Culture rassemblé par Najelae Benmbarek

Entretien avec Yassine Adnane, écrivain et poète
Entre prose et poésie

Prix de la poésie de l’Union des Ecrivains du Maroc en 1998, Yassine Adnane récidive cette fois avec un recueil de nouvelles intitulé, “Qui croit aux lettres?”

 

• Yassine Adnane

 

• Maroc Hebdo International : Vous venez de publier votre premier recueil de nouvelles “Qui croit aux lettres” aux édition Mirit au Caire. Pourquoi le Caire?
- Yassine Adnane: J’ai beaucoup d’amis en Egypte qui m’ont encouragé à publier là-bas. Mais ce n’est pas la raison la plus importante.
Pour moi, publier au Caire m’assure un rayonnement arabe certain. Les lecteurs sont nombreux et la dimension littéraire est importante. C’est aussi un peu pour voir comment ça se passe, du côté édition, ailleurs.

• MHI: Votre premier recueil, “Mannequins”, était un recueil de poésie. Vous vous attaquez aujourd’hui aux nouvelles. Pourquoi ?
- Yassine Adnane: L’homme, par sa nature, a besoin de diversité et de changement. Il raconte, il contemple, il cherche… Chaque genre littéraire correspond à un besoin précis. La poésie répond parfois à mon envie de me détacher du monde. Parfois, j’ai besoin de transcrire les détails de la vie.
De là, le rôle de la nouvelle. Mais je tiens à préciser que l’écriture de nouvelles a toujours été présente. Seulement, je n’avais peut-être pas assez confiance en moi pour passer à la publication. D’un autre côté, la nouvelle me permet beaucoup de jeu, un haut niveau d’abstraction. Pour la poésie, il y a plus de sérieux.
• MHI: Mais votre poésie est quand même, selon les critiques, très narrative..
- Yassine Adnane: Il est vrai que tout ce qui a été écrit sur mon premier recueil “Mannequins” va dans ce sens. Je me promène tout le temps entre poésie et prose.En fait, c’est surtout la poéticité des détails qui donne cette impression.
• MHI: Vous enseignez l’anglais. Vous n’avez jamais pensé à écrire cette fois dans cette langue?
Yassine Adnane : oh non, cette idée ne m’a jamais effleuré. C’est en arabe que je m’exprime le mieux. J’ai toujours écrit en arabe et ça ne risque pas de changer.
MHI: Comment décririez-vous votre recueil “Qui croit aux lettres ?”
- Yassine Adnane: “Qui croit aux lettres?" est édité dans le cadre de la collection “Tajaliat adabia" (relets littéraires) aux éditions “Mirit" au Caire. Ce recueil comprend 12 nouvelles dont “bavardage en blanc seulement", "exercice de mathématiques", “Qui croit aux lettres?", “idée fraîche", “Razza", “le jardin d'oignons", “silence brutal" et “le secret de la veuve". Les nouvelles sont différentes. Je pense que le lecteur ne s’ennuiera pas.
• MHI: et que préparez-vous ?
-Yassine Adnane: Un nouveau recueil de poésie, “Trottoir de l’apocalypse”, à paraître chez les éditions Al-Mada, à Damas. Ce recueil est assez différent de “Mannequins”. Par ailleurs, je présente “Qui croit aux lettres ?” à Bruxelles la semaine prochaine.

Conférences et concerts musicaux à l’institut français d’Agadir
Les belles nuits du sud

 

A Agadir, l’institut français nous propose de passer les belles nuits du Ramadan dans une ambiance chaleureuse et un décor de circonstance. Ainsi, la salle polyvalente de l’institut accueille désormais un salon marocain aménagé sous une tente caïdale. On pourra y déguster un thé en savourant le programme alléchant proposé.
Cette année encore, ce sera “un véritable festival, où se sont croisées toutes les tendances de la musique marocaine vivante, de la tradition populaire ou savante jusqu’aux créations plus contemporaines" indiquent les organisateurs.
La première partie des belles nuits du Ramadan d’Agadir ont été dédiées aux Voix de femmes. Les Bnat Houariyat ont fait découvrir le chant houari. L’ensemble Aznach a pris le relais avec un chant soufi tchétchène remarquable.

