Réactions de la presse marocaine aux déclarations de Tamek
Le sens de la mesure

L’entretien de Maroc Hebdo avec Ali Salem Tamek a suscité beaucoup de réactions dans la presse nationale et internationale. Extraits.

Moncef Slimi

 

 

Mardi 3 février 2004

M. Tamek, vous êtes libre de partir!
Le chef de la bande séparatiste de Tindouf ne fait pas plus que Tamek, à cette différence de taille, qu’il ne se trouve pas, lui, au Maroc. Il ne tente pas de bénéficier en même temps des droits que confère l’appartenance à la Nation, tout en trahissant les devoirs fondamentaux de loyauté qu’exige la citoyenneté tel que le fait le dénommé Tamek.
Salah Sbeya


Mercredi 4 février 2004


Liberté ou anarchie
Les nouveaux justiciers du Maroc ont ainsi fait d’un bougre comme Tamek un héros de la liberté d’expression et des droits de l’homme. Ils l’ont glorifié jusqu’à lui donner la parole pour qu’il renie sa marocanité, clame son appartenance au “peuple sahraoui" et confirme ses affinités avec le polisario.
(...) Et pour boucler la boucle, ces propos insensés ont été recueillis même par un journaliste mauritanien avec lequel Tamek a beaucoup d’affinités. C’est le monde à l’envers de la liberté anarchique.
Hassan Benadad


Vendredi 6 février


Tamek renie sa marocanité
Le journaliste émérite Abdallah Ben Ali a réalisé une interview publiée par l’hebdomadaire Maroc Hebdo dans sa dernière livraison avec le sahraoui et ex-détenu qui a bénéficié de la grâce royale, Ali Saelm Tamek. Cette interview explosive comportait dans certains paragraphes des positions, le moins qu’on puisse dire, est qu’elles sont séparatistes au premier degré.


Mercredi 4 février 2004


Le Polisario parmi nous ?
(…) Le plus grave est que la presse et les associations de droits de l’Homme traitent l’indépendantisme en tant qu’opinion à respecter, si l’on compte le nombre d’entretiens accordés par notre ami à la presse indépendante. Cette erreur a été officialisée à la suite de la grâce royale, lorsque Tamek a été rangé parmi “les détenus d’opinion " et après que des associations de droits humains l’aient reçu en cette qualité. (...) Pourquoi donc certains de nos militants des droits de l’Homme se passionnent-ils pour les espions du Polisario, c’est-à-dire pour les espions des renseignements militaires algériens? Est-ce une simple erreur d’ignorant ou quelque chose d’autre se cache-t-il derrière la dune ?


Jamal Berraoui


Mardi 3 février
Un séparatiste ignorant
Avec une naïveté de gamins et un empressement propre aux adolescents, Ali Salem Tamek, qui a bénéficié de la grâce royale le 7 janvier dernier, a répondu aux questions relatives à son appartenance tout comme à celles concernant l’existence de l’Etat et sa création. Il a commis des erreurs fatales poussant le lecteur à déduire la fatuité de ses propos. Ali Salem Tamek a défendu sa non appartenance au Maroc. Pire encore, il s’est permis de priver le Maroc de la moitié de sa partie Sud la liant à la Mauritanie sur la base de considérations tribales et au Polisario, fabriqué par l’Algérie et l’Espagne, sur la base de considérations géographiques. (…) Il est clair, d’après l’entretien, que Tamek ignore beaucoup de choses se rapportant à l’histoire des tribus sahraouies, occultant ainsi les liens ancestraux entre ces tribus et les sultans marocains…
Mustapha Salki


Jeudi 5 février


Critiques
Des journalistes et écrivains ont vivement critiqué dans plusieurs quotidiens marocains, hier mercredi, la publication par des hebdomadaires indépendants d’entretiens avec Ali Salem Ould Tamek. (…)
Réagissant à ces critiques, le directeur de l’hebdomadaire Maroc Hebdo International, Mohamed Selhami, a considéré que " les réactions de la presse marocaine à la publication par son journal de l’entretien avec Ali Salem Ould Tamek demeurent une chose normale, et que le journal est responsable de ce qu’il publie, car cela s’inscrit dans la nature même de sa mission d’information". Ajoutant qu’il était conscient des réactions éventuelles à une telle publication.
Précisant toutefois que personne n’est habilité à préjuger du nationalisme d’un journaliste.


La rédaction de MHI interpelle le Syndicat de la presse
Nous sommes tous des Abdallah Ben Ali


À Monsieur, le secrétaire général du Syndicat national
de la presse marocaine (SNPM), M. Younès Moujahid
Objet: protestation et demande d’intervention
Dans son édition N° 570 du Mercredi 4 Février 2004, le quotidien “Aujourd’hui Le Maroc" (ALM) a publié une série d’articles en réaction aux déclarations de Ali Salem Tamek parues dans “Maroc Hebdo International" (MHI) N° 590 du 30 Janvier au 5 Février 2004.
ALM a cru devoir mentionner, dans son éditorial, la nationalité mauritanienne du journaliste qui a réalisé l’interview, Abdallah Ben Ali, en lui prêtant “des affinités" avec l’interviwé.
En dénonçant ces méthodes inquisitoriales et xénophobes, la rédaction de MHI tient à rappeler que Abdallah Ben Ali n’a pas recueilli les propos de Ali Salem Tamek en tant que mauritanien mais en tant que journaliste professionnel.
La mention de la nationalité mauritanienne de Abdallah Ben Ali ne répond à aucune justification professionnelle. Elle relève, donc, d’une dérive xénophobe regrettable et condamnable particulièrement à l’égard d’un confrère possédant une carte de presse marocaine après avoir suivi des études de journalisme dans un institut supérieur marocain.
En outre, l’allégation d’ “affinités " avec un chantre du Polisario, Ali Salem Tamek, est une accusation grave et sans fondement qui porte atteinte à la personne de Abdallah Ben Ali en mettant en doute ses convictions quant à la marocanité du Sahara, régulièrement exprimées dans notre journal.
En attirant votre attention sur ce fait à la gravité multiple, professionnelle, personnelle et intellectuelle, nous vous saurons gré d’user de vos prérogatives pour le rétablissement de la vérité et le respect de la déontologie.
Ceci dit, Abdallah Ben Ali se réserve le droit de recourir à tous les moyens prévus par le code de la presse pour obtenir réparation du tort moral dont il a été victime.
Veuillez, Monsieur le secrétaire général, agréer l’expression de notre haute considération confraternelle.
La Rédaction de Maroc Hebdo International

 

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