Lancement de la campagne nationale de lutte contre l’analphabétisme
Mieux vaut tard...

Najlae Benmbarek

 

• Thay Thay Ghozali.

 

“Le Maroc est producteur d’analphabètes». Cette phrase, dont l’auteur est Najima Thay Thay Ghozali, Secrétaire d'Etat chargé de la Lutte contre l'analphabétisme et de l'Education informelle, ne devrait plus exister d’ici 2015. En tous cas, c’est ce que nous promet le gouvernement Jettou avec le lancement de la campagne nationale de lutte contre l’analphabétisme, baptisée “Massirat Annour" (marche vers la lumière). Encore une campagne qui ne servira à rien? Pas si sûr.
D’abord, état des lieux. Plus de 12 millions de personnes sont analphabètes, dont deux millions d’enfants âgés de moins de 15 ans et un grand nombre de ruraux. Dans des régions comme Souss Massa Darâa ou Marrakech Tensift, le taux d’analphabètes atteint les 87%. Précisons que la majorité de la population analphabète est constituée de femmes, ce qui a des conséquences néfastes sur la santé des mères et entrave l’intégration sociale. C’est la moitié de nos ressources humaines qui ne participe pas au développement. Driss Jettou a estimé, lors d’une conférence de presse donnée, le 27 mai à Rabat, à l’occasion du lancement de la campagne, que la modernisation de notre économie ne peut se faire sans la mise à niveau du capital humain. La situation actuelle place le Maroc à la 123ème position dans l’indicateur de développement social. Le défi de son département est d’alphabétiser 1 million de Marocaines et de Marocains annuellement. «C’est un combat», a déclaré Mme Thay Thay Ghozali. Un combat qui ne vise pas seulement à faire apprendre la lecture et l’écriture mais aussi des petits métiers dans le rural et le semi-rural par exemple, qui permettraient d’obtenir des micro-crédits.

Défi

Le plan d’action est décliné en trois périodes. L’objectif, à court terme, est de ramener le taux de 48% à 35% à la fin 2004. A moyen terme, moins de 20% des Marocains seraient analphabètes. A long terme, il s’agit d’éradiquer quasi-totalement l’analphabétisme, en garantissant l’éducation à tous les enfants non scolarisés ou déscolarisés.
Le plan d’action se base sur la proximité, la décentralisation et la déconcentration. Ainsi, il s’agira d’activer les académies régionales et les délégations du ministère de l’Education nationale et de la Jeunesse par la création de structures locales de lutte contre l’analphabétisme au sein même des académies régionales. Les établissements scolaires constitueront les principaux lieux de cours. Les apprenants seront regroupés dans des classes de 25 à 30 personnes. Leur apprentissage sera couronné par un “passeport” et un diplôme. Les plus méritants se verront décerner des prix. Le secrétariat d’État compte sur le soutien de partenaires locaux et internationaux. Des rencontres et des visites assureront un contrôle de l’opération. Un colloque national sur la question sera bientôt organisé ainsi qu’une semaine nationale. Le département de Mme Thay Thay Rhozali place aussi parmi ses priorités la révision des manuels existants et l’amélioration du contenu des programmes. Un site web devrait être prochainement créé expliquant le plan d’action.
Une campagne de communication a déjà commencé sur nos médias. Son slogan est clair et indiscutable: «Découvrir la lecture, c’est passer de l’obscurité vers la
lumière».

 

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