Souriau, sous-traitant d’Airbus pour les connecteurs, inaugure son usine à Tanger
Un site de choix

Le connecteur français Souriau, l’un des sous-traitants d’Airbus, s’installe dans la Zone Franche de Tanger (ZFT).Le Premier ministre Driss Jettou a procédé en personne à l’inauguration le 16 octobre 2003 de ce nouveau site à Gzenaya.

Seddik Mouaffak

 


• Abdallah Sbaï, vice-président des ventes d’Airbus.

 

Airbus affiche clairement sa ferme détermination à appuyer les délocalisations de ses sous-traitants au Maroc. Pour Abdallah Sbai, vice-président des ventes d’Airbus pour la région MENA, «c’est la qualité et le sérieux du personnel qui ont poussé les sous-traitants d’Airbus à venir s’installer au Maroc». En plus, dit-il, du fait que «la ZFT offre les conditions les plus avantageuses pour les investisseurs».
La moitié des 5.000 connecteurs fabriqués quotidiennement par Souriau Maroc est destinée à équiper les harnais électriques des appareils de toute dernière génération du constructeur européen.. L'objectif de Souriau est maintenant d'attirer d'autres acteurs du secteur aéronautique à Tanger.
D'une valeur de près de 10 millions de dirhams en 1998, la sous-traitance Airbus au Maroc, qui était alors exclusivement le fait de la filiale de la Sogerma, désormais devenue EADS Maroc Aviation, atteint plusieurs milliards de dirhams en 2003.
Dans le sillage d'EADS Maroc Aviation, la sous-traitance aéronautique se développe avec, entre autres, à Casablanca, les sociétés Crouzet, fournisseur d'Airbus dans le domaine des disjoncteurs, Gespac, fabriquant de harnais pour la pointe avant des appareils de la famille A320 et, tout récemment encore, Sefcam spécialisée dans la tôlerie fine et le traitement d'alliages légers.

Conception

À Tanger, DL Aérotechnologie, filiale de Daher Lhotelier, fabrique depuis l'année dernière des tuyauteries en matériau composite pour conditionnement d'air et des panneaux échangeurs installés sur A340 et autres appareils de la famille A320.
Eads Maroc Aviation réalise, pour sa part, à Casablanca, depuis le milieu des années 90, des fauteuils de première classe et de classe affaires de conception Sogerma proposés sur les Airbus. Elle produit également d'autres aménagements intérieurs qui se retrouvent sur l'ensemble de la famille nouvelle génération de l'avionneur européen, ainsi que divers câblages électriques. Eads Maroc Aviation fournit, également, en équipements standards sur les appareils de la famille A320 et de la famille A330/A340, des éléments se trouvant en cabine tels que cloisons, vestiaires et strapontins, et, en poste de pilotage, les sièges et tablettes pilotes. En aérostructure enfin, Eads Maroc Aviation intègre depuis peu des structures plancher ainsi que des portes avionitiques de la famille A320. Par ailleurs, le partenariat engagé depuis plusieurs années au niveau industriel entre Airbus et l’aéronautique marocaine va connaître un nouvel envol avec l'entrée en service prochainement des premiers Airbus de Royal Air Maroc (RAM). Le transporteur national se voit livrer, en novembre, deux des quatre A321 commandés en juin 2001. Les deux appareils vont être exploités sur une ligne capitale pour la RAM, Casablanca-Paris.
De même, Airbus accueille, depuis le printemps 2003, les équipages et mécaniciens de la RAM devant être formés sur A321. Une compétence pour la famille A320 au sein de la compagnie marocaine va ainsi s'établir, lui permettant, le cas échéant, d'offrir ses services sur ce type d'avion à d'autres utilisateurs.


12ème conférence de l’aviation civile africaine à Casablanca
Le financement d’abord et toujours

Amal Baba Ali

 

La question du financement est le thème retenu pour la 12e conférence annuelle de l’aviation civile africaine organisée à Casablanca, en partenariat avec la RAM, par African Aviation, une revue anglophone spécialisée dans le transport aérien.
La rencontre était l’occasion de revenir sur les prestations des compagnies aériennes africaines et les problèmes touchant le financement de ce secteur.
Le co-président de la rencontre, Nick Fadugba, a souligné lors de la séance d’ouverture que la prospérité du continent africain s’appuie sur un transport aérien solide. «Le transport aérien est la clé de la prospérité», répète-t-il.
La 12e rencontre a essayé de relever les malaises des compagnies aériennes en auscultant les maux de l’aviation africaine, dans le dessein de dénicher la solution idoine permettant à celle-ci un envol réussi malgré les vicissitudes du moment.
Car, malgré sa forte population, le continent africain est loin d’être une référence dans la carte du transport aérien mondial.
Ceci est attribué à plusieurs raisons.
Le secteur du transport aérien en Afrique doit d’abord résoudre ses problèmes de financement. Les représentants aussi bien des départements chargés du transport que des compagnies aériennes en Afrique ont unanimement souligné la conjoncture difficile que traverse le transport aérien sur le continent africain. Et aux problèmes d’ordre structurel s’ajoute la rude concurrence des grandes compagnies aériennes, comme Air France ou British Airways.

Alliances

Pour atténuer les effets de cette concurrence, les intervenants ont plaidé pour la promotion d'une politique d'alliance afin de préserver les compagnies africaines de la rude concurrence que leur livrent les géants européens, ainsi que les compagnies des pays du Golfe.
Le représentant du ministère nigérian de l’Aviation a mis l’accent sur la nécessité de la mise en place d’un espace aérien unique en Afrique, qui permettra au continent de profiter des potentialités de croissance de son espace aérien. Et pour atteindre ce but, il est utile d’ouvrir les capitaux des compagnies africaines, qui doivent d’abord profiter au continent.
D’autres conférenciers ont tenu aussi à signaler l’importance d’une coopération afro-africaine qui permettra aux compagnies aériennes de voler de leurs propres ailes, sans recourir aux subventions.
Toutefois, le problème de financement est le mot qui a régné en maître durant les 2 jours de la conférence. Une fois dénoué, ce problème permettra aux compagnies aériennes africaines de gagner du terrain.
Pour sa part, le secrétaire général de l'Association de l'industrie aéronautique africaine a préconisé une restructuration des compagnies aériennes du continent en leur accordant davantage d'autonomie au niveau de la gestion et en développant des alliances régionales. Dans ce cadre, il a appelé les grandes compagnies du continent à investir dans les compagnies africaines de moindre importance, louant la prise de participation de la Royal Air Maroc dans le capital d'Air Sénégal.
La rencontre a enregistré également la participation de certains constructeurs comme Boeing et Airbus ainsi que des sociétés de financement, de leasing, d'assurances, de maintenance et de marketing.

 

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