Zapatero promet de renforcer les échances avec le Maroc
L’Espagne et le Maroc, un couple parfait

Lors de sa récente visite éclair au Maroc, Zapatero a affirmé sa volonté de renforcer les liens économiques entre son pays et le Maroc.

Aïssa Amourag

 


• S.M Mohammed VI et José Luis Rodriguez Zapatero.

 

«Nous avons l’intention ferme et affichée de relancer nos relations économiques avec le Maroc, mais aussi d’y augmenter nos investissements». Cette phrase est l’une des premières affirmations prononcées par José Luis Rodriguez Zapatero, Premier ministre espagnol, dès son apparition dans la salle de la conférence de presse tenue à la Wilaya de Casablanca, samedi 24 avril 2004, le jour de son premier voyage effectué au Maroc, quelques jours après son investiture.
Le signe est donné. Il est fort, chargé de volonté et sans équivoques. L’Espagne, porte de l’Europe, s’engage sous le mandat de Zapatero à ressusciter l’ère d’entente et de prospérité avec le Maroc, porte de l’Afrique, sur tous les plans. Mais, le plan économique est prioritaire, compte tenu d’une proximité géographique indéniable et d’une histoire d’amour intense parfois émaillée de crises mais sans effets majeurs sur les relations profondes entre les deux pays. L’Office des changes, organisme qui contrôle les entrées et les sorties de devises, vient de rendre publique l’information selon laquelle l’Espagne a été le premier pays investisseur au Maroc pendant l’année 2003.

Développement

Certains diront que cette place est occupée grâce à l’investissement grandiose de 14 milliards de dirhams qu’a réalisé Altadis, le fabricant franco-espagnol de tabac, en rachetant 80% du capital de la Régie des Tabacs. Faux, rétorque un responsable du service économique et commercial de l’ambassade d’Espagne à Rabat. «En excluant l’investissement d’Altadis, l’Espagne occupe toujours la première place», a-t-il expliqué. Plusieurs groupes espagnols, en dehors des plus connus, ont concouru au développement économique du Maroc. Le groupe touristique et immobilier Fadesa a été cité par l’Office des changes comme étant l’investisseur qui a tiré vers le haut le volume des investissements espagnols au Maroc pendant l’année 2003. Ce groupe a réalisé un investissement de 40 millions d’euros. S’ajoutent à Fadesa, le groupe Endesa, qui s’est associé avec l’ONE dans la centrale électrique de Tahaddart, et Repsol, qui a décroché un contrat d’exploration pétrolière avec l’Office national des hydrocarbures. Seul hic dans l’histoire des investissements espagnols au Maroc: le groupe Gaz Natural, qui a projeté de réaliser un grand investissement au Maroc mais n’a pas encore signé son contrat avec le gouvernement pourtant prévu il y a déjà quelques temps.
Côté échanges commerciaux, si les importations en provenance d’Espagne ont en moyenne stagné ces six dernières années autour de 10% du total des importations, en revanche, les exportations nationales sont en hausse substantielle: de 1998 à 2003 le taux d’exportation à destination de l’Espagne a gagné plus de 5 points. Près du quart des exportations sont destinées au marché espagnol. Le taux de couverture a, lui aussi, évolué et a gagné près de 20 points. Par contre, les recettes voyage ont dégringolé et ne représentaient en 2002 que 3,8 % du total des recettes contre 8,1 en 1998. Hors Union européenne, le Maroc se trouve en troisième position en termes de débouchés, après les Etats-Unis et le Mexique.
Pour le Maroc, l’Espagne est aujourd’hui le deuxième fournisseur après la France, avec un écart entre les deux pays qui ne cesse de se réduire. En décembre 2003, les deux pays avaient conclu trois accords financiers pour un montant total de 390 millions d’euros, portant sur l’achat de biens d’équipement espagnols, le financement des PME et la conversion de la dette.

Ecart

Concernant le secteur de la pêche, la rupture a été consommée depuis quelques années, quand les espagnols se sont retirés des eaux marocaines suite à un accord conclu entre les deux parties. Mais, la reprise n’est pas exclue. Zapatero aurait dit qu’un nouvel accord de pêche serait en négociation avec le Maroc.
Si accord il y a, il devrait renforcer les relations économiques entre les deux pays. Dans le domaine financier, presque rien à signaler. Les quelques banques espagnoles présentes au Maroc se sont désinvesties en raison d’une forte présence des banques françaises.
Quant à Zapatero, il ne veut pas lâcher prise. Sa volonté de renforcer les liens économiques entre son pays et le Maroc augure d’un avenir meilleur jamais atteint depuis des années.

 

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