Culture rassemblé par Najlae Benmbarek

Des chefs d’œuvre de la peinture marocaine à Tamuziga
Précieuse rétrospective

 

• Chaïbia.

 

La galerie Tamuziga du centre commercial Aswak Assalam, à Rabat, abrite jusqu’au 15 mars une exposition regroupant des chefs-d'œuvre rares de la peinture marocaine, sous le thème “anthologie éphémère”. Cette exposition est à mettre à l’actif de Faouzi Chaâbi, responsable du groupe Chaâbi et fondateur des Jamours. C’est dire si l’homme se passionne pour la culture.

Passion

Pour M. Chaâbi, «cette exposition est un double hommage: d’abord aux peintres marocains des années 50, 60 et 70, puis au grand collectionneur qu’était Abderrahmane Serghini». En effet, dans cette exposition, des toiles de Mohamed Kacimi, de Hassan Glaoui, d’Ajnakane, de Abdi, de Fatima Hassan, de Yacoubi, de Chaïbia, de Naciri côtoient celles de Hamidi, de Benâass Baghdad, d’Ibrahim Jbari, de Mohamed Melehi, de Chabâa, de Bakkali, Ahardane, Bellamine, Ouardighi, Belcadi, Mohamed Sarghini, Ikken, Balili, Omar Bouregba, Saâd Cheffaj, Moulah Ali, Ben Kammou, Miloud et Hamri.
Certaines toiles sont méconnues, d’autres difficiles à trouver, d’autres marquent les débuts d’artistes aujourd’hui reconnus au Maroc et à l’étranger. A côté des tableaux, un poster réalisé par Gharbaoui en 1967 pour annoncer une exposition à Tétouan.

• Mohamed Melehi.


«J’ai essayé de réunir à peu près tout ce qu’avait Abderrahmane Serghini», explique M. Chaâbi.
Cela fait deux ans que la galerie existe. «Nous la louons, entièrement équipée, aux artistes qui veulent exposer sans passer par le circuit des galeristes habituels», déclare M. Chaâbi.
Faouzi Chaâbi tient à mettre en exergue la personnalité de Abderrahmane Serghini, ce grand collectionneur, mort en 1990, qui était à la fois un grand amoureux de l’art et des artistes, et un fin connaisseur de la peinture.
M. Chaâbi insiste sur la valeur de cet homme qui est arrivé à faire aimer la peinture aux gens pendant les années 70. Cependant, en passionné d’arts plastiques, Faouzi Chaâbi regrette que les toiles de grands peintres que possédait Serghini aient été vendues, après sa mort, à des prix dérisoires. Aujourd’hui, cette exposition salue les efforts de Serghini pour faire connaître l’art pictural au Maroc. Mais, pour M. Chaâbi, «voir cette exposition aujourd’hui et recevoir les félicitations des personnes férues de peinture m’apporte une grande satisfaction personnelle».
Contiguë à la galerie Tamuziga, une salle a été aménagée pour accueillir de jeunes artistes, qui exposent et commercialisent leurs toiles.
L’initiative est louable et l’exposition à voir absolument.


“Le Fils de Mogador”, de David Bensoussan
Labyrinthe des souvenirs

 

• David Bensoussan.

 

