause, reporté à
la population, le parc de voitures (1.700.000 engins) apparaît ridicule:
on estime que le Maroc est sous-équipé en matière automobile.
Mais, ce secteur a le mérite de permettre aux consommateurs davoir
des voitures répondant à leurs aspirations. Un signe avant-coureur
dun développement économique certain.
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