Assia El Ouadie, lauréate du prix de la Khmissa, pour sa défense des prisonniers
Une militante dans l’âme

Loubna Bernichi

 

• Assia El Ouadie.

 

Chez Assia El Ouadie, le militantisme est une seconde nature. Quoi de plus normal pour la fille de Mohamed El Ouadie Assafi et de Touria Seqqat? Elle est née et a grandi dans une famille de combattants.
Cette femme de terrain, car c’en est une, consacre tout son temps à de nombreuses causes humaines. Les centres de réforme et de rééducation sont actuellement sa première préoccupation. Sa mission: améliorer les conditions d’incarcération des prisonniers et intégrer les jeunes mineurs détenus dans la vie sociale. Généreuse et bienveillante, cette dame d’exception au cœur tendre et regard dur ne lésine pas sur les moyens pour sauver les jeunes de la délinquance et de leur venir en aide. Mère de deux enfants, elle prend en charge des centaines d’adolescents.
À leur arrivée au centre, les jeunes détenus sont immédiatement mis en confiance. Un vrai dialogue s’installe entre eux et Assia El Ouadie. Elle essaye de connaître leurs motivations, leurs besoins et leurs attentes. Pour elle, personne ne naît criminel. Ce sont des circonstances et des événements qui font que les jeunes commettent des actes condamnables. Leur sort est la responsabilité de tous. Tenace et investie, ce n’est pas le manque de moyens mis à sa disposition qui la rebutera.
Souvent, elle organise des rencontres et des manifestations culturelles au sein des centres de réforme afin de sortir les prisonniers de leur isolement. Elle invite également des acteurs de la société civile pour les sensibiliser sur la situation précaire des prisons.

Sensibilisation

Beaucoup lui témoignent que depuis sa réintégration à la magistrature au sein de l’administration pénitentiaire en 2000, une nette amélioration des états de prisons a été constatée. Elle a surtout mis de l’ordre. Sa tâche ne s’est jamais limitée à donner des instructions en tant que responsable de l’ensemble des maisons de réforme, mais elle a toujours veillé à ce que ses commandements soient appliqués. Au moindre cas ou incident, aussi insignifiant soit-il, elle est avertie. Ses efforts porteront sûrement ses fruits. Bientôt, les centres de détentions seront des établissements réformateurs et ré-éducateurs.
Ce n’est pas seulement le travail d’Assia El Ouadie que l’on salue mais aussi la personne. Souriante et charmante, elle a eu le courage de casser des barrières. Avec un visage serein et des yeux pétillants, elle a su s’imposer. Face à des auditoires des plus importants, sa voix se fait entendre. Lors de la remise des trophées de Khmissa, le 6 mars à Marrakech, son message a marqué.

Action

Son témoignage bouleversant à sa défunte mère n’a pas laissé de marbre l’assistance. Même dans cette ambiance de fête, elle n’a pas oublié son combat. Après avoir remercié les jeunes prisonniers de leurs efforts d’améliorer leurs comportements et de leurs volontés de réussir leur mission ensemble, elle a adressé un message au ministre des Finances Fathallah Oualalou, présent à la cérémonie, pour qu’il revoie la situation matérielle du personnel pénitenciaire. Juriste de formation, Assia El Ouadie n’est pas à son premier combat. Née en 1949 à Safi, elle aura sa licence à la Faculté de Droit de Casablanca en 1970. Une époque où les femmes marocaines instruites ne représentaient qu’une élite.
Magistrat au parquet du tribunal de première instance de Casablanca entre 1971 et 1980, Assia El Ouadie intégre le barreau de Settat de 1981 à 1984, après un stage à l’Ecole nationale de la magistrature de Paris. Par la suite, elle va rejoindre le barreau de Casablanca, où elle exercera jusqu’en 2000. Membre de la Fondation Mohammed VI pour la réinsertion des détenus, elle a contribué, l'an passé, à la création de l'Association des amis des centres de réforme, de même qu'elle a été membre fondateur de l'Organisation marocaine des droits de l'Homme, en 1988, et membre de l'Association du centre d'écoute et d'orientation pour femmes battues, dix ans auparavant.
Assia El Ouadie demeure l’une des rares militantes qui disent non aux slogans et oui à l’action. Son travail fait honneur à la femme Marocaine.


L’ambassadeur Abdelaziz Bennis entame sa mission en Iran
Le temps de la relance

Abdellah Ben Ali

 


• Abdelaziz Bennis en compagnie du Président Mohamed Khatémi.

 

Abdelaziz Bennis ne doute pas de l’avenir prometteur des relations entre le Maroc et l’Iran. Le diplomate marocain qui a remis, récemment, ses lettres de créance en tant qu’ambassadeur du Royaume à Téhéran, au président Mohamed Khatémi, est d’autant plus optimiste qu’il a constaté, au cours de son entretien avec le chef de l’Etat iranien, une incontestable volonté des dirigeants iraniens de consolider et de relancer leurs rapports avec Rabat.
M. Khatémi n’a pas manqué, il est vrai, au cours de cette rencontre, de louer le leadership sage et bien inspiré de SM le Roi Mohammed VI et le rôle central du Maroc sur la scène islamique. Il a surtout mis l’accent sur le devoir qui incombe aux deux nations musulmanes, dans le contexte historique actuel, pour la renaissance de l’Islam et la lutte contre les courants passéistes et rétrogrades qui nuisent, ces jours-ci plus que jamais, à la civilisation musulmane et aux Musulmans.

Respect

Ardent avocat d’un marché islamique commun, le président iranien, connu pour ses idées réformistes, appelle à l’instauration d’une coopération multiforme entre Rabat et Téhéran, sur la base du respect mutuel, dans l’intérêt des deux pays et celui du monde musulman. Ravi des bonnes dispositions affichées par son illustre interlocuteur, le diplomate marocain, qui a déjà servi, entre autres en Libye et au Congo-Kinshasa, a exprimé à M. Khatémi la volonté des plus hautes autorités marocaines de favoriser l’instauration d’un partenariat solide entre les deux pays. Les relations maroco-iraniennes ont connu, ces dernières années, une nette évolution. L’ancien Premier ministre, Abderrahman Youssoufi, s’est rendu, en 2000, à Téhéran pour une visite officielle, la première du genre dans la république islamique. Ce voyage a permis, outre l’impulsion des échanges économiques entre les deux pays musulmans, de tourner la page des malentendus et de la méfiance ayant caractérisé les relations entre les deux États depuis l’arrivée au pouvoir des Mollahs à Téhéran, en 1979.
Alors que l’Iran est aujourd’hui résolument engagé dans un processus d’ouverture à la fois politique, économique et culturelle, cette dynamique d’entente sera relancée.
L’ambassadeur Abdelaziz Bennis entend bien accompagner cette dynamique mutuellement avantageuse.


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