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Les Marocaines
pourront-elles enfin transmettre leur nationalité à leurs
enfants sans que les pères ne soient obligatoirement Marocains?
Il semble quil y ait un espoir. En effet, 13 députés
(USFP) à la Chambre des Représentants, ont présenté
un projet damendement concernant larticle 6 du chapitre II
du Code de la nationalité. Ce projet propose le changement de la
loi qui dit que la nationalité marocaine est acquise par les enfants
de père marocain ou de fils de Marocaine et de père inconnu.
Lobjectif de cet amendement est que soient reconnus Marocains de
droit, les enfants issus de mariage mixte entre Marocaines et musulmans
non-marocains. Ce projet damendement a ensuite été
exposé par Mohamed Bouzoubaâ, ministre de la Justice, au
dernier Conseil de gouvernement.
Si le gouvernement accepte cet amendement, ce serait une première.
La loi passerait par la commission de justice et de législation,
puis par une séance plénière pour le vote. La Chambre
des Conseillers, deuxième Chambre du Parlement, aura également
son mot à dire et son accord à donner.
Le texte de loi actuel, qui est une mouture de 1993 du Code de la nationalité
dit dans son article 6 sur la nationalité par filiation: «Est
considéré Marocain, premièrement: lenfant de
père marocain et deuxièmement, lenfant de mère
marocaine et de père inconnu».
Le projet de loi proposé transforme la phrase en ce sens: «Est
considéré Marocain lenfant né de père
marocain et de mère marocaine».
Pour linstant, aucun parti politique ne sest opposé
à ce projet de loi. Ce serait sattirer les foudres des associations
féministes qui appellent à donner à la femme marocaine
tous ses droits, y compris celui de transmettre la nationalité
à ses enfants. Auparavant, certaines parties avaient exprimé
publiquement leur refus de cet amendement et ont dailleurs exercé
des pressions pour que le projet soit avorté.
Pour linstant, une Marocaine ne peut donner sa nationalité
à son enfant né de père étranger quaprès
une procédure extrêmement lente qui peut prendre des années,
et qui aboutit la plupart du temps à un refus ou qui croupit dans
les tiroirs du ministère de la Justice.
Dans ce cas, lenfant reste soumis, dans son pays de naissance, et
donc dorigine, aux formalités de la carte de séjour,
renouvelable tous les ans. Toute sa vie, et tant quil naura
pas la nationalité marocaine, il sera «considéré
comme un étranger et traité comme tel». Seule chance
accordée par la loi aux enfants de père étranger:
le droit, deux ans avant leur majorité, de demander la nationalité
marocaine auprès du ministère de la Justice, à condition
dêtre, au moment de la demande, résidents au Maroc.
Lamendement proposé aujourdhui par le groupe USFP sera
non seulement un point positif pour les Marocaines, mais surtout un grand
soulagement pour les milliers denfants de mères marocaines
et de pères étrangers.
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