«Une certaine histoire des Juifs du Maroc», de Robert Assaraf

Une présence millénaire

Loubna Bernichi

 

Robert Assaraf. Le Maroc comptait 164.000 juifs.

 

Actuellement, seuls 3.000 juifs environ vivent dans le Royaume, sur une terre où leur présence est attestée depuis près de 2000 ans. Juste en 1960, le Maroc comptait 164.000 juifs. Un an plus tard, entre 1961 et 1964, plus de la moitié, soit 102.157, ont émigré pour Israël ou pour l’Europe et l’Amérique. Ce fut le plus grand exode connu de juifs marocains au cours de leur histoire millénaire. Dispersés dans les quatre coins du monde, les juifs originaires du Maroc restent très liés à leurs traditions culturelle et cultuelle ainsi qu’à la terre de leurs ancêtres et à ses souverains. Cependant, comment expliquer ce départ massif ?
C’est la question à laquelle répond Robert Assaraf, historien avéré et journaliste confirmé, dans son dernier ouvrage « Une certaine histoire des Juifs du Maroc», publié par Jean-Claude Gawsewitch, éditeur.
Ce document historique volumineux de 800 pages, écrit dans un style didactique, retrace, en effet, l’histoire des Juifs du Maroc de 1860 et la guerre hispano-marocaine à l’époque actuelle en passant par l’instauration des protectorats français et espagnol en 1912 et l’indépendance en 1956. Mêlant vérités historiques documentées et souvenirs personnels agrémentés de témoignages, Robert Assraf, Président de l’Union Mondiale du Judaïsme du Maroc, consacre de longs développements à l’attitude des différents souverains marocains envers les juifs.
C'est ainsi que feu Mohammed V prend la défense des Juifs contre le régime de Vichy alors que feu Hassan II dédie toute son énergie à la réconciliation des enfants d'Abraham et à la conclusion d'une paix juste et durable au Moyen-Orient, autant de faits qui inspirent l'action de l'actuel souverain, le Roi Mohammed VI.
« Une certaine Histoire des Juifs du Maroc » est aussi un témoignage de reconnaissance à un peuple, à un pays et à ses Rois.

Le Maroc espace d’évacuation pour l’Europe

Abdellatif Mansour

 

Enseignant-chercheur à l’université Mohammed V, à Rabat, Abdelkrim Belguendouz est un spécialiste de l’immigration. Question qu’il a abordée sous de multiples aspects et dans plusieurs ouvrages. Dans son dernier livre, intitulé «Politique européenne de voisinage, barrage aux sudistes», il décortique la situation du Maroc par rapport aux mesures draconiennes prises par l’UE en matière d’immigration. «Le Maroc aurait-il vocation à être le sous-traitant sécuritaire de l’UE et à devenir ainsi le cul-de-sac de l’Afrique ?», s’interroge Belguendouz.
Avec l’évolution que connaît le problème de l’immigration, la position géo-stratégique du Maroc, longtemps chargée de louanges quasi-psalmodiques, devient un handicap. «Pour l’UE, rappelle l’auteur, le danger réside dans le fait que le Maroc est non seulement une porte de sortie pour l’Afrique, mais surtout une porte d’entrée pour l’Europe». Le projet d’accord entre le Maroc et l’UE sur «la réadmission des personnes en situation irrégulière», ferait du Maroc un camp de regroupement des expulsés et compliquerait singulièrement ses relations avec les pays sub-sahariens. Que nous offre l’UE en contrepartie de ce rôle ingrat? Pas grand chose, encore que M. Belguendouz conteste le principe même de ce rôle. Documenté et étayé par un argumentaire rigoureux, ce livre est un outil de travail incontournable sur un Maroc qui semble pris en tenailles entre le flux migratoire africain, en plus du sien, et ses rapports avec l’Union européenne.

 

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