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Livre de
A. Jebrou sur les consultations franco-marocaines d'Aix-Les-Bains L'auteur, qui a longuement côtoyé les principaux leaders de l'indépendance marocaine, focalise son récit sur le cheminement des événements, ultérieurs à la déposition et à la déportation du Sultan Mohammed Ben Youssef, en août 1953, qui avait mené à la libération du Royaume.
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Aix-les-Bains:
dossiers et faits. Ce titre du dernier ouvrage du journaliste marocain
Abdellatif Jebrou est réducteur. L'ouvrage de 270 pages, publié
en arabe chez Exel Print, ne traite pas uniquement des décisives
consulations franco-marocaines organisées, fin août 1955,
dans la paisible localité d'Aix-Les-Bains à la veille du
crépuscule de la colonisation française au Maroc. Il aborde
toute la période du protectorat français au Royaume à
travers ses réalisations et ses méfaits; ses relais et ses
contestataires. Cheminement La longévité
de sa carrière, qui n'avait pris fin qu'avec le départ du
colonisateur, en 1956, et surtout celle de son âge, qui aura largement
débordé les 110 ans, ont toujours intrigué ses compatriotes
ma marocains tout comme ses maîtres français. Quand un ancien
ministre français des affaires étrangères, raconte
Abdellatif Jebrou, a demandé, un jour, au Grand Vizir quels étaient
les secrets de cette éternelle vieillesse qui ne se mue jamais
en sénilité, la réponse fut osée et franchement
amusante: J'ai souvent consommé des produits laitiers, observé
les ablutions rituelles et je me suis, toujours, adonné au sexe
avec frénésie!" Rétablissement Ainsi, ils
proposent, pour la première fois, des discussions exploratoires,
à Aix-Les Bains en France, aux acteurs politiques marocains.
Malgré les objections du leader istiqlalien, Allal Fassi, réfugié
alors au Caire, qui partage avec le Tunisien Salah Ben Youssef et le héros
du Rif, Abdelkarim Khattabi, le souci d'une libération simultanée
de l'ensemble du Maghreb et qui refuse de s'asseoir aux côtés
des marionnettes" marocaines de Paris, invitées également
à Aix-les-Bains, l'idée française allait faire son
chemin. Mehdi Ben Barka et Mohamed El Yezidi quittent le Maroc, 20 août
1955, pour rejoindre Omar Benadeljalil, Abderrahim Bouabid et M'hamed
Boucetta en France. Ils formèrent la délégation du
parti nationaliste. Ils prennent la précaution de prévenir
les Français qu'il n'est pas question pour eux ni de négocier
de la crise marocaine -cela exige comme préalable le rétablissement
du Sultan Mohammed Ben Youssef, dépositaire de la souveraineté
nationale, dans son trône - ni de s'asseoir, autour de la même
table, avec les chefs traditionnels marocains, relais du protectorat,
invités à Aix-Les-Bains. Enchaînement Lors des
consulations, la préséance sera accordée aux clients
du protectorat: La première personnalité avec laquelle le
comité ministériel français, présidé
par le chef du gouvernement, Edgar Faure, entama, le 22 août 1955,
les consultations fut l'inamovible Grand vizir, El Mokri. Il sera suivi
par les Caids et les Pacha, les nationalistes modérés,
du genre Fatmi Benslimane et Abbas Tazi, les représentants de choura
et l'Istqlal. Ce n'est que trois jours plus tard, que viendra le tour
des délégués de l'Istiqlal. Abderrahim Bouabid loue
la contribution française dans la renaissance du Maroc et sollicite,
courtoisement, l'appui de l'Hexagone pour l'émergence dans le vieil
empire d'un Etat libre et Souverain". Subjugué, le chef
de la diplomatie française, Antoine Pinay fuse: La France
n'a dautres objectifs que ce que vous venez d'énoncer. Il
ne reste qu'à fixer les étapes pour y parvenir". Pourtant,
l'échange achoppe sur une question centrale; les Français
se montrent intraitables sur le retour au Trône de Mohamed Ben Youssef,
exigé par les nationalistes. Mais, devant l'enchaînement
des événements, comme le rappelle Abdellatif Jebrou, Paris
lâche du lest. Le 1er octobre 1955, le Sultan fantoche, Ben Arafa
abdique"; 16 novembre suivant, feu Mohamed V, victorieux, regagne
son Royaume qui recouvre, le 2 mars 1956, son indépendance. Une
triste page est tournée.
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