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Le Premier
ministre, Driss Jettou, a tenu, jeudi à Rabat, une réunion
de travail avec les représentants du syndicat National Unifié
des Patrons Boulangers-pâtissiers du Maroc au cours de laquelle
il a été convenu de reporter l'augmentation de 10 centimes
du prix du pain à une date ultérieure, à fixer après
les fêtes de l'Aïd Al Adha.
Lors de cette réunion, qui s'est tenue en présence de Al
Mustafa Sahel, ministre de l'Intérieur, M. Jettou a passé
en revue avec les représentants du syndicat, la situation du secteur,
ainsi que ses perspectives de développement, indique un communiqué
de la Primature.
Fort du succès de la grève observée les 14 et 15
janvier 2004, qui aurait été suivie par 90% des boulangeries
au Maroc, le Syndicat national unifié des patrons boulangers pâtissiers
du Maroc avait décidé de procéder à une augmentation
graduelle du prix du pain à partir du vendredi 23 janvier 2004.
Subvention
Décidée
à lissue de la réunion du conseil syndical sous la
présidence du bureau central et en présence des délégués
régionaux des différentes provinces, cette hausse est motivée
par le syndicat précité par plusieurs arguments.
Primo, laugmentation des coûts des intrants, y compris la
farine de luxe, qui a amenuisé la marge de bénéfice
qui se confond avec zéro actuellement.
Deuxio, si le prix du pain tarifé et fabriqué à partir
de la farine de luxe non subventionnée a été augmenté
légalement le 14 octobre 2003 avec une application différée,
décidée dun commun accord avec le gouvernement, après
le Ramadan 2003, celle-ci na pas eu lieu.
Tercio, les professionnels mettent en avant la situation désastreuse
dans laquelle se sont enlisés leurs entreprises dont certaines
mettent la clé sous le paillasson et dautres sont pris à
la gorge par leurs créanciers notamment les minoteries, les sociétés
déquipement, le fisc et la CNSS. Quatro, Le syndicat estime
que laccord de modération quil a signé avec
le gouvernement le 29 juillet 1988 et amendé le 21 juillet 1989,
lui donne une base légale pour actualiser le prix du pain lorsque
laugmentation du prix des intrants lexige. Et ce dautant
plus que la lettre envoyée au ministère de Affaires économiques
et Générales, chargé de la Mise à niveau,
demandant la hausse du prix du pain est restée sans réponse.
Accord
La dernière
hausse remonte à 1991 et sest faite dun commun accord
avec les autorités. Comment comprendre le mutisme des autorités
actuellement ? Le proverbe qui ne dit mot, consent " sapplique-t-il
à ce cas despèce?
Depuis le 17 février 2003, date à laquelle Abderrazak El
Mossadaq, ministre délégué chargé des Affaires
économiques, des Affaires générales et de la Mise
à niveau de léconomie, affirme travailler sur une
réforme de la formation du prix du pain, rien némane
de ce département.
LEtat étudierait-il la possibilité de libéraliser
le prix du pain comme ce fut le cas en France? Formulée vaguement,
cette réforme dévoile difficilement ses contours.
Sur un tout autre registre, et suite aux déclarations des responsables
du Syndicat national unifié des patrons boulangers pâtissiers
du Maroc, la Fédération nationale de la minoterie (FNM)
a reproché, dans un communiqué, aux boulangers davoir
colporté des contre-vérités sur lactivité
des moulins industriels. Les grévistes avaient mis en exergue la
hausse du prix des farines, or, cest faux, les minotiers font
des sacrifices pour que les prix restent stables notamment ceux du blé
tendre qui ne cesse daugmenter depuis juin 2003. Nous comprenons
les problèmes de cette corporation, car nous vivons à peu
près la même situation, mais nous tenons à éclaircir
lopinion publique sur ce point particulièrement. Nous ne
voulons pas polémiquer, mais juste faire une mise au point",
a indiqué un responsable au sein de ladministration.
Laccord de modération passé par les minotiers avec
ladministration en 1989 fixe le prix de la farine de luxe sur la
base dune marge de mouture de 16,50 dirhams par quintal et des frais
dapproche de 2 dirhams par quintal. Ces grandeurs nont
pas augmenté depuis 1989, alors que des études récentes
de 2001 ont établi respectivement la marge à 35,2 dirhams
et les frais dapproche à 10,24 dirhams", indique le
communiqué. Depuis lengagement du gouvernement à achever
la libéralisation du secteur minotier, en redéployant la
compensation vers le circuit de production au lieu de celui la consommation,
laccord de modération est devenu caduque.
Aujourdhui, les minotiers sont en train de payer le prix fort pour
maintenir les prix. Près de 40 moulins sont à larrêt
ou en redressement judiciaire pour justement modérer les prix et
empêcher toute inflation.
Aliment fortement prisé par les Marocains, le pain risque de peser
sérieusement dans le panier de la ménagère. Surtout
que les nouvelles familles pétrissent rarement le pain elles-mêmes.
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