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La question
du Sahara marocain nen finit pas de resurgir devant le conseil de
sécurité. Elle est une fois de plus revenue à lordre
du jour, le vendredi 11 et le mercredi 17 juillet 2003. Sur la table des
discussions, les réponses des parties concernées et intéressées,
à la toute dernière mouture du Plan Baker. Même
sil ne sagit que de deux énièmes épisodes
d'un feuilleton de plus dun quart de siècle, ces deux réunions
avaient une importance particulière. Elles devaient préparer
la session spéciale du 31 juillet courant. Une session où
devrait être prise la décision définitive sur la validation
ou non du Plan Baker et la date de son éventuelle mise
en uvre. Lors de la deuxième réunion, celle du 17
juillet 2003, le Conseil de sécurité a privilégié
la poursuite des négociations en vue de dégager une solution
acceptable pour tous.
Tout indique donc que lon sachemine vers une phase terminale.
Reste à savoir comment et à quel prix? Et puis, quest
ce que ce nouveau plan" apporte-t-il de nouveau? Quen
est-il du projet daccord-cadre sur le statut du Sahara?
A -t-il été remanié de fond en comble, avant dêtre
enterré sans autres formalités diplomatiques ?
Dans son économie générale, le plan Baker reprend
quasiment mot pour mot les dispositions de laccord-cadre
(voir article de Taïeb Chadi page 8). Particulièrement au
niveau de lencadrement réglementaire de lautorité
du Sahara occidental, des délimitations des espaces de prérogatives
pendant la période transitoire de cinq ans, et du corps électoral
constitué des résidents de nos provinces du sud, jusquau
30 décembre 1999; et des séquestrés dans les camps
de Tindouf, jusquau 3 octobre 2000. jusquici tout baigne ou
presque, à part une institution judiciaire jouissant dune
autonomie par rapport aux instances juridictionnelles nationales. Une
incongruité qu'il faudra bien négocier.
Là où la nouvelle formulation du plan Baker prend le large,
cest au niveau du projet de référendum. On croyait
que laccord-cadre avait définitivement dépassé
le passage par un référendum; voilà donc quil
est réinstallé. On était dans une configuration de
règlement pacifique et durable, sur la base de la politique de
régionalisation adoptée par le Maroc, avec toutes les garanties
législatives dune réelle autonomie régionale.
En définitive, lon se retrouve avec une consultation référendaire
grande ouverte sur tous les dérapages imaginables et toutes les
aventures possibles.
Le moins que lon puisse dire est quil ne sagit pas dune
avancée vers le bout dun très long tunnel, mais dune
régression, dun saut-arrière de plus de vingt ans.
Soyons clairs, le Maroc na pas peur du référendum.
Non seulement parce qu'au Sahara, il est dans ses territoires légitimes
et légaux, mais aussi parce qu'il ne doute pas un instant du patriotisme
des citoyens marocains ayant la qualité de votants dans un éventuel
référendum.
Pressions
Le problème,
du point de vue marocain, est tout simple: cette consultation combien
problématique sest avérée impossible à
organiser durant pas moins de deux décennies. Comment pourrait-elle
lêtre dans cinq ans? Ce nest pas une projection pessimiste
dans un avenir proche, mais une prise en compte réaliste des tentatives
répétées et inlassables de la mission des Nations-Unies
(Minurso) pour mettre sur rails un processus référendaire
irréalisable. C'est exactement l'esprit de la lettre adressée
par Mohamed Benaïssa au secrétaire général de
l'ONU.
Qu'en est-il précisément de la position de l'Algérie
à propos d'un plan Baker revu et mal corrigé? Alger a dit
oui", va pour cette nouvelle proposition. Et, comme
chacun sait, lorsque les gouvernants d'Alger disent oui", le
Polisario, systématiquement, et immanquablement dit oui"
aussi. Et voilà que la partie intéressée et son faire-valoir
sous forme de partie concernée", se rejoignent sans
s'être jamais quittée, dans la même tranchée,
tout naturellement, pour un nouveau blocage et pour une pérennisation
de l'enlisement dans le plus vieux conflit du continent africain. Or,
c'est absolument ce que cherchent le tandem Alger-Polisario. Kofi Annan,
James Baker et les membres permanents et non permanents du Conseil de
sécurité, se laisseront-ils prendre dans cette stratégie
d'obstruction méthodique et de sur-place planifié?
Au vu des dispositions régressives de la dernière fournée
d'une longue série de plans onusiens, fournée
signée Baker, il semble, malheureusement, qu'on est bien parti
pour un nouveau bail sans horizon. Autrement dit, comment expliquer que
l'ONU certes, de guerre lasse, mais ce n'est pas un argument suffisant-
veuille, aujourd'hui, imposer et le mot n'est pas trop fort- une
solution qui n'a pas l'assentiment du principal pays concerné,
le Maroc, pour ne pas le citer?
Que propose-t-il, le Maroc, justement? Il propose une prorogation de six
mois, pour que le 31 juillet 2003 ne soit plus la date butoir où
tout peut basculer vers on ne sait où. Il semble que ce soit chose
acquise, depuis le 17 juillet 2003. Cette proposition n'empêche
pas d'aménager une belle sortie à James Baker, en même
temps qu'une belle fin de carrière pour lui. Une manière
aussi pour George W. Bush de récompenser symboliquement l'homme
qui l'a beaucoup aidé dans une campagne présidentielle plutôt
laborieuse. Mais que l'on se rassure, la question du Sahara aura usé
plus d'un président des États-Unis et plus d'un secrétaire
général de l'ONU. Le feuilleton continue.
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