Atmosphère

Abdellatif Mansour

 


Peut-on être pour la sécession du Sahara marocain et le clamer publiquement à partir de ce même territoire ? Cela paraissait inconcevable, il y a quelques années à peine, sur la durée de ce conflit trentenaire. C’est désormais possible. La preuve par Ali Salem Tamek, leader indépendantiste auto-proclamé par procuration polisarienne.
Il dit, en effet, que «le Polisario est le représentant légitime du peuple sahraoui». C’est on ne peut plus clair. Alors de deux choses l’une ; ou on estime qu’il s’agit là d’un grand bond en avant, vers une liberté d’opinion sans limite, dans une démocratie totale, où le Maroc pluriel pourrait éclater en petits morceaux pour devenir un Maroc plusieurs.
Ou on tient à l’unité conceptuelle de ce pays, que Tamek et ses entristes ne peuvent ébranler, certes, mais avec qui il faudra bien clarifier les choses.
On pourrait par exemple demander à Tamek de choisir, à partir d’une question simple : Dites-nous ce que vous voulez pour qu’on puisse définir votre statut !
Si vous êtes pour la cession du Sahara à l’Algérie, sous couvert d’indépendance, on veut bien que vous le disiez à partir de Laâyoune, puisque les temps ont changé, paraît-il. Mais alors vous devez postuler à une carte de séjour pour régulariser votre situation. Vous serez réfugié politique chez vos ennemis. Une première plutôt saugrenue. Le moins que vous puissiez donner en retour, c’est de vous la fermer. Plus démocratique que cela, y a pas.
Pour vous en convaincre, imaginez-vous, un moment, déclarant, à partir de Tindouf, que le Sahara est marocain. Vous ne seriez plus là pour soutenir le contraire. Avouez que nous sommes gentils. Je ne vous traiterai pas de mercenaire, vous n’en avez pas les attributs.
Mais, de vous à moi, le plus simple ne serait-il pas que vous cessiez d’avoir le cul entre deux chaises. Vous risquez de vous faire mal.
Retour