David Bensoussan revient avec un livre différent de ceux qui font sa spécialité. Après avoir écrit des ouvrages scientifiques, il nous livre un travail littéraire paru aux Editions du Lys, tout en rendant hommage à sa ville natale, Mogador.
Cet hommage à Mogador se fait à travers l’œil d’Alain, qui revit ce que sa mémoire a pu retenir de sa ville. Des événements et des impressions en ressortent, marquant la personnalité du personnage.
A propos du Fils de Mogador, Asher Knafo commente: «David Bensoussan, auteur de cet excellent livre sur Mogador, n’avait que dix ans en la quittant. Trop jeune -dira-t-on– pour avoir des souvenirs de sa ville ou pour le moins, des souvenirs précis. Et, voulez-vous que je vous le dise? En effet, il n’en a pas! Il ne se souvient presque de rien! Mais quand il prend sa plume en main les voilà (les souvenirs) qui rappliquent! (…) Le Fils de Mogador, qui n’est autre que l’auteur, vous prend par la main (des fois à la gorge) pour vous emmener dans une promenade virtuelle mais fascinante à travers ce Mogador qui, cinquante ans après, hante toujours ses ressortissants”. Le fils de Mogador est une ballade dans la ville qui a marqué les souvenirs de David Bensoussan. Asher Knafo le décrite ainsi: “Vous voilà dans le Souk Jdid, buvant avidement les paroles des anciens et prenant parti pour telle ou telle position sur l’étymologie d’un mot dont on n’avait plus, depuis longtemps, souvenir ou bien, subitement devenus enfants, vous écoutez, sagement assis sur les bancs du Talmud Thora, les cours donnés. Vous visitez tour à tour le Fort portugais, les remparts de la Scala, la Place Publique, la Attara, vous passez par la rue du Consul Koury et vous vous recueillez avec le souvenir de Rbi Ms’eud Tamsot. Et, si vous êtes fatigués, asseyez-vous gentiment devant l’oncle Meyer, qui vous donnera une belle leçon d’histoire ou, si vous n’aimez pas l’histoire, allez donc au chapitre La Ala pour écouter avec ravissement cette belle musique qui prenait ses racines dans l’Andalousie”.
Né à Mogador, l’auteur a passé sa jeunesse au Maroc, vécut pendant dix ans en Israël puis s’établit au Canada en 1976 où il obtint un doctorat en génie électronique de l'Université Mc Gill à Montréal. Le Dr David Bensoussan est l'auteur de nombreux volumes didactiques en électronique. L'Histoire et l'archéologie sont sa passion et son passe-temps. A ses moments de loisir, David Bensoussan s'adonne avec passion à ces deux domaines. C’est cette même passion et cet attachement à sa ville natale qui motivent l’écriture de ce roman attachant et personnel.

Khaïreddine à l’honneur au printemps des poètes
La rime rebelle

 

• Mohamed Khaïreddine.

 

Du 10 au 16 mars, Fès et Meknès vivront des journées d’inspiration et de lyrisme grâce au Printemps des Poètes. Organisé par l’institut français de Fès-Meknès, le Printemps des Poètes rend hommage à Mohamed Kaïreddine, grand poète et romancier marocain, décédé en 1995. L’hommage est plus que bienvenu et le programme est plus qu’alléchant. Pierre Reynaud, directeur de l’institut français de Fès Meknès, explique le choix de Khaïreddine: «En ces périodes troubles, où planent mondialisation outrancière et conflits imminents, les poètes restent les garants d’une lecture mélodique de notre monde. Parmi eux, Mohamed Khaïreddine incarne une pensée et un engagement total, sans concession qui fit de lui le chantre et le martyr de la libre littérature marocaine».
Né à Tafraout (sud du Maroc), en 1941 dans une famille de commerçants, Khaïreddine a vécu à Agadir, à Casablanca puis à Paris où il anime des émissions radiophoniques pour France-Culture, publie et touche aussi au théâtre. Il est mort à Rabat, en 1995. Ses œuvres, interdites aux Maroc de son vivant, ont commencé à être rééditées en 2002.
Dans le premier numéro de la revue Souffles, Mohammed khaïreddine se présentait ainsi: «Né voici 24 ans à Tafraout.
Etudes secondaires. Fonction publique. Connais assez Agadir pour me permettre d'inventer "un petit séisme salvateur", dans un petit livre où “la ville semble plutôt disséminée, mais où les rescapés s'attachent profondément au moindre éboulis de leurs anciennes demeures..." Suis en France depuis 6 mois. Collabore à des revues françaises, belges, etc.... Ne désespère pas de la vie mais condamne violemment ses mastiqueurs qui abusent le plus souvent possible du frère pro-chain (pro-chien)».

