Culture rassemblé par Najlae Benmbarek

Comment réformer l’administration, par Bruno Suzzarelli
“Il n’y a pas de recette miracle”

 

• Bruno Suzzarelli.

 

L'expérience française en matière de réforme et de modernisation de l'administration a été exposée lors d'une conférence donnée mardi 21 janvier à Casablanca par Bruno Suzzarelli, directeur de l'administration générale au ministère français de la Culture et de la Communication. Cette conférence, sous le thème “la modernisation de l’État” était organisée par l’institut français de Casablanca en partenariat avec l’université Hassan II et le Centre Jacques Berque. Bruno Suzzarelli était tout indiqué pour parler de réforme. Diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris, et titulaire d’un DES en droit public, il a été nommé chef de la mission “gestion publique” au Commissariat de la réforme de l’État, où il a eu en charge de grands dossiers comme la relation avec les usagers, la gestion des ressources humaines ou les systèmes d’information.
Sujet d’actualité qui a donné lieu à un débat des plus intéressants, la réforme de l’Etat s’imposait comme thème. Car la modernisation de l’action publique, et en particulier de l’État est une priorité pour de nombreux gouvernements en Europe, comme dans le reste du monde. Les mots d’ordre sont déconcentration, décentralisation, simplification des procédures administratives.

Simplification

Ainsi, M. Suzzarelli a parlé de cette réforme, qui a été entamée depuis une quinzaine d'années dans l'Hexagone. Il a insisté sur la nécessité d’une meilleure adéquation entre le coût et l'efficacité du service public et l'exigence de performance et de compétitivité du pays où l'administration joue un rôle clé. Mais il a insisté sur le fait qu'il “n'y avait pas de recette miracle" dans ce domaine et que “personne ne peut prétendre détenir la vérité sur ce sujet". Retraçant l’expérience française, M. Suzzarelli a rappelé la création d'un comité de pilotage interministériel pour définir les orientations générales, la création d'un ministère de l'Administration et de nombreuses commissions pour “réfléchir et préparer les décisions à prendre" ou encore la désignation au sein de chaque ministère d'une personne chargée de la réforme, personnes qui se sont constituées en “réseau modernisation".
M. Suzzarelli a souligné les règles d’or pour lutter contre la complexité et l'inefficacité. La simplification des procédures, s'est avérée “une mission loin d'être aisée, du fait de la complexité et de la multiplicité des tâches de l'Etat", a souligné le conférencier.
Pour M. Suzzarelli, l'administration doit se rapprocher des citoyens à travers le redéploiement, en incitant le départ de fonctionnaires des administrations centrales vers les périphéries, par l'octroi de nouvelles compétences aux collectivités décentralisées et la déconcentration des pouvoirs vers les services territoriaux. Enfin, le conférencier a noté que l'efficacité concerne la gestion des affaires publiques et celle des ressources humaines. Chantier énorme qui attend le Maroc.


“Sous la voûte céleste”, de la Compagnie du hasard, en tournée
L’Ancien Testament, autrement

 

L’Ancien testament a toujours inspiré les artistes de tous bords. Cette fois-ci, c’est pour une adaptation sur les planches, signée Danièle Mary. C’est l’institut français de Casablanca qui parraine cette représentation, qui aura lieu le jeudi 30 et le vendredi 31 janvier à Casablanca avec l’intitulé “Sous la voûte céleste”, d’après la Genèse et d’autres fragments de l’Ancien Testament. Cette pièce fera aussi un peu le tour du Maroc puisqu’elle sera à Rabat le 4 février puis à Oujda le 7. Pour “Sous la voûte céleste”, Danièle Mary a travaillé sur une partie de l’Ancien Testament, et plus précisément celle de la naissance d’Adam à la mort de Salomon.

Histoires

Il va sans dire que l’on retrouve dans cette adaptation tous les personnages mythes avec leurs histoires extraordinaires et fascinantes. Mais comment a surgi cette drôle d’idée de faire une pièce à partir d’un texte aussi particulier? “J’ai eu envie de partager avec le public le plaisir trouvé lors de la lecture du Livre, de partager la jubilation des histoires qui nous sont communes, qui nous dépassent et qui nous obsèdent depuis des millénaires" explique Danièle Marty. “Les extraits choisis privilégient la succession effrénée des aventures, le défilé du temps, des générations, des embûches, des fuites et des retours au pays, le mouvement continuel, seule solution que l’homme ait trouvée pour échapper à la malédiction. Le choix de la succession des séquences ainsi que la litanie invraisemblable des lois finit par provoquer le comique", peut-on lire dans la présentation de la pièce.
Sur les planches, on retrouve Danièle Marty, qui a décidément plus d’une corde à son arc, mais également Kader Bensekrane et Bénédicte Flatet.
Jeudi 30 janvier à 20h30 et vendredi 31 janvier à 15h à l’IF de Casablanca
Mardi 4 février à 20h à la salle Bahnini à Casablanca.
Vendredi 7 février à la salle Ziri Ibn Attia à 19h30 à Oujda.


