Mohamed Azbane, fondateur des produits cosmétiques Azbane
Parfum de famille

Azbane est une signature qui baigne depuis trente ans dans les belles senteurs. C’est aussi une «success story» qui s’est dotée de toute les technologies pour rejoindre la cour des grands. Portrait d’un manager autodidacte qui a réussi.

Mahjoub Haguig

 

• Mohamed Azbane.

 

Entre Azbane signature et Azbane nom de famille, il existe une histoire d’amour que la passion des parfums et des onguents perpétue depuis trois décennies. C’est dire que la volupté des belles senteurs a aguiché Azbane, qui, à son tour, a réussi à transmettre sa fascination au reste de la petite famille. Aujourd’hui, tous s’attellent à continuer le travail initié par leur père depuis les années 70.
Belle épopée qui a pourtant mis du temps et nécessité l’acharnement et le travail de son initiateur. «Il est né pour faire ce métier», confie sincère Khalida Azbane, sa fille aînée et actuelle directrice générale de Azbane SA.
Khalida Azbane, 41 ans et mère de trois garçons, est en admiration pour le patriarche de la famille. En parlant du parcours de son père, ses yeux pétillent d'enthousiasme et d'admiration. Ce sont des années de labeur et de rigueur qui ont ouvert la voie de la mondialisation à la griffe de son père. Le savoir-faire fut acquis en quelques années de formation sur le terrain grâce à l'initiative et aux améliorations perpétuelles.

Transmission

Issu d'une famille modeste, de la région de Taroudant, Azbane, né en 1943, quitte son village à l’âge de 13 ans, destination Marrakech. Il débute sa carrière chez un détaillant de parfum. Très vite, il gagne la confiance du propriétaire et élargit les activités du magasin. À 14 ans, il devint le gérant de la petite affaire, compte tenu des résultats réalisés depuis son arrivée. En 1961, il crée son premier parfum, inspiré des senteurs du magasin qu’il gère. C’est la naissance de «Khalida», baptisé au nom de sa fille aînée. «J’en garde jalousement quatre flacons. C’est mon legs le plus précieux».
En 1965, il est convaincu que son négoce ne peut s’agrandir que dans une mégalopole comme Casablanca. Aussitôt décidé, aussitôt exécuté. La première société voit le jour la même année avec un capital estimé à 200.000 dhs. Mais ce n’est qu’en 1970 qu’il dépose sa signature. La griffe Azbane est née.
Au début, la marque se contente d’importer des produits finis d’Europe. Dix ans plus tard, la société se dote de sa première unité de production. «Mon père a cette vision futuriste des choses. À l’époque son initiative était tout simplement taxée d’aventure. Une belle aventure qui ne tarde pas à donner ses premiers fruits», explique Khalida Azbane.
Perfectionniste, Azbane pousse l’aventure à bout et dote son usine d’une unité de transformation de matières plastiques pour optimiser ses activités. En effet, depuis, 1986, date de la création de son nouveau laboratoire, la marque Azbane était le seul laboratoire de produits cosmétiques, parfumerie, de produits de soin et de beauté et produits d’accueil, à maîtriser toute sa chaîne de production. «Il a le souci permanent d'améliorer les processus de production et de développer les compétences de ses unités de fabrication, toutes gammes confondues ».
Homme de terrain, il a aussi fait de la prospection de nouveaux marchés son nouveau défi. Ces dernières années, il concentre ses efforts sur son métier de prédilection: ouvrir de nouveaux horizons aux produits de sa griffe. Aujourd’hui, les produits Azbane sont distribués notamment sous les marques Prenventissimo, Alin Cheffer, Royal, Marie-France… à partir de son bureau sis aux Champs Elysées, à Paris. La marque dispose également de plusieurs importateurs distributeurs agréés dans les marchés étrangers.

Leader

Pour les produits d’accueil, Azbane est leader sur le marché national, et continue d’élargir ses activités dans ce domaine à d’autres marchés étrangers (Maghreb, Moyen-Orient, Afrique de l’ouest et Europe).Une activité couronnée par des contrats signés avec les plus grandes chaînes hôtelières internationales telles que Sheraton, Hyatt Regency, Holiday Inn, Safir, groupe Accor, Melia hôtels, Hilton, etc.
Aujourd’hui, Azbane, le fondateur de la marque, vit entre Paris et Casablanca. Il se consacre totalement à sa nouvelle mission, en confiant à ses enfants la gestion et le fonctionnement de sa société au Maroc . «Il a réussi à nous transmettre son amour pour la volupté et à nous inculquer les valeurs essentielles qui ont régi sa vie».
Ces mêmes valeurs qui font que les héritiers acceptent aujourd’hui que ce soit la sœur aînée qui dirige l’affaire. Elle détient tous les pouvoirs pour mener à bien les activités d’Azbane SA. «Certes ça ne m’empêche pas de dormir, mais je ressens le poids d’une grande tâche que je dois accomplir dans les meilleures conditions». Sa fascination pour son père, aimé pour ses qualités humaines et professionnelles, ne l’empêche pas pour autant d’initier d’autres méthodes de travail, fruit de sa formation, d’abord en tant que nez à Montpellier, et ensuite au Japon, pour les besoins de la gestion administrative.

Fascination

Sa touche est détectable à l’entrée du siège. Tout le monde est vêtu de blanc, hommes et femmes. Ici, souligne la directrice générale, le seul critère de mérite est le travail et la rigueur. Deux notions sagement apprises au contact de son père, elle a commencé à mettre les pieds dans l’usine à l’âge de 7 ans, et rigoureusement appliqués au sein de la société qu’elle gère.
Mélange subtil d'autorité et d'écoute que le père a inculqué au reste de la famille: Khalida, Khalid, Said, Saida et, le plus jeune, Hicham. «À la lumière de la formation que nous a inculquée mon père, je vois l’avenir dans la solidarité de la petite famille, pour le nom de la famille. Ensemble, nous pourrons atteindre les objectifs que Azbane a tracé pour son entreprise à ses débuts: promouvoir la griffe et conquérir de nouveaux marchés internationaux, tout en consacrant plus d’intérêt au marché national. À terme, nous espérons partager nos efforts entre le Maroc et le reste du monde».
Le nez de la maison a certes cette mémoire olfactive indéfectible, mais elle cultive aussi une autre mémoire, constamment nourrie du parcours «exemplaire» de son père. Le culte d’Azbane hante l’entreprise, tout comme son portrait qu’on retrouve dans chaque bureau de ses enfants. La relève est assurée.

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