Les élucubrations de Monsieur Claude

Claude Moniquet, ex-journaliste, “expert” en terrorisme, diabolise le Maroc devant une commission du Conrès américain. À partir de banalités et de généralités.

Abdellah Rajy

 


Claude Moniquet. L’amalgame l’emporte sur la rigueur scientifique.

 

L’agence Reuters a publié, le 26 mai 2005, une synthèse du «témoignage», de Claude Moniquet, ancien journaliste et actuel président du Centre européen pour le Renseignement stratégique et la Sécurité, devant la Commission des relations internationales du Congrès américain sur « La radicalisation de la jeunesse musulmane en Europe : Réalité et étendue de la menace » (disponible en anglais sur : http://wwwc.house.gov/international_relations/109/mon042705.pdf)
Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’image d’un Maroc pacifique et ouvert à la modernité que l’on s’efforce de renvoyer au monde en prend un sacré coup.
Après une digression sur l’Islam, où la banalité le dispute à la généralité et où l’amalgame l’emporte sur la rigueur scientifique, Claude Moniquet en vient à la conclusion que le Maroc est la pire menace pour l’Europe et, par ricochet, pour l’Amérique du Nord. Honneur suprême pour le Royaume, Claude Moniquet lui réserve toute une partie de sa “dissertation”, intitulée « Les développements au Maroc, une réelle préoccupation ». Dénonçant le déficit de réformes, il avertit : « Si le terrorisme n’est pas éradiqué (au Maroc), s’il reste vigoureux, les conséquences se feront ressentir sur le vieux Continent ». Et il impute: «… ce sera à cause de l’importance des communautés marocaines établies là-bas (en Europe), à l’intérieur desquelles les terroristes peuvent recruter de nouveaux sympathisants.»
Selon M. Moniquet « la nouvelle génération de terrorisme islamiste en Europe commence à peine à se manifester. » Prenant pour exemple le cas de Samir Azzouzi, le Hollandais d’origine marocaine pourtant innocenté en bonne et due forme par la justice hollandaise début avril 2005, il avertit que «les recrues proviennent de la troisième génération de l’immigration, qui a des problèmes identitaires et se sent la victime d’un intégration ratée.»
La façon dont M. Moniquet saute du coq des problèmes de jeunes nés et éduqués en Europe à l’âne des «développements au Maroc» ne peut que susciter des interrogations sur les motivations réelles de son « témoignage ».
Ce n’est pas la première fois que Claude Moniquet sévit contre le Maroc. En mai 2004 déjà, dans une interview au site «proche-orient.info», une officine dédiée à l’amitié Québec-Israël, il déclarait que « le terrorisme le plus préoccupant est clairement celui d'origine algérienne ou marocaine ».
Le sieur Claude en lui-même importe peu, d’autant plus qu’il n’était pas le seul « expert » à témoigner devant une commission. Mais il faut garder à l’esprit que le destinataire de cette analyse à la tronçonneuse, c’est le Parlement le plus puissant au monde, où il ne fait pas bon être mal vu.
Et, là, une telle désinformation ne peut et ne doit pas passer sans susciter de réaction.
D’autant plus que ces élucubrations commencent à trouver écho auprès d’une presse mondiale en manque de sensationnalisme. Même le lointain Hindustan Times indien leur a consacré une bonne place dans son édition du 26 mai 2005.
En attendant, l’actualité des Maghrébins en Europe, c’est plutôt le meurtre d’un troisème “Beur” à Perpignan, dans le Sud de la France et les attentats anti-MRE en Corse. Un climat de haine auquel des experts de l’amalgame et de la désinformation tels le sieur Moniquet ne sont pas étrangers. Je te comprends Rachid, même si je ne t’excuse pas.


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