La CDG lance une offre publique d’achat des titres BNDE
Qui dit mieux ?

La CDG vient de concocter une sortie honorable aux actionnaires personnes physiques de la BNDE. Une offre publique d’achat, évaluée à 50 dirhams l’action, leur a été proposée par l’actionnaire de référence de la banque.

Youssef Chmirou

 

• Mustapha Bakkoury.

 

Le sort des titres détenus par les petits actionnaires a la BNDE (essentiellement les personnes physiques) est désormais connu. La BNDE, qui est en phase de devenir une banque d’affaires assujettie à la Caisse de Dépôt et de Gestion, a formulé une offre publique pour désintéresser les petits porteurs. À cet effet, une offre publique d’achat ( OPA ) a été lancée par la CDG, le 20 mars 2003, au prix de 50 dirhams l’action. Une série de conditions, légitimes selon l’actionnaire de référence, ont accompagné cette OPA qui s’étalera du lundi 24 mars au vendredi 18 avril 2003. En effet l’offre est destinée exclusivement aux personnes physiques pour les actions acquises avant le 1er mars 2003. C’est-à-dire avant que le plan de redressement de la banque n’ait été entamé. Ceux qui souhaitent donc se désintéresser des titres détenus du capital de la BNDE n’ont qu’à déposer leur demande auprès de Safa Bourse et du réseau d’agences de la BMAO et de la BNDE. Le dernier conseil d’administration de la banque en a décidé ainsi lors de la réunion du 6 mars courant pour le retrait du titre de la BNDE de la Bourse des valeurs de Casablanca. Pour rappel, le dernier cours avant la suspension de la cote sur le marché central avoisinait les 28,62 dirhams. La moyenne des cours en bourse sur 6 mois glissants à partir de la suspension de la cote est de 35,57 dirhams. Ce retrait, justifient les responsables de la CDG, est légitime et trouve son fondement dans le fait que le titre BNDE n’intéresse plus personne.

Intérêts

“La CDG s’engage à travers cette opération à préserver les intérêts de tous actionnaires, notamment les institutionnels, et le personnel de la banque”, a déclaré lors de la conférence de presse M. Kaïsse Ben Yahia, directeur de la communication du Groupe que dirige Mustapha Bakkoury.
La CDG qui reste l’actionnaire de référence impose les règles du jeu et envisage une sortie honorable aux actionnaires personnes physiques.
L'échec du redressement de la BNDE et les offres de privatisation formulées auparavant par plusieurs banques de la place justifient, entre autres, l’attitude des responsables de la CDG qui tourne autour du tour du redéploiement de la banque. En fait, dans une nouvelle conjoncture bancaire en rupture avec le mode de spécialisation et de financement des organismes financiers publics, la BNDE a cherché, depuis le début des années 90, à élargir son champ d'intervention sans se départir de sa mission principale de promotion et de financement de projets.
Aussi, s'est-elle dirigée vers des marchés en éclosion et des créneaux à forte valeur ajoutée en tentant de développer l'activité de banque commerciale et de stabiliser ses interventions dans une plus grande sélectivité des projets financés.
Résultat : la BNDE a subi au titre de l’exercice 2001 une perte de 1,1 milliard de dirhams, ce qui a absorbé les fonds propres de la banque. D’où l’adoption par le gouvernement d’un plan de sauvetage qui consiste à confier la gestion et l’organisation à la CDG et le réseau d’agences commerciales à la CNCA.

 

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