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10.000 secousses.
Cest le nombre de séismes qua connus le Maroc durant
le XXème siècle. Ce chiffre serait 3 à 4 fois supérieur
si le réseau de détection était étoffé.
Le 18 février 2003, Une secousse tellurique d'une magnitude de
4,3 degrés sur l'échelle ouverte de Richter a été
enregistrée mardi en début d'après-midi à
Al Hoceima rapprote le Centre national pour la recherche scientifique
et technique. L'épicentre de la secousse, survenue à 13h09mn39sec,
se situe au large d'Al Hoceima, précise la même source. Ce
séisme a été a été ressenti par les
habitants des différents quartiers de Nador.
Les deux précédents tremblements qui ont eu lieu fin 2002
à Tanger et à Marrakech auront fait plus de peur que de
mal, bien que londe du séisme ait été ressentie
à des kilomètres à la ronde.
Linquiétude suscitée par les séismes qua
connus le Maroc durant la dernière décennie pose, à
juste titre, la question suivante: Notre pays est-il situé dans
une région à forte activité sismique?
Repères
Selon le
Dr Taj-Eddine Cherkaoui, géophysicien-sismologue et professeur
à lUniversité Mohammed V de Rabat, les séismes
sont surtout concentrés dans la chaîne atlassique et dans
la région dAl Hoceima, qui est la plus active. Selon
la carte sismique dressée par linstitut scientifique de Rabat,
les régions les plus exposées sont celles situées
dans laxe Agadir-Nord dEssaouira, dans la région dErfoud-Rissani
et dAl Hoceima.
La région dAgadir figure en tête de la liste des régions
à risque. Quant à celle dAl Hoceima-Nador, elle connaît
100 secousses en moyenne par an.
Laxe Casablanca-Kénitra, vivier économique du Maroc,
nest pas une région à sismicité forte.
Et sil y a un risque, il ne pourra lêtre que par rapport
aux séismes océaniques. Autrement dit, les secousses
qui se produisent au large de la côte atlantique pourraient engendrer
un raz-de-marée dévastateur, appelé Tsunami. Des
phénomènes similaires ont permis denregistrer des
vagues de plus de 17 mètres de hauteur. Quant aux régions
qui nont pas beaucoup dactivité sismique, elles sont
situées surtout dans lOriental, la région située
au Sud de Marrakech et le Sahara. Lécorce terrestre est composée
de plusieurs plaques qui, en se rapprochant ou en sécartant
tendent vers leur seuil de rupture. Une fois ce seuil atteint, elles peuvent
se déplacer ou céder en engendrant un tremblement de terre.
Plus la faille créée est importante, plus le séisme
est violent.
Recul
Ce dernier
est généralement accompagné dans les heures ou les
jours qui suivent de répliques. Lénergie du catclysme
se propage sous forme dondes sismiques à travers lécorce
terrestre. Au Maroc, les séismes sont surtout continentaux, mais
il nempêche que les séismes les plus meurtriers se
sont produits dans le golfe ibéro marocain.
Il a été lun des premiers pays dans le Maghreb à
sintéresser au phénomène des tremblements de
terre. Il a même formé plusieurs experts arabes dans ce domaine.
La première station de détection sismique a été
installée en 1937 à Berrechid. Linstitut scientifique
a pu ainsi tisser un réseau de 18 stations identiques à
travers le territoire vers le début des années 80. Aujourdhui,
il nen reste que cinq en service à Ifrane, Berrechid, Tiouine,
près de Ouarzazat, Tafourart et Tétouan. Sans oublier que
ces réseaux se révèlent vétustes en comparaison
avec ce qui se fait actuellement de par le monde.
Depuis le début des années 90, la création du Centre
national de recherche scientifique et technique (CNRST) a permis de renforcer
ce dispositif de veille avec 13 stations de détection fonctionnelles
sur les 20 dont il dispose. Le Pr. Ben Aïssa Tadili, géophysicien-sismologue
et membre du département de physique du globe à lUniversité
Mohammed V à rabat, note que le réseau actuel est
surtout concentré dans le nord du Maroc. Cest pour cela que
la plupart des données concernent cette région, par contre
les petits séismes qui se produisent dans le Sud ne sont pas détectés
de façon fiable.
Confrontés à cette réalité, les chercheurs
marocains sont ainsi obligés de consulter les sites internet duniversités
et dorganismes étrangers, pour savoir ce qui se passe au
Maroc. Le comble dans un pays qui avait plusieurs longueurs davance
sur plusieurs pays du pourtour méditerranéen. Les informations
concernant le tremblement de terre qui sest produit le 28 juin 2001à
Rabat étaient disponibles sur le site internet dune université
strabourgeoise 5 minutes après quil se soit produit.
Au Maroc, la logique sécuritaire et la peur de provoquer une panique
générale, ont toujours poussé les décideurs
à opter pour une approche politique, où laspect scientifique
est relégué au second plan. Le problème des
séismes est lié à la sécurité. Cest
un problème délicat. Vers le début des années
80, le Maroc avait le meilleur réseau de sismographes dans le bassin
méditerranéen et maintenant aussi bien léquipement
que lacquisition des données se sont dégradés,
déplore Dr. Cherkaoui. Même le CNRST na pu prêter
main-forte à lInstitut scientifique puisque seulement 30%
de son matériel sont fonctionnels.
Répliques
La démarche
adoptée par les autorités a dailleurs vite fait de
montrer ses limites. Le vendredi 23 octobre 1992, après le premier
séisme qui a touché la région de Rissani, les citoyens
avaient quitté leurs maisons pour sabriter à côté
des édifices qui pouvaient à tout moment seffondrer
sur eux. Quelques jours après avoir regagné leurs habitations,
la terre tremble de nouveau le 30 octobre. Un vendredi aussi.
La rumeur fait monter en épingle une croyance selon laquelle, le
prochain vendredi sera celui du jugement dernier. Et pour cause, quand
il ny a pas dinformation, cest la rumeur avec toutes
les catastrophismes quelle peut engendrer, qui prend la relève.
Les gens nont aucune confiance dans les autorités.
Il y a un grand déficit dinformation. Nous avons tenu des
réunions avec les citoyens pour leur expliquer que ces phénomènes
peuvent être prévus, constate Pr. Tadili.
Epicentre
Malgré
les efforts des autorités pour rassurer la population, seulement
50% rentre chez elle. Ce nest que le samedi quils se sont
sentis hors datteinte.
À Al Hoceima, une autre anecdote est édifiante sur la mal
information du public. Quand le tremblement de terre frappe cette ville
en 1994, les citoyens partent se réfugier dans un village de la
grande banlieue. Après les études faites par les experts,
il sest révélé que ce village était
lépicentre du séisme.
Partant du postulat, vérifié dailleurs, que là
où il y a eu un tremblement, il peut y en avoir un autre, la crainte
de voir un cataclysme de la même ampleur que celui dAgadir
de 1960 se reproduire nest pas exclue. Doù limportance
du respect des normes de constructionn parasismiques, pas dans cette région
seulement, mais dans tout le Royaume.
Si, pendant plus de vingt ans, ce fut le cas dAgadir uniquement,
le décret du 22 février 2002 portant Règlement de
construction parasismique (RPS) promulgué lété
dernier vient combler un vide pesant sur lequel se sont apesantis bien
des intérêts.
Les contructeurs rechignant à mettre la main à la poche.
Ainsi, les villes marocaines seront mieux protégées contre
les séismes, dautant plus que dici 2050, 80% du parc
logement seront des contructions faites selon les nouvelles normes.
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