Salon du Livre de Tanger, jusqu’au 27 janvier
Ecrire l’avenir

Le SILT est placé cette année sous le thème "Ecrire l’avenir à la lumière de l’histoire". Thème qui suscitera à coup sûr des débats intéressants.

 

• Zakia Daoud.

 

La 7ème édition du Salon international du livre de Tanger (SILT) a démarré le mercredi 22 janvier par le vernissage de l’exposition “Maroc contemporain: peinture et livres d’artistes" à la galerie Delacroix, parallèlement au vernissage d’une exposition sur “Les écritures du Maroc". La fête du Livre est donc aussi la fête des autres arts, comme nous l’avions précédemment annoncé sur nos colonnes.
Ainsi, la découverte de livres et d’auteurs sera aussi l’occasion d’écouter de la belle musique, de la poésie et de voir des œuvres plastiques qui valent le déplacement.

Histoire

Le SILT est placé cette année sous le thème “Ecrire l’avenir à la lumière de l’histoire". Thème qui suscitera à coup sûr des débats intéressants. Lorsqu’on jette un coup d’œil sur le nom des participants, on n’en doute pas une seconde.

• Mohamed Choukri.


Ainsi, les tables rondes rassembleront une pléiade d’intellectuels tels George Steiner, Pierre Vermeren, Mohamed Arkoun, Mohamed Tozy, Zakia Daoud, Mohamed Berrada, Mehdi Bennouna, Elias Sanbar et d’autres encore.
Parmi les thèmes au programme: Reconstituer une mémoire vraie, témoigner pour construire le XXIème siècle, Construire un avenir de paix transcendant les violences de l'histoire des peuples, Maroc: Une civilisation fondatrice, les ruptures politiques dans une société en évolution, Les utopies possibles du XXIème siècle, L’action humanitaire, le développement et la culture, Les jardins de mémoire… Le volet “rencontres” accueillera Mohamed Choukri, Edmond Amran El Maleh, Mohamed Arkoun, George Steiner et Claudio Magris.


Détour

Côté spectacles, le samedi 25 janvier, une soirée andalouse sera animée par des instrumentistes renommés tels le flûtiste Eduardo Paniagua, le luthiste Omar Métioui, le joueur de rebab Hamed El Gazi et le vocaliste Begona Olavide. La musique “jbala" est aussi au programme, toujours dans le but de faire connaître le patrimoine marocain dans sa diversité.
Plusieurs villes participeront à cette fête du Livre. Ainsi, en plus de Tanger, Tétouan, Larache et Chefchaouen accueilleront différentes manifestations. Les organisateurs ont prévu pour les habitants des autres villes des lignes de bus à des tarifs réduits. Le livre vaut bien un petit détour.


aTrimestre varié à la Villa des Arts
Pour tous les goûts

La Villa des Arts de la Fondation ONA (30, Bd Roudani, Casablanca) propose pour ce trimestre toute une gamme d’activités pour tous les âges.
Outre les visites guidées de l’exposition permanente de la Villa, on a droit à toute une série de colloques. Ainsi, le jeudi 30 janvier, Ahmed Skounti, docteur en anthropologie, parlera de patrimoine montagnard aux multiples visages à travers la région d’Aït Bou Guemmez. Jeudi 6 février, le directeur de l’Ecole Nationale d’Architecture et Président de l’ICOMOS Maroc, Abderrahmane Chorfi, donnera une conférence sur les architectures régionales du centre sud.
Salima Naji, architecte et commissaire d’expositions, parlera, le jeudi 20 février de la vitalité d’un patrimoine en danger, thème qu’elle connaît bien et qui lui tient à cœur.

Ateliers

Tous les mardis et jeudis après-midi, des femmes du sud raconteront pour tous les publics des légendes du Maroc. Françoise Benomar, docteur en histoire de l’Art, invite tous les intéressés à son cours sur l’Art Moderne. Rendez-vous est donné tous les mardis de 18h30 à 20h30. Les enfants de 8 à 10 ans pourront s’essayer au métier d’acteur devant la caméra dans le cadre d’ateliers payants tous les jeudis de 17h15 à 18h15 avec Othman Mekouar. Un autre atelier pour enfants, mais de théâtre cette fois, sera animé tous les lundis en fin d’après midi par Brahim Bihi. Au cours de cet atelier, les enfants apprendront, entre autres, à confectionner des marionnettes. Côté arts plastiques, Nora Komiha propose aux adultes tous les lundis après-midi, des ateliers de croquis, de peinture et de dessin.
Les enfants apprendront, à partir de mars prochain, et tous les samedis matin, avec Ouafaa Mezouar à peindre, mais aussi à faire de la poterie et de la tapisserie. A côté de ces activités, la Villa des Arts propose des films vidéos sur l’art, pour consultation sur place.


