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Vingt-quatre
milliards de dirhams, cest le pactole transféré au pays
par les Marocains résidents à létranger au titre
des six premiers mois de lannée 2005, soit une hausse de 7% par
rapport à la même période de lannée dernière.
Pour 2004, cette somme se chiffre à 36,7 milliards de dirhams, en très
légère baisse par rapport à 2003, 37 milliards de dirhams.
Azeddine Basri, conseiller économique au Ministère des MRE,
créé en 2002, affirme que « ces chiffres sont officiels,
communiqués par lOffice des Changes, et nintègrent
pas les transferts informels, dont limportance pourrait doper la manne
financière des MRE, qui profite largement à léconomie
marocaine ». Au total, ils sont moins de 3 millions de Marocains
à vivre à l'étranger. Exactement 2,476 millions, selon
les derniers chiffres disponibles au ministère des MRE. Soit à
peu près 10% de la population.
Et leur poids économique est de plus en plus important depuis une vingtaine
d'années. Les transferts d'argent des MRE sont l'une des premières
sources de devises pour le Maroc, devant le tourisme. Le volume des transferts,
qui connaît chaque année une augmentation de 5 à 6%, représente
10% du PIB et 25% des importations. C'est-à-dire qu'un produit sur
cinq est acheté par un MRE. Pour le moment, le profil des MRE qui envoient
de l'argent au Royaume n'est pas clairement établi. Par contre, on
sait qu'ils sont issus de la première et de la deuxième générations
d'émigrés.
L'enjeu des cinq et dix prochaines années sera pour le Maroc de savoir
séduire la troisième génération, moins décidée
à investir dans le pays. « Les jeunes de la troisième
génération ne font pas de transferts, ne montrent aucune volonté
d'acquérir des terrains et il est exceptionnel qu'ils possèdent
des comptes bancaires », explique une responsable au ministère
des MRE. « Cela risque de poser un problème à terme,
mais, pour le moment, cela n'affecte pas le volume des transferts. Les jeunes
Marocains viennent passer leurs vacances au pays et ils sont très consommateurs.
Les recettes restent donc importantes.» Poursuit-elle. «La plupart
des MRE refusent d'investir non pas par manque d'argent, mais par manque de
confiance», explique un autre responsable au ministère. Pour
éviter que cela se produise, le ministère des Affaires étrangères
a placé les MRE et leur satisfaction au cur de ses préoccupations.
La création d'un ministère qui leur est destiné est déjà
un pas important. Celui-ci compte aussi sur le développement accru
des CRI (Centres régionaux d'investissement) pour attirer les Marocains
de l'extérieur. Même si ces cellules, rattachées au wali
et chargées de l'accueil et de l'accompagnement des investisseurs ainsi
que du suivi des projets, ne sont pas réservées qu'aux MRE.
«Le gouvernement met en place une importante stratégie pour améliorer
les opportunités d'affaires», explique Azeddine Basri. «Nous
avons aussi créé un conseil d'experts pour accompagner concrètement
l'investisseur et le décharger d'un ensemble de tracasseries administratives ».
Le ministère a également initié une étude socio-économique
des profils des MRE. Age, profession, rapport au pays
Afin de ne pas
oublier que, derrière les chiffres, se cachent des hommes et des femmes.
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