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Quelle différence
de profil peut-on établir entre les hommes daffaires parents
avec leur progéniture ? Comment ceux-ci ont-ils bâti des
fortunes colossales alors que leur niveau universitaire voire scolaire
nest pas très avancé ? Certains nont même
pas été à lécole.
Doù vient alors la réussite ? Dabord, leur statut
de commerçant couplé à lexcès dargent
dont ils disposent leur a permis de racheter des sociétés
industrielles par simple marché de gré à gré
sans avoir une stratégie claire dinvestissement. Peu dépensiers
quils étaient, ils ont réussi à amasser des
sommes importantes dargent par lesquelles il ont procédé
à des acquisitions de masse, dans la banque, les assurances, lindustrie,
et les services.
Protection
Aidés, en cela, par un marché marocain à lépoque
embryonnaire, cest-à-dire, offrant des opportunités
considérables dinvestissement en raison de lexistence
de besoins économiques énormes, ces hommes daffaires
aînés ont déployé leurs ailes plus loin en
se retrouvant en quelques années à la tête de groupes
puissants qui touchent à tous les secteurs dactivité.
Mais, le vrai moyen qui a servi de catalyseur à cette ancienne
génération dhommes daffaires reste, selon des
spécialistes avertis, le processus de « marocanisation »
des entreprises.
Sitôt enclenché, ils nont pas perdu du temps pour semparer
des principaux fleurons de léconomie marocaine autrefois
tombés entre les mains des occupants.
Lenvironnement très sécurisé et hautement protégé
notamment par un système douanier impénétrable dans
lequel ces hommes daffaires investissaient leur avait fait oublier
la notion de prise de risque théoriquement inhérente à
linvestissement. Ils ne croyaient même pas à la notion
de risque; tous leurs investissements sont orientés vers les placements
spéculatifs à très fort rendement.
Le système politique de lépoque les entouraient dun
ensemble de passe-droits et de privilèges dans le cadre dune
politique dassistanat offerte sur un plateau dor.
Aujourdhui, un tracas de poids taraude cependant les esprits de
cette ancienne génération : préparer leurs enfants
à assurer la relève. Sur ce point, ils ne lésinent
pas sur les moyens pour envoyer leur progéniture recevoir les meilleures
études dans les plus prestigieuses universités et écoles
étrangères.
Risque
De retour au Maroc, leurs parents les impliquent dans la gestion et les
initient à la pratique des affaires. Le résultat est plutôt
satisfaisant.
Leurs groupes fonctionnent aujourdhui à merveille et touchent
des secteurs dactivité diversifiés. Ils affichent
même une grande fibre patriotique en participant à de nombreuses
actions sociales visant à se solidariser avec les classes les plus
démunies. Ils participent également à la protection
de lenvironnement et créent des fondations culturelles pour
promouvoir les activités éducatives et sportives en faveur
des jeunes et des femmes.
Toutefois, à limage de leurs pères, ils investissent
peu, probablement par peur du risque. Comme le souligne avec force le
professeur Rachid Mrabet, directeur général de lISCAE,
«cette aversion au risque quaffichent ces jeunes patrons narrange
pas le développement économique du pays». «Au
contraire, elle le pénalise», insiste-t-il.
Pour les pousser à investir, nul doute que le gouvernement est
appelé à renforcer ses outils daide et de soutien
pour une plus grande souplesse de linvestissement. Autrement, le
décollage est loin derrière nous.
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