• Livre
La 35ème édition du salon international du livre du Caire verra cette année la participation de près de 3.600 éditeurs de 97 pays, dont le Maroc. Ces éditeurs présenteront jusqu'au 6 février quelque 4 millions de livres. Pour le Maroc, une délégation du ministère de la Culture, composée de Mounia Ennajar, directrice du livre, des bibliothèques et des manuscrits et Mostafa Daou, chef de la division de la généralisation du livre supervise le stand marocain. Cinq maisons d'édition marocaines participent à ce salon, qui sera marqué par de nombreuses conférences, animées par des penseurs et intellectuels.

• Concerts
Le chanteur égyptien Ihab Tawfik donne deux concerts à Casablanca. Le premier le vendredi 24 janvier à la salle Riad Salam et le samedi 25 janvier à la salle couverte du complexe Mohammed V. Ces concerts sont organisés par Leicester Tours en partenariat avec Maroc Telecom.

• Musique
Le centre culturel de l’Agdal abrite le jeudi 30 janvier une soirée de musique classique. Le spectacle démarre à 19h. le lendemain, le centre propose la projection d’un film intitulé “15 Août”, un film de Patrick Alessandrin, avec Jean-Pierre Darroussin, Richard Berry et Charles Berling.

• Roman
L'Institut Cervantes organise le 30 janvier une cérémonie de présentation de la nouvelle édition du roman La Vie morose de Juanita Narboni, d'Angel Vazquez, suivie de la projection du film de Javier Aguirre (1981).

• Soirée
L'ensemble des anciens Rouaïs, dirigé par l'artiste M'hamed Damou, animera, le 23 janvier courant à partir de 20h30 au théâtre Mohammed V à Rabat, une soirée musicale amazighe.

• Rencontre
La ligue des paroliers du Maroc organise les 25 et 28 janvier deux rencontres avec une pléiade d'artistes, dans le cadre de ses préparatifs de la manifestation “Rabat capitale culturelle arabe2003". “ne cérémonie de signature du recueil “Dons du coeur" du poète Mohamed Fouini aura lieu à partir de 15H00 à la salle Bahnini à Rabat alors que la deuxième rencontre se déroulera à Nadi Al Ousra à Rabat (18h).

• Commémoration
L'Orchestre marocain de musique arabe anime le 31 janvier courant, au Complexe culturel Mohamed Zafzaf à Casablanca, une soirée musicale en commémoration du 28ème anniversaire de la disparition d'Oum Kalthoum. L'orchestre, qui sera dirigée par Salah Morceli Cherkaoui, exécutera des chefs d'œuvre sélectionnés parmi les succès de la regrettée diva de la chanson arabe, dont des compositions interprétées en solo.
Ainsi sont prévus au programme de ce concert, des morceaux qui ont jalonné le parcours exceptionnel d'Oum Kalthoum, tels “Kam baâthna maâ annasimi salama", “Ahli al-hawa" , "Roba'îat al-khayam" .


• Photographie
Le Goethe Institut présente jusqu’au 24 janvier au complexe culturel Sidi Belyout de Casablanca une exposition de photographies d’Eva Haeberle, intitulée “Portraits de femmes”. Cette exposition est le fruit d’un atelier de photographie menée par l’artiste au profit des étudiants de l’école Art’Com de Casablanca. Elle présente des photos de jeunes femmes marocaines à côté de leurs mères et captent les mutations de la société marocaine.


• Exposition
L’institut français de Marrakech abrite jusqu’au 28 février une exposition de photographies de Sylvie Bernard intitulée “Au Maroc, portraits de Marrakech à Goulmime”. Sylvie Bernard a choisi le portrait de plein pied pour mettre en situation des hommes et des femmes. Ses photographies sont des instants de la vie de tous les jours, figés avec justesse par un œil attentif, sans voyeurisme mais avec respect et complicité.


• Cinéma
Les instituts français du Royaume proposent un cycle du cinéaste Jacques Tati, à ne pas rater. A Marrakech, Mon oncle et Play time seront projetés le mercredi 29 janvier à partir de 19h, Soigne ta gauche et L'Ecole des facteurs, Au-delà de Play time et Forza Bastia 78 le vendredi 31 janvier.


• Conférence
Une conférence sur “les clés du roman espagnol contemporain: Camilo José Cela et Juan Benet" sera animée par Eduardo Chamorro et Mariano Antolin le 31 janvier à la bibliothèque de l'Institut Cervantes (19h).

 

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