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A trois heures
de vol du principal siège régional de lUNICEF (Fonds des
Nations Unies pour l'Enfance), à Genève, se trouve un des plus
grands camps de souffrance des enfants. Ce camp, où les enfants sont
privés de leur enfance, est situé en plein territoire algérien,
mais inconnu, ou ignoré, de nombreuses organisations de défense
des droits de lenfant. Les enfants subissent un des pires traitements,
celui de la séparation de leurs familles dès leur jeune âge
pour être envoyés dans des centres dendoctrinement idéologique
et de formation paramilitaire à Cuba et dans dautres localités
algériennes.
Dans le camp principal de Tindouf, sont rassemblés essentiellement
des femmes, des vieillards et des petits enfants. Garçons et filles
sont envoyés en pension dans un des deux camps-écoles situés
à distance et ne reviennent voir leurs parents que pour quelques jours.
Après leur séjour dans ces camps de préformation, ils
sont envoyés dans les pays dits « amis », notamment
lAlgérie et Cuba, pour parfaire leur endoctrinement idéologique
et leur formation militaire.
Cest généralement à lâge de 10 à
15 ans que ces enfants sont arrachés des camps de Tindouf ou pris parmi
les «réfugiés économiques» originaires des
pays frontaliers de lAlgérie (Mauritanie, Mali, Niger) pour être
envoyés dans des centres dendoctrinement. Un grand nombre de
ces enfants ont aussi été enlevés à leurs foyers,
avec des menaces, sous le regard affligé et impuissant de leurs parents.
Plusieurs adolescents rentrés récemment au Maroc, après
leur exil forcé à Cuba, ont rapporté quils avaient
été enlevés de force par les milices chargées
de lendoctrinement idéologique et de léducation
politique.
Une fois recrutés, ces enfants sont envoyés dans des camps dentraînement
paramilitaire et dendoctrinement initial. Les recrues y passent un stage,
au cours duquel rien ne leur sera épargné. Là, ils sont
pour la plupart soumis à des traitements violents. Emotion et comportement
des enfants ne sont pas tolérés ou systématiquement commandés
par les instructeurs et éducateurs idéologiques. L'endoctrinement
ou le lavage de cerveau ne laissent pas de place à la critique ou à
la discussion. Lendoctrinement et la formation paramilitaire de ces
enfants visent en premier lieu à leur inculquer la culture de la haine
et à les transformer en ennemis potentiels du Maroc.
Les instructeurs sont pour la plupart des Cubains, des Algériens ou
des mercenaires des anciens pays communistes: ils leur enseignent l'idéologie
marxiste-léniniste, l'instruction militaire avec le maniement des armes,
pour les filles comme pour les garçons, et l'apprentissage de la guérilla.
Le prix affectif payé par ces enfants est souvent très lourd.
Maltraités et profondément traumatisés par leurs expériences;
plusieurs de ceux dentre eux qui ont regagné le Maroc continuent
dêtre hantés par les violences dont ils ont été
témoins.
Les enfants de Tindouf sont déportés à des milliers de
kilomètres. Cette déportation lointaine leur cause de profondes
souffrances, dont la plus terrible est la privation de l'amour maternel. De
nombreux enfants déportés souffrent du syndrome du stress post-traumatique.
Des séjours prolongés laissent souvent des séquelles
de crise identitaire qui se manifestent à tous les niveaux : dans la
langue maternelle, envahie de mots venus d'ailleurs (espagnols, algériens),
dans la connaissance des traditions et coutumes qu'une éducation étrangère
n'a pas pu transmettre, dans les comportements et même dans les habitudes
quotidiennes.
En plus des conditions de vie déplorables, l'exploitation mentale et
physique peut transformer une jeune personne innocente en un robot sans humeur.
Menace, punition, entraînement à l'obéissance et accusations
sont les méthodes qu'on utilise.
Les motifs crapuleux de la soi-disant autodétermination et la libération
des peuples ont été mis à nu par de nombreuses organisations
humanitaires, dont France Libertés, le groupe Petite Fille et lAlliance
Internationale des Femmes auprès de l'UNESCO dans des rapports accablants
sur les conditions de ces enfants au terme de leurs nombreux déplacements
à Tindouf. La communauté internationale découvre de plus
en plus les vraies intentions des dirigeants algériens. L'Algérie
prétend que son rôle se limite à la défense des
principes du droit international quant à lautodétermination
des peuples et à lassistance aux « réfugiés »;
un prétexte consommé par Alger depuis longtemps. Est-ce que
le minimum requis pour supporter lautodétermination ne devrait
pas être que lAlgérie respecte les conventions des Nations
Unies en matière des droits de lenfant et le respect de la dignité
humaine?
Les Nations Unies sont appelées à poursuivre et à juger
devant la cour internationale de justice les Etats qui utilisent encore aujourdhui
les enfants dans des conflits. S'il importe de protéger ces enfants
et de favoriser les programmes de réinsertion et de réhabilitation,
il faut également veiller à ne pas répandre une culture
d'impunité et s'appliquer à traduire en justice tout responsable
de ces atrocités. Le recrutement et lutilisation denfants
âgés de moins de 15 ans dans des conflits constituent une atteinte
extrêmement grave aux droits humains, ainsi quun crime de guerre.
Le gouvernement algérien doit appliquer rigoureusement les normes internationales
qui interdisent le recrutement et lutilisation des enfants à
des fins politiques et militaires, et notamment le Protocole se rapportant
à la Convention relative aux droits de lenfant, concernant limplication
denfants dans les conflits. Toutes les organisations des droits de lHomme
dignes de ce nom doivent uvrer pour mettre un terme à cette politique
inhumaine, cruelle et dégradante qui na que trop duré.
Si la réaction de la communauté internationale et des organisations
des droits de lHomme reste inappropriée et inefficace, les dirigeants
algériens continueront dexploiter sans scrupule les enfants des
camps de Tindouf à leurs propres fins matérielles, politiques
et géostratégiques.
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