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A dix, voire
quinze dhs le kilo, la tomate est, à une semaine du Ramadane, excessivement
chère pour la saison. Quand on sait que la tomate nattend
que le mois sacré pour flamber, les ménagères ont
de quoi sinquiéter. Du côté de l'Association
des producteurs et exportateurs de fruits et légumes (APEFEL),
on se veut plutôt rassurant quant aux craintes de manque d'approvisionnement
en tomate.
Selon les professionnels du secteur, il est normal que les prix soient
aussi élevés parce que le mois de septembre correspond en
fait à la fin de la saison dans de nombreuses régions du
pays. Ajoutons à cela que la vague de chaleur inhabituelle en juillet,
août et même en septembre a eu des répercussions négatives
sur le marché de la tomate.
Approvisionnement
Mais la
situation devrait se stabiliser au cours du mois sacré. La consommation
étant estimée de 100.000 à 150.000 tonnes, cela correspond
au volume de la production prévue pour lautomne.
Par ailleurs le bras de fer engagé entre les producteurs marocains
et leurs homologues européens laisse présager que le marché
intérieur sera approvisionné dans les règles.
Les producteurs marocains, qui exportent quelque 30.000 tonnes sur lUE,
sattendent à avoir le feu vert pour les 5.000 tonnes d'augmentation
au titre du dernier accord avec Bruxelles. Feu vert que les 15 de l'Union
européenne nont pas encore donné.
De leur côté, alarmés par cette perspective, les producteurs
français de tomates ont dénoncé vendredi 3 octobre
2003 dans un communiqué la révision du volet agricole de
l'accord d'association entre l'Union européenne (UE) et le Maroc,
qui permettra selon eux aux Marocains d'exporter davantage vers la France.
Exportations
«Les
producteurs de tomates de France n'acceptent pas d'être sacrifiés
à des préoccupations géopolitiques de l'Union européenne
ou de la France, ni à des intérêts commerciaux discutables»,
rappelle la section tomate de la Fédération nationale des
Producteurs de Légumes (FNPL). La FNPL précise que la révision
de cet accord, qui devrait être finalisée cette fin de semaine,
«garantit un meilleur accès du marché européen
aux tomates marocaines, en échange d'une plus grande libéralisation
de l'accès du marché marocain aux céréales
européennes.»
Pour ce qui est de la tomate, cet accord prévoit, en plus d'un
quota de base de 175.000 tonnes, un quota additionnel qui sera porté
d'ici 2007 à 45.000 tonnes.
En conséquence, la FNPL redoute que les producteurs français
devront faire face à des distorsions de concurrence accrues, une
journée de travail coûtant selon elle 80 euros en France
contre 5 euros (50 dirhams) au Maroc.
La reprise de la guerre de la tomate entre les Marocains et les agriculteurs
de lUE ne date dailleurs pas daujourdhui. Déjà
la crise avait atteint, il y a deux ans de cela, des proportions énormes.
A tel point que les producteurs marocains avaient menacé le 12
janvier 2000 de faire un sit-in devant la représentation de la
Commission européenne à Rabat. Laffaire de la tomate,
avait été déclenchée par la décision
de lUE de soumettre les exportations marocaines au régime
du certificat.
Laccord qui lie les parties marocaine et européenne depuis
1995 prévoit lexportation de 130.000 tonnes de tomates entre
novembre et mars.
Ces quantités sont ventilées de façon différente
dun mois à lautre, de manière à répondre
aux besoins du marché européen. Il sagit en fait de
5.000 tonnes pour le mois doctobre et de quelque 18.600 tonnes pour
le mois de novembre.
Ces quantités, destinées à combler le manque de production
européenne en cette période de gel, se voient appliquer
un droit de douane à taux zéro. Or, il sest avéré
que les exportations marocaines ont souvent dépassé ces
limites au cours des deux mois en question.
La réaction de la partie européenne, qui sétait
engagée à ne tolérer que des écarts maximums
de 10%, sest concrétisée par le retrait au Maroc de
la prérogative de contrôle des quotas exportés. Ce
qui correspond dailleurs à larticle 4 de laccord.
En tout cas, pour la ménagère marocaine, la seule chose
quelle comprend, cest que la tomate coûte cher, trop
cher, même à un moment où la «harira»
nest pas encore opérationnelle.
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