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Le nouveau
plan de règlement que James Baker, lenvoyé spécial
des Nations-Unies pour le Sahara, a présenté à Rabat,
à Alger, à Nouakchott et à Tindouf, en janvier dernier,
ne diffère pas, substantiellement, de la première mouture
de lAccord-cadre" et du fameux projet dit de la
troisième voie".
En effet, la proposition de lémissaire onusien, qualifiée
de « compromis », reprend des éléments de ces
deux derniers projets. Sa nouveauté réside dans le fait
que, après une période transitoire de partage des pouvoirs
et lors du référendum sur le statut définitif du
Sahara, les électeurs auraient la possibilité de voter pour
lune des trois options suivantes : le maintien du partage des pouvoirs,
l'indépendance ou l'intégration au Maroc.
Gestion
Le plan
onusien définit un timing et un partage des pouvoirs des plus précis.
Ainsi, il indique qu'une année après la signature et l'entrée
en vigueur du plan des élections auront lieu dans le territoire,
supervisées exclusivement par l'ONU et ouvertes à toutes
les personnes âgées de 18 ans révolus et inscrites
soit sur la liste provisoire des électeurs arrêtée
par la Mission des Nations Unies pour l'organisation d'un référendum
au Sahara occidental (MINURSO) en date du 30 décembre 1999 soit
sur celle des réfugiés établie, le 31 octobre 2000,
par le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés.
L'enjeu de ces élections sera double. Choisir, séparément,
le chef exécutif et l'assemblée législative de l'autorité
du Sahara occidental" qui aura de larges pouvoirs dans le domaine
de la gestion des affaires internes du Sahara jusqu'à l'organisation
du référendum, cinq ans au plus tard. Le chef exécutif
ne disposera pas d'un gouvernement.
Mais, il aura la possibilité de déléguer certaines
de ses prérogatives à des collaborateurs nommés dans
des postes administratifs. Ce qui n'est pas une mince affaire. Parce que
l'autorité autonome aura une compétence totale dans la gestion
de tout ce qui relève de l«administration locale, budget
territorial, fiscalité, développement économique,
sécurité intérieure, maintien de l'ordre, protection
sociale, culture, éducation, commerce, transports, agriculture,
mines, secteur de la pêche, industrie, environnement, logement et
aménagement urbain, eau et électricité, réseau
routier et équipement ».
Le chef de l'autorité autonome aura d'autres prérogatives
importantes, notamment celle de nommer les membres de l'appareil judiciaire,
qui sera habilité à faire respecter les lois votées
par l'assemblée législative mais également à
contrôler la conformité de celles-là, ainsi que de
l'ensemble des décisions de l'autorité autonome avec les
dispositions du plan de règlement onusien.
L'objectif étant d'empêcher les instances politiques de l'autorité
du Sahara d'empiéter sur les compétences dévolues
au pouvoir central de Rabat.
Souveraineté
Le Royaume
disposera toujours, selon le plan, d'une compétence exclusive dans
le domaine des relations extérieurs y compris la conclusion des
conventions et des traités internationaux.
Il veille sur la sécurité nationale et la défense
extérieure y compris la délimitation des frontières,
maritimes, aériennes et terrestres. Pour préserver ses
acquis", Rabat pourra, selon le document, avoir recours à
tous les moyens adéquats. D'autant plus qu'elle reste investie
de la charge de veiller à l'intégrité du territoire
nationale de toute tentative de séparatisme qu'elle émane
de l'intérieur ou de l'extérieur.
Le Royaume reste l'unique compétence dans les questions relatives
à la production, vente, possession, et usages d'armes et explosifs.
Cependant, le Royaume peut autoriser l'autorité autonome, dans
le cadre de l'accord onusien, à se servir d'un certain matériel
nécessaire au maintien de l'ordre local. Les emblèmes de
la souveraineté du Maroc sur le Sahara ne seront pas mis en cause.
Le drapeau du Royaume, sa monnaie, ses douanes, sa poste et son système
de télécommunications resteront, indique le plan, valables
pour le Sahara".
Consultation
Ce partage
de pouvoir restera, en principe, en vigueur jusqu'au référendum
sur le statut définitif au Sahara. Le corps électoral sera
alors, sensiblement, élargi. Il comportera tous ceux qui auront
résidé, dans le territoire d'une façon continue,
depuis 1999.
Cette disposition permettra à des dizaines de milliers de Sahraouis
non-inscrits dans le recensement espagnol et à des milliers de
leurs compatriotes marocains installés au Sahara, depuis la Marche
Verte, en 1975, de prendre part à la consultation référendaire.
Dans l'absolu, il n'est pas exclu qu'on n'en arrive pas là. Le
plan lui-même peut être modifié. Cela exige uniquement
le plein consentement "du Roi du Maroc, du chef exécutif
et de l'assemblée législative de l'autorité autonome",
précise le texte. Ce dernier stipule, par ailleurs que «dès
la date d'entrée en vigueur du plan, tous les prisonniers politiques
et les prisonniers de guerre seront libérés, chaque partie
étant tenue de s'acquitter de cette obligation, quel que soit le
comportement de l'autre partie».
Un énième plan, alors, qui, pour la énième
fois, na pas eu laccord des «trois parties» concernées
par le conflit au Sahara. Une solution politique globale à ce problème,
vieux de 28 ans, nest donc pas prévisible, du moins pas pour
le 31 juillet prochain.
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