La FAO donne son accord pour la révision du code alimentaire
La bataille de la sardine n’aura pas lieu

La sardine marocaine a encore fait parler d’elle. L’organisation des Nations-Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a donné son feu vert pour la révision du code alimentaire, la bible internationale en matière d’alimentation.

Abdellali Darif Alaoui

 


• Mohamed Taïeb Rhafes, ministre des Pêches.

 

Quelle conserve de poisson est en droit de porter l’appellation «conserve de sardine»? La polémique qui a éclaté, il y a deux ans, au sujet de l’entrée de sardines péruviennes dans la nomenclature sardine, est de l’histoire ancienne. L’Organisation des Nations-Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a approuvé lors de la 26ème session de la Commission du code alimentaire (Codex alimentarius), tenue à Rome du 29 juin au 7 juillet 2003, la révision de la procédure d'inclusion de nouvelles espèces dans la norme “conserve de la sardine et produits de type sardine”. Le Codex alimentarius sert à harmoniser les normes alimentaires et à élaborer des codes d'usage en matière d'hygiène visant la protection du consommateur à l’échelle internationale. Il est d’une importance cruciale pour le commerce international des denrées alimentaires.
Cette décision constitue une victoire pour le Maroc, qui a toujours mis en avant les qualités spécifiques de la sardine marocaine et du bassin méditerranéen. Le ministère des Pêches maritimes a entamé depuis plus d’une année une vaste campagne avec d’autres pays européens pour sensibiliser les Etats membres de la Commission du code alimentaire à la justesse de la cause qu’il défend. La campagne de sensibilisation a consisté «en la préparation d'une augmentation solide basée sur des données scientifiques, la diffusion de documents, en plusieurs langues, justifiant la position du Maroc et en la tenue de plusieurs réunions avec les autres délégations», indique le département de Mohamed Taïeb Rhafes.

Perspectives

L’annonce de cette décision n’a pas laissé de marbre les opérateurs marocains travaillant dans la conserverie de sardine. L’Union nationale des industries de la conserve de poisson a affiché sa satisfaction de cette nouvelle procédure et des retombées qu’elle aura dans le futur sur les exportations marocaines.
Et pour cause, la sardine (Sardina pilchardus) représente plus de 62% des débarquements dans les ports du Royaume. En 2002, et malgré une baisse de la production de 2,3% en comparaison avec 2001, les usines de conserverie ont traité plus de 680.000 tonnes de sardine fraîche. Globalement, les conserveries ont transformé plus de 270.000 tonnes de poisson.
La baisse des prix à l’export a permis également une augmentation des ventes de près de 5% en 2002. Le plus gros consommateur de sardines marocaines demeurant sans conteste au profil européen. Depuis la reconnaissance par l’Organisation mondiale du commerce (OMC) de l’appellation conserve de sardines pour les petits pélagiques provenant du Pérou, le Maroc cherche à défendre les spécificités de son produit. Pour ce faire, il a intégré le Comité international de la Sardina Pilchardus (CISAP) aux côtés de conserveurs de poissons européens pour la défense de l’appellation conserve de sardine.

Contraintes

Bien que premier exportateur de conserves de sardines au monde, le Maroc voit son secteur de conserverie plombé par le retard accusé par le secteur dans sa mise à niveau. Le dernier délai pour que la filière soit en conformité avec les normes européennes arrive à échéance à la fin de juillet 2003. Sans oublier les contraintes à l’exportation avec notamment le régime de l’admission temporaire des huiles entrant dans la fabrication de conserves destinées aux marchés étrangers.
La décision de la FAO de réviser le code alimentaire ouvre une brèche pour les industriels marocains, qui veulent que l’appellation «conserve de sardines» ne soit appliquée qu’aux petits pélagiques du Maroc et du bassin méditerranéen.

 

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