Conseil d’administration de la Banque Commerciale du Maroc
Un style et une vision

Maîtres mots du projet d’entreprise de Khalid Oudghiri: Rajeunissement des équipes, choix du principe de gouvernance. Tout cela accompagné d’un règlement intérieur du conseil d’administration et d’une “charte de l’administrateur”.

Seddik Mouaffak

 

• Khalid Oudghiri, Pdg de la BCM.

 

Les conseils d’administration de la Banque Commerciale du Maroc (BCM) se suivent mais ne se ressemblent pas. Celui qui s’est réuni le 12 mars 2003 sous la présidence de Khalid Oudghiri reste historique à plus d’un titre. Depuis sa nomination, il y a deux mois, le jeune et dynamique président directeur général de la première banque du Royaume n’a pas mis beaucoup de temps pour imposer un nouveau style d’organisation et de management. Le tout dans le cadre d’une nouvelle vision, et à travers l’adoption d’un nouvel organigramme, qui «replace le client au centre des préoccupations de l’ensemble de la banque».
Le rajeunissement des équipes, le choix du principe de gouvernance sont les maîtres mots du nouveau projet d’entreprise signé Khalid Oudghiri. Ainsi, dans le cadre du nouvel organigramme composé de cinq pôles, deux nouvelles nominations sont intervenues: celle de Mohamed El Kettani et de Boubker Jai. Le premier a été nommé directeur général, responsable du pôle «Banque de financement et d’investissement», visant à accompagner les grandes entreprises marocaines et étrangères dans leur dynamique de croissance.
Quant au deuxième, il a été nommé directeur général, responsable du pôle «Banque de détail», dédié à la satisfaction des besoins des particuliers et des entreprises. Ce pôle, organisé autour des besoins des clients, s’appuie sur un réseau de 265 agences.

Rémunération

L’ensemble des moyens clientèle se trouve regroupé dans un troisième pôle appelé «supports &moyens» . Ce dernier ainsi que le cinquième pôle «Finances groupe» restent sous la responsabilité d’Ali Iben Mansour qui n’est autre que l’administrateur directeur général de la BCM. La nouvelle restructuration mise en place par Khalid Oudghiri et son équipe innove encore une fois en séparant la gestion du risque crédit de l’exploitation commerciale.
Sur ce pôle vient se greffer une inspection générale. Là aussi, l’équipe Oudghiri innove en adoptant les nouvelles modalités qui vont dorénavant régir le système de gouvernance de la banque. Trois comités ont été ainsi institués : le comité stratégique, le comité des risques et des comptes et le comité de rémunération. Le premier assure le pilotage du groupe BCM.
Le deuxième veille aux aspects de contrôle interne, de suivi des risques et du contrôle des comptes. Quant au troisième comité, il propose au conseil les critères de rémunération de l’ensemble de l’état -major de la banque.
En plus, une entité spécialisée veillera, quant à elle, au respect de la déontologie et au développement durable.
Au cours de la conférence de presse organisée le 14 mars 2003, Khalid Oudghiri n’a pas manqué de souligner que cette nouvelle organisation permettra à la BCM de disposer d’une vision plus claire pour les cinq prochaines années.

Dispositions

Cette restructuration est d’autant plus importante qu’elle s’accompagne de la mise en place d’un règlement intérieur du conseil d’administration et d’une charte de l’administrateur. Le règlement intérieur définit les modalités de composition, d’organisation et de fonctionnement du conseil d’administration de la banque selon les principes généraux du gouvernement d’entreprise ainsi que des dispositions législatives et réglementaires en vigueur. La charte de l’administrateur incorpore, quant à elle, l’essentiel des recommandations sur le gouvernement d’entreprise et regroupe l’ensemble des droits et obligations s’attachant à la fonction d’administrateur.
Cultivant plus que jamais ses valeurs fondatrices d’éthique, de performance et de citoyenneté, la BCM entend, avec cette nouvelle restructuration, se positionner comme le «champion national» de la banque et de la finance.


La BCM provisionne

Le conseil d’administration de la BCM qui s’est réuni le 12 mars 2003 sous la présidence de Khalid Oudghiri a annoncé un résultat net pour l’année 2002 de 27, 587 millions de dirhams seulement. Résultat net en baisse par rapport à l’exercice précédent, ce qui n’a pas manqué d’étonner beaucoup d’observateurs avertis.
Or cette contre-performance est tout simplement due au fait que le conseil d’administration a choisi de provisionner 1,2 milliard de dirhams. Certains analystes considèrent que la décision de Khalid Oudghiri est courageuse et correspond à une mise en conformité avec la législation de Bank Al Maghrib en matière de règles prudentielles. «Cette décision stratégique vise à hisser la banque aux plus hauts standards de la profession en matière de couverture du risque», indique le président directeur général de la BCM. «Pour être toujours plus prudent, transparent et préserver en permanence l’intérêt de nos actionnaires», souligne-t-il avec force.
Cette décision n’aura cependant pas d’impact négatif sur les fondamentaux de la BCM. Celle-ci dispose, en effet, d’un matelas financier assez solide. Les fonds propres sont à hauteur de 5,6 milliards de dirhams.
Exploitation
De même, avec son coefficient d’exploitation de 42,9% et son taux de couverture de 71,5%, la BCM se situe au niveau des meilleures banques internationales. Quant au produit net bancaire (PNB), il est en évolution continue depuis quatre ans, se situant à 2,427 milliards de dirhams, soit 6,5% de plus qu’en 2001.
Avec une part de marché dépassant les 16%, les dépôts de clientèle s’établissent à 42,2 milliards de dirhams.
Les crédits clientèle se situent, quant à eux, à 26 milliards de dirhams, soit une part de marché dépassant les 16%.
Au vu de tous ces résultats, le conseil d’administration, plus que jamais confiant dans l’avenir, proposera aux actionnaires, qui se réuniront le 30 mai 2003 en assemblée générale ordinaire, le versement d’un dividende de 27 dirhams par action au titre de l’exercice 2002. Au grand bonheur de tous les actionnaires.
S.M.

 

 

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