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Le rêve
dun continent, le projet dune nation, va-t-il se concrétiser
pour 2010? Cest ce que souhaite le Maroc en tous cas. Abriter la
Coupe du Monde de football, événement colossal. Accueillir
les milliers dinvités de la manifestation, abriter un spectacle
footbalistique de haut niveau, être le temps de la compétition-
au cur de lattention de toute la planète. Un rêve
que le pays caresse depuis des années. Cette fois sera la bonne,
semble-t-on nous dire. Après 1994, 1998 et 2006, 2010 sera lannée
où tout pourrait être possible. Mais avant, il faudra que
les membres de la FIFA votent pour le Maroc. Ce qui nest pas évident.
La rotation décidée par la Fédération internationale
a certes donné le relais à lAfrique pour lédition
2010. Mais il faut savoir que lEgypte, la Libye, lAfrique
du Sud et la Tunisie sont également candidats à cette organisation
convoitée. LAfrique du Sud qui, rappelons-le, avait échoué
de peu pour organiser le Mondial 2006, finalement attribué à
lAllemagne. On avait également parlé dune possibilité
de co-organisation par le Maroc et la Tunisie, aujourdhui écartée.
Rigueur
Ce qui est
sûr, cest que chacun des pays africains fera valoir ses atouts.
Les enjeux sont importants et la concurrence fera rage. Le Maroc a, quant
à lui, affirmé sa volonté de décrocher lorganisation.
En novembre 2002 déjà, la Fédération Royale
Marocaine de Football (FRMF) a notifié à la Fédération
Internationale de Football (FIFA) l'intention du Maroc de se porter candidat
à l'organisation des phases finales de la Coupe du monde 2010.
Puis, le 28 avril 2003, Sa Majesté le Roi Mohammed VI a nommé
Saâd Kettani Président-délégué du Comité
national chargé de présenter la candidature du Maroc au
Mondial 2010. M. Kettani, qui est président du groupe Wafacorp,
a été choisi pour ses qualités dentrepreneur
et danimateur. Lors de la cérémonie de sa nomination,
le Souverain avait mis en relief l'expérience internationale et
la densité des réseaux dont dispose le nouveau Président-délégué
et qui doivent désormais être mis à la faveur de la
candidature marocaine. Professionnalisme, rigueur et concertation sont
donc les mots dordre de cette nouvelle campagne. Les chances pour
décrocher la coupe du monde 2010 sont nettement plus sérieuses.
Par rapport au dossier présenté pour Maroc 2006, 80% des
infrastructures prévues sont déjà achevées
et les 20% restants le seront avant 2010. Cest le cas notamment
du réseau autoroutier, dont le plan directeur suit son évolution
normale. Les plans sont prêts, les marchés adjugés,
les travaux entamés. Le calendrier devrait a priori être
tenu. Un travail est également en cours pour garantir les liaisons
aériennes avec les différentes villes.
Progrès
Du côté
des stades, trois sont en construction, à Tanger, Marrakech et
Agadir, pour une enveloppe avoisinant les 800 millions de dirhams chacun.
200 millions de dirhams seront en outre alloués à la mise
à niveau des stades déjà existants, en loccurrence
le complexe Moulay Abdallah de Rabat, le complexe Mohammed V de Casablanca
et les complexes de Fès et Oujda. La mise à niveau consiste
en des pelouses de qualité, l'installation de tableaux afficheurs,
de tribunes de presse et d'autres équipements. Le ministère
de l'Equipement et du Transport assure le suivi de cette opération.
2010 coïncide avec le Plan Azur du département du Tourisme
pour lequel le Maroc se destine à accueillir 10 millions de touristes
par an. Les infrastructures hôtelières devraient à
ce moment là avoir la capacité daccueil nécessaire,
dautant plus que différents projets de complexes touristiques
sont en construction.
Les progrès marocains dans le domaine des télécoms
lui assurent un net avantage. Numérisation totale du réseau,
GSM, télécommunications par satellite, câblages à
fibre optique, réseaux R.N.I.S, transmission par paquets Maghripac
et Internet. Lémission et réception aisées
de données informatiques, images et sons sont plus quà
notre portée. Les stades seront assurés dune retransmission
ultra-rapide de la voix, des données et de limage grâce
au réseau Marnis. Tous les autres services seront disponibles pour
que les médias puissent travailler dans les meilleures conditions.
Un comité de pilotage et une commission inter-ministérielle
ont été créés pour les différents départements
concernés, en loccurrence les Finances et la Privatisation,
l'Equipement et le Transport, l'Industrie, le Commerce et la Communication,
le Tourisme, le corps d'armée, la Fédération Royale
marocaine de football, et le Sport.
Suivi
Les responsables
impliqués dans le dossier se réunissent régulièrement.
Le Premier ministre, M. Driss Jettou, suit de près la préparation
du dossier marocain selon les dispositions du cahier des charges de la
FIFA. Pour le Premier ministre, organiser le Mondial 2010 revient à
«réaliser les vux de l'ensemble des Marocains, et traduire
la volonté de SM le Roi qui accorde à ce dossier un intérêt
particulier».
La communication du Maroc a été confiée à
deux cabinets internationaux, dont celui de Alan Rotenberg, président
de la fédération de soccer aux Etats-Unis. Ce même
Rotenberg a été lhomme clé qui a aidé
les Etats-Unis à décrocher lorganisation du Mondial
1994. Cest ce monsieur qui se chargera de convaincre les membres
du comité de la FIFA un à un de voter pour le Maroc. La
campagne devrait démarrer à la mi-juin et devrait reposer
sur énormément de lobbying. Ainsi, des ambassadeurs
du Maroc parmi les personnalités sportives et culturelles seront
désignés pour parler des atouts du Maroc.
Le dossier Maroc 2006 avait nécessité une enveloppe de 80
millions de dirhams. Celui de Maroc 2010 devrait avoir un coût plus
important.
Les pays candidats devront présenter le dossier de candidature
complet à la FIFA avant le 31 août 2003. Les différents
sites seront inspectés par la FIFA en octobre prochain et un rapport
sera remis au comité exécutif en avril 2004, soit un mois
avant la désignation du pays organisateur. Donc, cette fois, la
volonté est affirmée, le travail se poursuit, lorganisation
est confiée à des professionnels. Pourvu que le reste suive.
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