Le parti de l'Istiqlal à la veille de son 14ème congrès national
Le pari démocratique

Longues veillées nocturnes, conciliabules interminables, les élites istiqlaliennes sont totalement tournées vers l'échéance du 14ème congrès national du parti. Prévue les 28, 29 et 30 mars, la grand messe du vieux parti nationaliste mobilise tout le monde.

Abdallah Ben Ali

 

• Abbas El Fassi.

 

Après les congrès régionaux et provinciaux, les quinze commissions sectorielles, mises en place pour élaborer la plate-forme du congrès, ont terminé leurs travaux. Quant à la grande commission préparatoire des 14èmes assises nationales du PI, elle est à pied d'œuvre. Son président, Abdelhaq Tazi, qui est également le président du groupe istiqlalien à la chambre des conseillers, arbore une sérénité et un optimisme à toute épreuve.
Il semble même fier de la nature des documents élaborés par la commission sectorielle et surtout du rapport général qui sera soumis aux congressistes (une nouveauté pour ce congrès) avec le traditionnel rapport moral du secrétaire général du parti de Allal Fassi.

Recentrage

A l'en croire, ce document, qui va servir de feuille de route pour la vieille formation nationaliste durant les cinq prochaines années, dégage des solutions concrètes aux problèmes majeurs du pays. La consolidation et l'approfondissement de l'acquis démocratique y côtoie la résorption du chômage et la relance des grands travaux. Bref, un véritable projet de société estampillé PI. Ce travail d'actualisation et de recentrage du programme politique du parti devait être effectué lors du dernier congrès, réuni en 1998. Mais l'actualité politique dominée, à l'époque, par la formation du gouvernement de l'alternace, dirigé par le leader de l'USFP, Abderrahmane Youssoufi, en avait décidé autrement.
Sortis, quelques semaines plus tôt, "grands perdants" de législatives qualifiées, par eux, de "falsifiées" avec seulement une trentaine de sièges, devancés par la naissante formation de Mahmoud Archane, les Istiqlaliens devaient prendre leur mal en patience pour ne pas "lâcher" leur allié socialiste et surtout "fâcher" le Palais soucieux de leur participation à la nouvelle expérience. Les esprits n'étaient donc pas préparés pour une refondation de la plate-forme du parti. Aujourd'hui, outre l'actualisation du programme, les militants du PI entendent remettre en cause leurs statuts. On parle d'un amendement qui rend obligatoire l'élection de tous les membres du Conseil national du parti, instance délibérative qui choisit le secrétaire général et le conseil exécutif, par le congrès national. La raison de ce nouvel apport est claire: faire prévaloir, au sein du vieux parti, une totale démocratisation interne perçue, unanimement, comme la meilleure garantie de l'unité des rangs de la formation dirigée, actuellement, par Abbas El Fassi.

Garantie

Beaucoup des militants espèrent que les prochaines assises nationales de l'Istiqlal permettront une mobilité des élites au sein de cette formation. Nombreux sont ceux qui souhaitent voir l'instance exécutive du parti purgée d'une vieille garde qui a fait son temps. “Dans notre formation comme dans les autres partis nationaux la démocratisation va de pair avec le rajeunissement” soutient un membre éminent de la jeunesse istiqlalienne.
Mais, d'ores et déjà, il est clair que cette vague annoncée ménagerait, du moins, le leader du parti, Abbas El Fassi. Le ministre d'Etat devra, selon toute logique, succéder à lui-même à la tête du PI. Ses arguments en faveur de la nature de la participation du parti au gouvernement Jettou ne sont plus guère réfutés et personne, à l'Istiqlal, ne lui en veut vraiment pour l'affaire des faux-emplois d'Annajat.


La société civile marocaine intervient dans l'affaire du Sahara
L'autre alternative

 

 

La classe politique marocaine risque d'en rougir. Comblant le déficit d'initiative et d'imagination caractéristique, ces dernières années, des hommes politiques nationaux, la société civile marocaine vient de soumettre, aux plus hautes autorités du pays, des propositions pour le règlement définitif de l'épineux problème du Sahara. Initiée par le président de la fondation Zagoura, Noureddine Ayyouche, cette démarche aurait rassemblé les figures les plus emblématiques du monde associatif au Royaume.
Interrogé sur la question, mercredi 26 février lors de son passage à l'émission “Fi Al Wajiha" de Malika Malek sur 2M, Abdelali Benamor, le fondateur d'Alternatives, n'a pas voulu révéler la teneur exacte de ses propositions. Il a toutefois indiqué que celles-ci ne remettent pas en cause la souveraineté du Royaume sur ses provinces sahariennes.

Convictions

Et qu'elles sont inspirées par quelques convictions de base: “pas de solution au Sahara sans l'ébauche d'une intégration au Maghreb; pas de solution au Sahara sans une réelle démocratisation de tous les Etats de la région; toute recette (autonomie) envisagée dans les provinces sahariennes du Maroc devra être applicable et appliquée dans les autres régions du Royaume". Les initiateurs de cette démarche entendent lui réserver une promotion à l'échelle maghrébine. A l'occasion de l'anniversaire de la fameuse réunion des mouvements maghrébins de libération, en avril 1958 à Tanger, les dirigeants de la société civile marocaine vont organiser, le mois prochain dans la ville du Détroit, un colloque maghrébin.
Les invitations seront adressées à des intellectuels, universitaires, et humanitaires en provenance des cinq pays de l'UMA. Mieux, les organisateurs semblent prêts à associer à cette rencontre panmaghrébine des Sahraouis venus des camps de Tindouf.
Contacté par cette publication, Noureddine Ayyouche, a balayé d'un revers de main les soupçons suscités par l'éventualité de la présence, au Maroc, des “séparatistes" s'affichant en tant que tels. Ce ne serait pas, à l'entendre, une première brèche dans l'unanimité nationale sur la question du Sahara. Car, explique-t-il, “notre projet ne remet aucunement en cause la souveraineté du Maroc sur ses provinces sahariennes". Cela dit, l'homme semble convaincu des vertus du dialogue y compris, et peut-être surtout, avec des personnes vraiment soucieuses des intérêts de la population des camps de Lahmada.
ABA

 

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