Débat autour des caisses de retraite

Inquiétude pour l’avenir

Abdellatif Mansour

 

Driss Jettou

 

Le dossier des retraités était considéré comme l’un des principaux chantiers de réforme engagés par Driss Jettou. Mais voilà que deux rumeurs persistantes ont circulé à ce sujet, dans les milieux des salariés, tous secteurs confondus, public, semi-public et privé.
Un. Le départ à la retraite passerait de 60 à 65 ans. Deux. Les cotisants devront payer encore plus pour des pensions moins élevées que celle actuellement pratiquées. La première rumeur a été balayée par une mise au point explicite d’une source gouvernementale autorisée. Pas la deuxième. Elle court toujours.
Pourtant la réforme Jettou avait renfloué les caisses de retraites, toutes en difficultés, voire en cessation de paiement ; homogénéisé les régimes par trop dispersés et relevé le taux de cotisation à parité entre employeurs et employés.
L’affaire était réglée. Il semble que ce ne soit pas le cas ; non pas pour demain, mais pour après demain. L’explication n’a pas varié. Elle tient en phénomène de ciseaux entre une structure démographique qui évolue vers moins de jeunes et plus de personnes d’âge mûr, d’une part ; et d’autre part un marché de l’emploi qui continue à faire peau de chagrin. Résultat, il y aura de moins en moins d’actifs pour financer les pensions des aînés.
La réforme Jettou semblait avoir trouvé la parade en combinant les systèmes de répartition et de capitalisation, en clair la solidarité inter-générations et le chacun pour soi. De nouvelles projections auraient révélé que ce n’est suffisant. D’où l’inquiétude, également projetée, des futurs retraités.


Augmentations de la TVA dans la loi de finances 2006
Les crédits plus chers

 

Le basculement du taux de la TVA de 7 % à 10 % pour certains produits et de 14 à 20% pour d’autres, risque d’affecter sérieusement le pouvoir d’achat des consommateurs. Les crédits verront leur taux d’intérêt s’alourdir en subissant une TVA de 10% au lieu de 7 % actuellement.
Partant, cette hausse inquiète plusieurs citoyens, surtout ceux qui cumulent un bon nombre de crédits. Pour atténuer cet impact, la réflexion au niveau du ministère des Finances s’oriente vers la mise en place de mesures avantageuses encourageant l’épargne logement. Ce serait une façon de compenser la hausse de la TVA.
Mais il n’y a pas que le crédit au logement qui connaît cette hausse. Les sociétés de crédit à la consommation et à l’immobilier appliqueront le même nouveau taux. Les banques rejettent pourtant toute responsabilité, puisque cette hausse est uniquement due à l’augmentation du taux de TVA. Elle est donc le fruit de la loi de finances 2006. D’ailleurs, le crédit n’est pas le seul domaine touché.
Le beurre et la margarine, qui étaient exonérés, devront désormais supporter une TVA de 14%. De même le riz usiné, les farines et semoules de riz et les farines de féculents, ainsi que les pâtes alimentaires, qui subiront un taux de 7%.
Apparemment le ministère des Finances ne s’arrête pas là. Car, actuellement, les confitures, les opérations de vente et de livraison portant sur le café, les succédanés de café et les extraits de café soluble, sont taxables au taux de 14%.
Officiellement, dans le but de respecter le principe de la neutralité de la TVA, il est proposé l’application du taux de 20% aux produits précités. Aucune association de consommateurs ne s’est insurgée contre cette décision de taxer des produits qui étaient jusqu’ici exonérés ou bien qui l’étaient à des taux réduits. Pour corser le tout, faut aussi s’attendre à une augmentation prochaine du prix du carburant.
Officiellement, cette augmentation de la TVA a pour objectif d’amortir la baisse des recettes des privatisations. Pour l'année 2006, ces dernières ne rapporteront que 4,9 milliards de dirhams au lieu de 12 milliards prévus auparavant. Mais si les hausses devaient se faire d'un seul coup et de manière brutale, ce serait une galère garantie.
CN

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