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Maroc Hebdo International: Quelle est lhistoire de La Chambre
noire"?
- Hanane Ibrahimi: Le film raconte lhistoire de Kamal et Najat.
Tous les deux travaillaient à laéroport. Amoureux
lun de lautre, ils rêvaient dun avenir meilleur.
Ils avaient des projets plein la tête et les voyaient déjà
concrétisés.
Malheureusement, le destin en a voulu autrement. Son passé dancien
étudiant marxiste-léniniste rattrape Kamal. Commence alors
une longue descente aux enfers: enlèvement, interrogatoires, tortures,
Kamal refuse de charger ses camarades en contrepartie de la clémence
des juges.
Maroc Hebdo International: Quel est le rôle que vous jouez
dans ce film ?
- Hanane Ibrahimi: Je suis Najat, la fidèle fiancée de Kamal.
Je laccompagnerai tout au long de son histoire jusqu'au jour où
il me demandera de le quitter et de ne plus lattendre parce que
le temps passe et je dois me marier. Cette histoire damour est au
cur des événements. Cest une touche de romantisme
dans cette période sombre. Dans le livre autobiographique de Jaouad
Mdidech La Chambre noire" dont le film est inspiré,
cette relation amoureuse nexiste pas. Lauteur, en loccurrence
Jaouad Mdidech, fait juste une allusion au personnage tout au début
de son ouvrage. Le réalisateur, Hassan Benjelloum, a choisi de
le développer. Il a créé Najat.
MHI: Comment avez-vous vécu le rôle de Najat?
- Hanane Ibrahimi: Très bien. Cest vrai que cest difficile
au départ parce que je navais pas de référence,
contrairement à Mohamed Nadif. Pour le rôle de Kamal, il
a pu sinspirer de Jaouad Mdidech. Jai fait beaucoup defforts
pour construire le personnage de Najat. Jai dû me documenter.
Jai pris contact avec des épouses de prisonniers politiques.
Je me suis imprégnée de leurs histoires. Pour connaître
la souffrance de lattente, jai discuté avec la mère
de Jawad Mdidech, et lui-même, il ma été dune
grande aide. Et, bien sûr, jai suivi les indications de Hassan
Benjelloun.
MHI: Pour votre premier rôle féminin dans un long-métrage
cinématographique, pensez-vous que vous avez assuré ?
- Hanane Ibrahimi: Je ne pourrais jamais être satisfaite de ma prestation.
Je suis une perfectionniste. Je veux toujours donner le meilleur de moi-même.
Le jour de la projection en avant-première du film La Chambre
noire", qui a eu lieu jeudi 8 avril 2004, jétais tout
excitée et heureuse. Jallais enfin découvrir mon travail.
La salle était comble. De nombreuses personnes sont venues pour
mencourager. À un moment, jai senti une certaine appréhension.
Et si je nai pas réussi à passer le message ? me demandais-je.
À la fin de la projection, la réaction du public ne ma
pas déçue. Plusieurs épouses de prisonniers politiques
sont venues me féliciter pour mon interprétation.
Personnellement, jai trouvé quil y avait des séquences
fortes et dautres faibles. Mais, je mets ça sur le compte
de linexpérience. Je suis encore une débutante dans
le domaine du cinéma. Jaurai dautres occasions pour
mieux faire. Du moins, je lespère.
MHI: Quelle est la séquence qui vous a le plus marquée
?
- Hanane Ibrahimi: Cest la dernière séquence. Jen
suis même amoureuse. La présence de Jaouad Mdidech dans cette
scène ma beaucoup inspirée. Cétait émouvant.
Je lapprécie beaucoup. Tout le long du tournage, il était
là pour nous soutenir. Il parlait à cur ouvert de
son expérience, même si cela lui rappelait une pénible
période de sa vie. Il était sincère et généreux.
Je ne garde que des bons souvenirs du tournage qui sest passé
dans de bonnes conditions. Cest une belle expérience que
jai partagée avec une équipe composée de professionnels.
MHI: Comment était votre relation avec Mohamed Nadif
?
- Hanane Ibrahimi: Cest un plaisir de travailler avec lui.
Il a beaucoup de qualités. Sur le plateau de tournage, il me mettait
à laise. Plus expérimenté, forcément,
il me conseillait et morientait.
MHI: Vous ne connaissez pas les années de plomb, comment
avez-réussi à donner au rôle toute sa dimension?
- Hanane Ibrahimi: Depuis mon enfance, jai rêvé de
remonter la machine du temps en arrière pour vivre dans les années
soixante-dix. Cette période ma toujours fascinée.
Le style de vie, la musique, les tendances vestimentaires, le militantisme,
tout ce qui se rapporte à cette époque me passionne. Cest
en grande partie grâce au combat et à la souffrance des générations
précédentes que nous avons acquis certains droits. Pour
moi, ce nétait pas difficile de remonter dans le temps. Jai
été assistée. Toute léquipe du tournage
avait vécu cette période. Ce qui ma facilité
la tâche. De plus, le décor, le dialogue, les costumes, le
maquillage, les coiffures sont inspirés de cette époque.
Grâce aux effets spéciaux réalisés par Nabil
Rami, nous avons pu avoir le cadre spatio-temporel des seventies.
Sincèrement, Hassan Benjelloun ma donné une grande
chance. Jétais contente de pouvoir participer à ce
projet. La Chambre noire " traite un sujet fort et sensible
qui me tient à cur, même si je ne lai pas vécu
puisque je nai que 24 ans.
MHI: Comment êtes-vous devenue actrice?
- Hanane Ibrahimi: Cétait une pure coïncidence. Durant
mon enfance, jétais plutôt passionnée de musique.
Pour des raisons personnelles, je nai pas pu en faire. Je navais
aucun intérêt pour le théâtre ou le cinéma.
Dautant plus que jétais très timide. À
lâge de 19 ans, après avoir décroché
mon baccalauréat, jai intégré la faculté
des sciences économiques et juridiques à Casablanca. Jai
entendu parler du théâtre universitaire sans y accorder une
grande importance. Par contre, ma copine, Kawtar, était très
intéressée. Elle ma incitée à minscrire
à ses ateliers. Histoire de lui tenir compagnie. Depuis, je suis
devenue une accro des planches, alors que mon amie a dû abandonner
après quelques essais. Jai travaillé avec des professionnelles
qui mont beaucoup appris.
Il faudrait dire que je suis chanceuse. Jai participé à
beaucoup de castings où jai été prise. Mon
premier grand rôle télévisé était avec
Hakim Noury pour un téléfilm.
MHI: Avez-vous des projets en préparation ?
- Hanana Ibrahimi: Oui, jai des contacts. Pour le moment, je vais
tourner prochainement dans un feuilleton télévisé.
Jai dautres propositions, mais elles ne sont pas encore concrètes.
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