Mohamed Alouah poursuivi par la justice marocaine
Rabat rassure Alger

Abdellah Ben Ali

 

• Mohamed Alouah.

 

Trois semaines après avoir rendu public, au Maroc, un communiqué annonçant la création d’un «Front de libération de l’Algérie marocaine (FLAM)», le Marocain Mohamed Alouah est sur la sellette dans son pays. Il a fait, lundi 10 novembre, l’objet de l’ouverture d’une enquête judiciaire. Le procureur du Roi reproche à M. Alouah «les données graves contenues émanant d’une organisation se présentant sous le nom de Front de libération de l’Algérie marocaine».
Selon le magistrat, cette organisation est «illégale» et la diffusion de ses «allégations pourraient semer la confusion et le trouble dans différents milieux et constituer un préjudice qui ne sert que les intérêts des adversaires» du Maroc.
Mohamed Alouah avait distribué, le 23 octobre dernier, un communiqué indiquant la naissance du FLAM dont «la milice combattante» serait, selon lui, présente «un peu partout en Algérie occidentale et centrale». A l’en croire, elle aurait même déjà mené des «attaques» dans presque la moitié du territoire algérien que Mohamed Alouah et son organisation fantomatique entendent rattacher au Royaume.

Médiocres

Il avait également affirmé avoir envoyé une lettre au président français, Jacques Chirac lui demandant de favoriser la rétrocession au Maroc de la zone de Tindouf, amputée du Royaume, au début des années 50, par les autorités d’occupation françaises en Algérie.
Ces déclarations ont failli mettre de l’huile sur le feu. Déjà médiocres, les relations maroco-algériennes ont, en effet, de nouveau frôlé la crise. Le 4 novembre dernier, Mohamed Said Benrayane, l’ambassadeur marocain en Algérie, a dû «s’expliquer» sur le sujet au siège du ministère algérien des Affaires étrangères. Son homologue algérien accrédité à Rabat, le sage Bouaalam Bensaieh, n’aurait pas, de son coté, lésiné sur les efforts pour calmer les choses.
En prenant publiquement leurs distances avec Mohamed Alouah, les autorités marocaines veulent, affirme-t-on à Rabat, «rassurer nos frères algériens avec lesquels nous voulons construire un avenir commun». Ce qui implique, au lieu de la création d’un nouveau contentieux, de résoudre ceux déjà existants.
Ce qui est regrettable dans cette affaire, globalement bien gérée par les deux gouvernements, c’est la tendance de certains médias dans les deux pays à donner un crédit aux déclarations inconsistantes de Mohamed Alouah en présentant ce dernier comme le leader d’un «parti politique marocain». Vérification faite, il s’avère que le «parti libéral et réformateur (PLR)» de M. Alouah n’a aucune existence légale.


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