Engagement

En ouverture de cette première édition, une lecture d’extraits de textes de Khaïreddine sera assurée par la talentueuse comédienne marocaine Salima Benmoumen. Mohamed Kacimi, poète et dramaturge algérien, fera une lecture en compagnie de Jean-Yves Picq, dramaturge et poète français, autour du dernier journal de Khaïreddine, On ne met pas en cage un oiseau pareil, qui sera aussi le thème d’un débat à la faculté de Lettres et des sciences humaines Moulay Ismaïl de Meknès autour de L’engagement poétique, engagement politique, le 12 mars.
Une soirée poétique arabe aura lieu le 12 mars à Meknès et le lendemain à Fès, avec notamment la participation des poètes marocains Allal Hajam, Mohamed Ben Issa, Ahmed Souhoum, Rachid Moumni, Mohamed Serghini et Mohamed Bennis.
Ce printemps des poètes sera couronné, le 14 mars à Meknès et le 15 à Fès, par une soirée soufie qui accueillera le spectacle “L’interprète des désirs”, à partir de poèmes théâtralisés. Un moment imprégné de spiritualité, nous promet-on.
Des ateliers d’écriture autour de la poésie seront animés par Annie Salager, les 10 et 11 mars à Meknès et par Benoît Conort les 14 et 15 mars à Fès.


Exposition à Casablanca des œuvres de Mohamed Drissi
Hommage posthume

 

• Mohamed Drissi.

 

Il était temps de rendre hommage à Mohamed Drissi, disparu le 8 janvier 2003 à Paris. Les amis de Drissi prêtent aujourd’hui des œuvres de l’artiste pour une rétrospective organisée par le Carrefour des arts, du 28 février au 8 mars.
Drissi, né en 1946 à Tétouan et considéré comme l’un des peintres les plus originaux de sa génération, a été emporté par une crise cardiaque alors qu’il arrivait à Paris, en résidence de six mois à la Cité Internationale des Arts. Son projet, lors de ce séjour à la Cité des arts consistait en une série d'installations de pelles qui devaient prendre place en face du Centre Beaubourg. Ironie du sort que de partir sans achever son œuvre. Une œuvre, reconnaissable entre mille, grâce à ces femmes singulières qu’il peignait, et à ces couleurs à part qu’il utilisait.
Pour Mouline El Aroussi, l'œuvre picturale de Drissi reste inclassable et appartiendrait, toutefois, à un courant qu'on peut qualifier d'expressionniste. La peinture de Mohamed Drissi est peuplée de corps androgynes, des corps qu'il essayait de dépouiller de leur chair pour ne laisser que la peau sur les os, avec des têtes toujours peintes sous forme de masques, laissant le récepteur coincé par ce paradoxe de vouloir rire et d'avoir peur, ajoute-t-il dans un entretien à l’agence MAP.
Mouline El Aroussi dresse d’ailleurs un parallèle entre Mohamed Drissi et Modigliani qui, en 1914, peignait des corps mais ne se positionnait ni dans l'impressionnisme qui touchait à sa fin à l'époque, ni dans l'abstrait naissant ni dans le cubisme qui dominait.
La sculpture de Mohamed Drissi va dans le même sens.
Dans un livre que lui a consacré la maison d'édition le Fennec, paru en 1999, Françoise Devalière écrit: “Drissi joue avec le pinceau, avec les formes, avec les matériaux. Il construit, découpe, colle, soude, burine. L'important c'est la forme, celle qui existe et qu'on transforme. Il est tantôt potier, tantôt ferronnier, ciseleur mais aussi taillandier, tanneur, tailleur”. Mohamed Drissi avait étudié les beaux Arts dans plusieurs écoles européennes et s’essayait à différents matériaux. Tanger était sa ville de prédilection.

