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Le fils
de Maâti Bouabid sinsurge contre les propos diffamatoires
de Boukhari Avocat apolitique, Me Saad Bouabid, 40 ans, cultive la discrétion comme un art de vivre. Il sort de son mutisme pour répondre aux attaques contre son père, Feu Maati Bouaabid, publiées récemment dans Al Ahdate Al Maghribiya Propos recueillis
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Maroc Hebdo international : Que vous inspire ce que vient de racontez Ahmed
Boukhari dans ses confidences publiées dans Al Ahdate Al Maghribiya
à propos de votre défunt père, Maâti Bouâabid
? - Saad Bouabid : Une profonde tristesse. Je suis littéralement choqué par ce procédé ignoble consistant à traîner dans la boue un homme mort qui fut, de son vivant, respecté et respectable. Le calomnier, le diffamer avec une pareille bassesse me paraît vraiment ignominieux. MHI : Mais que répondez-vous à M. Boukhari ? - Saad Bouabid : Je nai nullement lintention de madresser directement ou indirectement à celui que vous venez de nommer. Je men remets, à ce propos, au bon sens et à lintelligence intuitive des Marocains. MHI : Pourtant vous venez de nous dire que vous entendiez publier une réponse au journal Al Ahdate dans une publication francophone de la place - Saad Bouabid : Mais je ne my adresse pas à M. Boukhari. Je réagis plutôt, à un article sur mon père signé par un chroniqueur de ce journal. MHI : A quel titre vous le faites ? Saad Bouabid : Je le fais en tant que fils et dépositaire de la mémoire du défunt. MHI : pourquoi voulez-vous répondre à Al Ahdate tout en ignorant Ahmed Boukhari qui est à lorigine de toute cette affaire ? - Saâd Bouabid : Al Ahdate Al Maghribya est un journal digne de ce nom. Je linterpelle dautant plus que je fus témoin de la haute estime dans laquelle, mon père tenait ses fondateurs. Feu Maâti Bouaâbid, que Dieu ait son âme, était toujours fier de son passé de militant de la gauche marocaine. Malgré les vicissitudes de la politique, il était toujours très respectueux de ses anciens camarades politiques. Il ne me parlait deux quavec des mots courtois et élégants. MHI : Que dites-vous dans votre réaction? - Saâd Bouabid : Je corrige quelques erreurs et clarifie certaines imprécisions. Le chroniquer de Al Ahdate avançait que mon père avait rompu ses relations avec la gauche marocaine dès 1965 alors que mon père, en dépit de son positionnement politique clairement affiché et pleinement assumé, était, jusquà son dernier souffle, loyal à ses amis restés dans lopposition. Il visitait régulièrement le leader de lUnion nationale des forces populaires (UNFP), Moulay Abdallah Ibrahim. Lorsquil était Premier Ministre au début des années 1980,Feu Maâti mamenait, avec lui, quand il rendait visite,à loccasion de fêtes religieuses, à cette figure centrale du mouvement national et progressiste marocain. Permettez-moi de me servir de votre tribune pour exprimer toute ma reconnaissance et rendre un hommage appuyé à Moulay Abdallah Ibrahim et Mahjoubi Ben Seddik qui avaient, par loyauté, tenu, en 1998, à assister à la cérémonie de baptême de mon fils Maâti appelé ainsi en lhonneur de son défunt grand-père. MHI : comment expliquez-vous le revirement politique de votre père qui, après avoir été un dirigeant de lUNFP contestataire, est subitement devenu un pilier du pouvoir ? - Saâd Bouabid : Mon père était un homme foncièrement imbu des valeurs patriotiques et doué dune vraie intelligence politique. Quand, il a décidé de mettre ses compétences et son talent au service de son pays, ce fut en réponse à un souhait exprimé par Feu SM Hassan II en 1977. il la fait, non par opportunisme,mais par sentiment de devoir. La communauté nationale était menacée, dans son existence même, de lintérieur et surtout de lextérieur avec les aléas du conflit du Sahara. Qui peut nier son rôle patriotique de simple volontaire dans la glorieuse Marche Verte qui avait dailleurs sensiblement rapproché tous les protagonistes de la scène politique nationale ? Qui peut oublier son mémorable plaidoyer, lui et Mhammed Boucetta alors Ministre des Affaires étrangères, pour la marocanité du Sahara lors du sommet de lOUA tenu à Freetown au Libéria en 1980 ? Au gouvernement, mon père na jamais trahi ses premiers idéaux ni tourné le dos à ses racines populaires. MHI : cela prête à discution - Saâd Bouaâbid : Qui peut contester la proximité avec le peuple du Premier Ministre quil fut. Nétait- il pas ce chef du gouvernement qui déambulait, sans aucune escorte, dans les ruelles de Derb El Fida à Casablanca ? Ce Premier Ministre qui passait, pendant les week-ends, de longues heures dans des stades poussiéreux donnant volontiers laccolade aux dirigeants et joueurs déquipes de deuxième division ? Mon père était un homme politique simple. Il était humble et affable. Il était un homme dhonneur courageux et sincère. La chose quil déstestait le plus au monde cétait les magouilles et les coups-bas. Bref, il est à mille lieues de ce qui a été publié. Ce sont des allégations mensongères. Cest la calomnie pure et simple MHI : Quelles sont, daprès-vous,les motivations de cette accusation contre votre père ? - Saâd Bouaâbid : Je nai pas, hélas, déléments dinformation susceptibles de me permettre de répondre à votre question. Ce que je sais de science sûre, cest que ce qui a été raconté sur le compte de mon père était faux et injuste. Il mest impossible, en tant que simple citoyen, de donner le moindre crédit aux affabulations de celui qui présentait la quasi-totalité de la classe politique marocaine comme des collaborateurs du CAB 1. Je vous affirme que cette calomnie a scandalisé et indigné tous ce qui ont connu de près ou de loin Feu Maâti Bouaâbid. Nombreuses étaient les connaissances de mon père, aussi bien de la gauche que de la droite, qui nous ont ont contacté pour exprimer leur solidarité avec la famille du défunt. MHI : Entendez-vous porter laffaire devant la justice ? - Saâd Bouabid : Il sagit, bel et bien, dune diffamation caractérisée. Mais, je suis frustré par les dispositions du nouveau code de la presse notamment lalinéa 1 de larticle 71 qui limite le droit dactionner une procédure en diffamation à la personne diffamée elle-même. Ceci dit, je réfléchis encore avec déminents confrères sur la suite adéquate à donner à cette affaire. MHI : Cette affaire vous angoisse vraiment ? - Saâd Bouabid: Non. Ayant défendu la mémoire de mon père, je suis actuellement très serein. Dautant que je connais que les Marocains savent faire la part des choses. Ceux qui veulent ternir limage ou la mémoire de leurs leaders et symboles en seront, à coup sûr, pour leurs frais.o |
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