L’Union constitutionnelle (UC) fête son vingtième anniversaire
Crédibilité renforcée

Quel bilan pour l'UC après 20 ans de défense de l'Etat de droit, des valeurs de liberté, du libéralisme, de la privatisation et de la décentralisation? Les détracteurs du choix global sont, plus que jamais, réduits à remettre en question leurs idées préconçues et s'aligner sur les valeurs et idéaux promus et prêchés par l'Union constitutionnelle.

Abdellah Firdaous

 

• Abdellah Firdaous

 

L’union constitutionnelle (UC) vient de fêter, mercredi 9 avril, son vingtième anniversaire. 20 années, jour pour jour, après le congrès constitutif de l’Union constitutionnelle. Un congrès réuni, quelques mois après le lancement par feu Maati Bouabid de son appel historique du 29 décembre 1982, en faveur de la création d’un cadre politique nouveau susceptible de servir de lieu de pluralité d’opinions qui rompt avec la pensée monolithique et permet de dépasser les clivages partisans sectaires ayant dominé le paysage politique dans le pays depuis son indépendance. Des clivages qui ont entravé les libertés publiques et le processus de développement et de construction pendant 20 d’indépendance. L’appel de feu Bouabid était venu donc à point nommé. D’où l’accueil particulièrement favorable qu’il a reçu au sein des cadres nationaux et de la jeunesse marocaine, soucieux de sortir de l’exclusion et de la marginalisation.

Philosophie

Des forums de débats et de rencontres furent organisés, dans les quatre coins du Royaume, pour esquisser les horizons d’une action politique pionnière et progressiste destinée à encadrer la génération post-indépendance avec une nouvelle philosophie militante plus vaste et plus appropriée à assimiler les changements de l’époque et abriter la différence créatrice.
Ce fut une pensée nouvelle construite sur les décombres de l’idéologie dominante d’alors qui a conduit le pays à un cul-de-sac dans tous les domaines: politique, social, économique et culturel. Les mots d’ordre du parti ont, vite, connu un succès des plus éclatants. Vingt après, ces mots sont, aujourd’hui, repris, d’une façon ou d’une autre et sans gêne aucune par plusieurs organisations politiques. Ces mots d’ordre sont inspirés de la philosophie libérale et sociale; une philosophie que l’UC s’est engagée, dès sa création, à promouvoir, et surtout à l’adapter avec les particularités du pays, les exigences de son développement et les besoins de sa société. En proclamant alors son attachement au libéralisme, l’UC a dû essuyer des attaques féroces de la part des relais du camp socialiste et des conservateurs. Elle fut accusée d’être porteuse d’une pensée qui nuit aux intérêts sociaux des citoyens et qui menace les acquis du pays notamment dans le domaine du secteur public. La campagne fut atroce et les sacrifices énormes.
Nous étions convaincus de la justesse de notre choix libéral et de sa capacité à répondre aux questionnements de l’époque. Nous étions décidés à nous engager, avec sérieux, dans la mobilisation des potentialités, inexploitées, du pays pour parvenir à une augmentation de la production nationale et pour esquisser des solutions aux crises de l’emploi, du chômage, de l’investissement, de l’enseignement, de l’éducation, de la santé et du logement.
L’UC a introduit dans le lexique politique marocain, celui de l’Etat et des formations politiques, les mots-clés d’une démarche libérale destinée à favoriser l’émergence d’un Maroc fort:le renforcement du secteur privé, poursuite d’une politique de privatisation productive, défense de la décentralisation, appui aux initiatives individuelles et libres. Sans parler de l’attachement à l’Etat de droit et à l’élargissement progressif de la participation politique. Le parti était également soucieux de l’association de toutes les instances politiques à la gestion de la chose publique sur la base du consensus démocratique et d’une hiérarchisation des priorités. Ainsi, nous avons réussi à entraîner dans cette logique des secteurs de la classe politique jusque-là hostiles au changement et à la réforme. Ces secteurs longuement renfermés dans le refus sont devenus favorables à l’action politique dans le cadre de la compétition politique libre et ouverte. Ils sont également devenus plus sensibles aux recettes du système économique libéral.
L’ouverture de l’UC, sa force de proposition et son souci de protéger l’expérience démocratique de toute congestion et de tout dérapage sont autant de contributions indéniables au développement politique de notre pays. Même nos adversaires ne nient pas aujourd’hui, notre apport à la concrétisation de l’alternance au Maroc. Nous l’avons défendue et nous l’avons appuyée dans le cadre du consensus national.

Relance

Il est regrettable que notre contribution, que ce soit au niveau de l’encadrement de la génération post-indépendance, de la gestion de la chose publique, du parlement et de l’opposition soit systématiquement dénigrée par ceux qui n’évoquent que notre prétendu «lourd passif». Pourtant, nos adversaires politiques n’ont pas hésité, une fois au pouvoir, à puiser dans notre héritage les recettes susceptibles d’aider à la relance de l’économie. Hélas, ils n’ont pas réussi à assimiler ces recettes et à les promouvoir pour favoriser la prospérité dans le pays.
Le dialogue politique profond inauguré par l’UC, il y a 20 ans, est riche et plein de significations. Les conclusions des ateliers ouverts par l’UC ont favorisé l’émergence des valeurs progressistes et pionnières dans le contexte actuel. Valeurs jadis considérées par nos adversaires comme sclérosées et infructueuses.
Notre fierté s’inspire du succès de notre combat, au double plan politique et juridique, a immunisé notre pays des méfaits de la pensée de l’exclusion et de l’hégémonie qui a tant retardé le développement politique de notre pays. La souplesse avec laquelle nous agissons dans le champ politique, loin de toute vision partisane sectaire et en faisant prévaloir l’intérêt supérieur, est une leçon éloquente dans le militantisme authentique et producteur qui ouvre les portes du dialoque, de l’alternance, et du changement au lieu du blocage et du monopole de la vérité.
Les critiques du système libéral perçu, à tort, comme le retour de monopoles et la consécration des inégalités de classes sont réfutées par la réalité du libéralisme adopté par notre parti. Un libéralisme social et national enraciné dans la pratique quotidienne marocaine tolérante et ouverte sur son environnement et au monde loin du libéralisme sauvage qui enrichit les riches et appauvrit les pauvres ou du libéralisme de salons qui est resté prisonnier de la méditation intellectuelle et théorique et a préféré les postures de la théorisation de la liberté, et l’ouverture sans disposer des mécanismes propices à notre vécu quotidien, compatibles avec nos particularités nationales et des aspirations de notre peuple.

Libéralisme

Quel bilan pour l'UC après 20 ans de défense de l'Etat de droit, des valeurs de liberté, du libéralisme, de la privatisation et de la décentralisation? Il se résume, à mes yeux, en ceci: les détracteurs du choix global sont, plus que jamais, réduits à remettre en question leurs idées préconçues et s'aligner sur les valeurs et idéaux promus et prêchés par l'Union constitutionnelle. La crédibilité de l'UC en sort renforcée, d'autant plus que le souci du parti de feu Maâti Bouabid de faire prévaloir l'intérêt suprême du pays n'a été jamais pris en défaut. Face à la tentation du sectarisme et de l'égoïsme, notre parti, contrairement à beaucoup d'autres, a préféré rester fidèle à ses principes fondateurs.
Il a soutenu toute action destinée à développer et préserver la stature du Maroc au sein du concert des nations. Nos expériences, nos initiatives, durant 20 années d'action politique, sont autrement plus fructueuses pour les Marocains que celles d'autres protagonistes frappés de sclérose et incapables de s'adapter aux exigences du développement et de la démocratie.

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