• Festival
La 7ème édition du Festival National du Film aura lieu début mai prochain à Oujda, annonce vendredi un communiqué du Centre Cinématographique Marocain (CCM).
Le programme de ce Festival, initié en collaboration avec le ministère de la Culture, les organisations professionnelles dans le domaine du cinéma, la wilaya d'Oujda, les élus et les associations culturelles locales, “sera arrêté incessamment par le comité d'organisation et annoncé officiellement aux médias dès que possible”, précise le communiqué.
• Peinture
Les œuvres de l'artiste-peintre Maryam Belmkaddem sont exposées jusqu'au 5 mars à Rabat à la galerie de la Caisse de dépôt et de gestion (CDG). Native de Rabat, M. Belmkaddem a reçu une éducation appropriée et une instruction artistique aussi bien à la maison que dans les écoles pour enfants aux besoins spéciaux. Maryam arrive à dépasser son handicap pour livrer une exposition intéressante, à voir.
• Exposition
Des œuvres de l'artiste-peintre Ali Cherki sont actuellement exposées à l'espace Weimar (Goethe Institut de Rabat). Cette série de 23 tableaux, exécutés en couleur ocre durant l'année 2002, est baptisée “Après le 11".
• Soirée
“La chanson marocaine, point de rencontre de toutes les générations” est le thème de la soirée initiée par l'alliance des paroliers pour célébrer la manifestation “Rabat, capitale de la culture arabe 2002”. Cette soirée, prévue le 1er mars à Nadi al ousra, sera animée par les artistes Jamal Amjad, Aziz Housni, Mohamed Benhamou, Ahmed Sekouri, Mohamed Tanjaoui, Mohamed Khadir Raissouni et Abdellatif Bouayad.
• Presse
Miraat al joumhour (miroir du public) est le titre d'un journal d'actualité politique nationale qui vient de paraître à Kénitra, sous la direction de Brahim El Ouafi. Le journal, format tabloïd, se veut “une tribune pour la promotion d'une opinion libre". Dans sa première livraison, la publication traite notamment de la situation des prisons au Maroc, de la gestion des collectivités locales et des dangers de la pollution.
• Parution
Syllabes in Tashlhiyt Berber and Moroccan Arabic est l'intitulé de l'ouvrage en langue anglaise de François Dell et Mohamed El Medlaoui, qui vient de paraître aux éditions Kluwer Academic publishers.
L'ouvrage, de 400 pages, fait la part des choses au sujet des ressemblances et des différences entre deux systèmes phonologiques très proches l'un de l'autre. Les deux auteurs ont exploré aussi bien les données de la langue quotidienne que celles du chant et de la chanson pour le Tachlhiyt et celles de la qasida du malhoun pour l'arabe marocain.
• Film
Les femmes...ou les enfants d'abord est l'intitulé d'un film qui sera projeté, le 28 février (19h00) et le 2 mars (20h00) à l'Institut français de Rabat. Cette production de Manuel Poirier relate l'histoire d'un homme qui s'ennuie et rêve de changement. Les retrouvailles avec son ancienne compagne vont bouleverser sa vie.
• Colloque
Un colloque sur “la gestion de l'Université et la réforme pédagogique" est organisé jusqu’au 2 mars par l'Université Abdel Malek Assadi-Tétouan en collaboration avec l'Université de Toulon. La manifestation sera marquée par la présence d'une délégation représentant l'Université de Toulon, composée de fonctionnaires et de professeurs venus présenter l'expérience de leur établissement.
• Photographie
Les rencontres photographiques nationales ont lieu les 28 février et le 1er mars à l’hôtel Riad Salam de Casablanca. Cet événement, organisé par le magazine News Photo comprend un exposé sur la situation professionnelle des photographes au Maroc, la remise des prix aux lauréats du concours Agfa et des rencontres avec les sociétés exposantes.
• Animation
Des films d'animation seront projetés à l'Institut culturel italien à Rabat, du 1er au 4 mars. Au programme de ce cycle intitulé “voyage pour grands et petits dans le cinéma d'animation italien", on cite La Flèche bleue (1er mars), La Mouette et le chat (2 mars), Momo à la conquête du temps (3 mars) et Pimpa et le tapis volant (4 mars).

 

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