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Voici donc
une nouvelle feuille de route pour le Sahara cette
fois - qui ressemble à un Diktat. Nous étions
dans un schéma de solution politique depuis des années :
il ny avait en effet pratiquement pas dautre formule que celle-ci
parce que le Plan de règlement des années 90 sétait
révélé inapplicable. Cette option était donc
alternative : sur le papier, elle permettait lautodétermination
des populations sahraouies sur la base et dans le cadre du respect de
la souveraineté nationale et de lintégrité
territoriale du Royaume. Il sen est suivi le plan Baker connu sous
le vocable de troisième voie, tel que ce représentant
spécial de Kofi Annan la présenté en juin 2001.
Mais ces propositions ont été rejetées par lAlgérie
et le Polisario
Le plan Baker donna alors lieu à une nouvelle mouture en janvier
2003 jugée inacceptable par le Maroc. Pourquoi? Parce quil
ne sagissait pour lessentiel que dun habillage de lancien
Plan de règlement. De plus, elle écarte de fait les quelque
130.000 recours présentés par des citoyens dorigine
sahraouie. Le risque était là: une consultation aussi démocratique
quun référendum allait donner le droit de vote à
une minorité dûment identifiée jusquà
présent dans des conditions contestables! Plus encore, larticulation
institutionnelle projetée ne se bornait pas à une décentralisation
dans le cadre dun Etat unitaire; bien au contraire, elle ne pouvait
que générer des logiques politiques à caractère
nettement indépendantiste à terme.
Depuis une bonne semaine, ce plan Baker est débattu
au niveau du Conseil de Sécurité de lONU. Un projet
de résolution présenté par les Etats-Unis vise pratiquement
à limposer aux parties concernées, sans autre forme
de procès : ce serait alors, à leurs yeux, la solution définitive
de ce dossier. Pareille procédure frappe par son unilatéralisme:
elle nest pas conforme aux dispositions de la Charte de lONU;
pas davantage, elle ne peut se prévaloir de lesprit de celle-ci.
Elle crée donc un précédent que le Maroc se devait
de relever et de dénoncer ce qui a été fait
par les voix les plus autorisées du Royaume.
Par-delà ce remue-ménage, ou plutôt cette volte-face
quy-a-t-il? Qui veut réellement quoi ? Les interrogations
de principe ne manquent pas. En premier lieu, comment ne pas relever que
lEspagne préside ce mois-ci le Conseil de sécurité
et que sa part de responsabilité, à un titre ou à
un autre, ne saurait être évacuée. Comment ne pas
noter, en second lieu, par ailleurs, lactivisme américain
pour faire adopter la résolution discutée aujourdhui
et qui est de surcroît de leur initiative?
Tout un discours officiel de Washington répète à
lenvi que nos deux pays sont liés par un partenariat
stratégique". Or, nous en voyons aujourdhui la réelle
portée
Ny-a-t-il pas là de quoi salarmer
à propos de cette attitude alors que le Maroc, sous légide
et limpulsion de SM Mohammed VI, a tant investi pour élargir
et conforter ce type de relations au Moyen-Orient, lors de la guerre
en Irak, ou encore son engagement dans la lutte anti-terroriste après
le 11 septembre 2001. Le projet de création dune zone de
libre-échange prévue en 2004 - et qui fait toujours lobjet
de rounds de négociations continues participe
également de cette démarche ; mais reste-t-il encore plaidable
dans les circonstances actuelles? Et ne risque-t-il pas de présenter,
pour lopinion publique marocaine en tout cas, un caractère
quelque peu surréaliste ?
Est-on en face dune nouvelle vision de remodelage de
la perception et de la politique américaine, dans notre région
? Les déclarations faites, le 13 juillet, à Washington,
par Richard Armitage, sous-secrétaire dÉtat américain,
à loccasion de la cérémonie de prestation de
lambassadeur Richard Erdman sur la position imprenable de
lAlgérie pour jouer un rôle de leadership au XXIème
siècle" sont significatives de ce nouvel état desprit.
Le projet dune visite au Congrès américain du président
de la RASD", Mohamed Abdelaziz, témoigne clairement,
lui aussi, de cette politique.
Alors, non au Diktat"! Et que cette ferme volonté populaire
et nationale de toujours, du Maroc de feu Hassan II comme de celui de
SM Mohammed VI, sexprime ardemment et de manière conséquente
dans la mobilisation, sous des formes appropriées, pour le renforcement
du front intérieur!.
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