Baroque

Les frères Souissi régaleront les mélomanes, le mercredi 20 novembre,de leurs improvisations en musique traditionnelle marocaine, en jazz ou en fusion. Le jeudi 21 novembre se produira le trio iranien Chemirani, “porteur d’une tradition vivante et auteur d’innovations audacieuses autour de l’instrument du zarb". le programme s’achève avec deux concerts aux couleurs du Souss, avec le duo Driss El Maloumi et Lahoucine Baqir “dont la créativité musicale est alimentée par une formation classique, le mélange des genres et la richesse de la culture berbère". Au programme: jazz, oriental et baroque. Le deuxième concert sera donné par Raqiya Demseriya, qui interprétera le répertoire des troubadours du Souss.

Domaine

A côté des soirées musicales, l’institut français d’Agadir propose trois conférences animées par d’éminents musicologues, qui se feront un plaisir de partager leur savoir et faire comprendre au public les sources des musiques méditerranéennes et les liens entre musique et civilisation arabo-islamique. Ainsi, Mahmoud Guettat parlera, le vendredi 15 novembre, de “la musique arabo-andalouse, l’empreinte du Maghreb", domaine qu’il connaît bien d’ailleurs puisqu’il est l’auteur d’un livre sur le même thème.
Christian Poché, ethnomusicologue, animera, le vendredi 22 novembre, une conférence sur le thème " que doit la musique à la civilisation arabo-islamique? ".
Quant à Sami Sadak, spécialiste des musiques méditerranéennes, il décrira les empreintes méditerranéennes en musique.
Toutes les conférences et tous les concerts commencent à 20h30.


Concert de nouvelle musique espagnole à Rabat
Le retour de Chapi Pineda

 

• Juana Castillo.

 

Les veillées du Ramadan ont un parfum de l’Espagne cette année. Belle soirée que celle qu’a abritée le théâtre national Mohamed V de Rabat le mardi 12 novembre dernier. C’était la musique espagnole qui était à l’honneur avec un concert intitulé “nouvelle musique andalouse".
Le spectacle a été organisé par l'institut Cervantès et le service de la coopération culturelle de l'ambassade d'Espagne, en collaboration avec le théâtre national Mohammed V de Rabat. Au programme: six musiciens espagnols de renommée internationale qui revisitent, à leur manière, la musique andalouse. On parle du fameux guitariste Chapi Pineda, accompagné par Angel Andrés Munoz au piano, par Paco Pena au Bajo et par Rafael Montilla à la guitare.
Leur spectacle à Fès, quelques jours auparavant, avait eu un énorme succès. On s’attendait à un spectacle de qualité. On n’a pas été déçu. Au début, Chapi Pineda, seul sur scène, avait gratifié les spectateurs d’une partie en guitare acoustique. Un véritable délice. Deux musiciens se sont joints à lui plus tard.


Dialogue

On entrait dans le rythme, tranquillement. Un mélange de jazz, de blues Daniel Navarro, danseur de flamenco, est alors entré sur scène et a enflammé le public. C’est un véritable dialogue qui s’est lié entre les musiciens et le danseur. Un dialogue de rythmes, qu’on a l’impression de comprendre, comme des paroles. Le flamenco sous son plus beau jour.
Le concert allait bon train, jusqu’à ce qu’entre en scène l’incroyable Juana Castillo. Une voix qui en a fait vibrer plus d’un. D’une pureté, d’une force. Elle interpréta de sa voix d’opéra des morceaux d’une beauté remarquable. Plus tard, les premières notes de Carmen firent frissonner le public. La voix de Juana et la danse de Daniel se complétaient. Le public était conquis.
Un public qui s’est levé à la fin du concert pour ovationner l’excellente prestation de ces artistes remarquables.
On se souvient de la prestation de Chapi Pineda lors d’une précédente édition du Festival de jazz des Oudayas, qui avait laissé de bons échos. Un retour apprécié.


Soirées musicales du Ramadan
Veillées marocaines et andalouses

 

• Abdelhadi Belkhayat.

 

Parmi les soirées alléchantes de ce mois du Ramadane, trois soirées spéciales au cachet marocain, qui auront lieu au Hyatt Regency de Casablanca. Les mélomanes de la ville blanche s’impatientent déjà des trois nuits blanches qu’ils passeront en compagnie de trois stars de la chanson marocaine, chacune dans son genre.
Ainsi, Abdelhadi Belkhayat animera le samedi 16 novembre, une soirée dans laquelle il reprendra, pour le grand plaisir de ses admirateurs, certaines de ses chansons inoubliables comme Al Kamar al ahmar, Al ams al qarib, Kif idir ya sidi, La Tgoulish nsani, Kitar al hayat, Ma menek jouj, Koun ala bal à côté de d’autres plus récentes et non moins appréciées comme Al Mounfarija. C’est toujours un plaisir de réécouter Abdelhadi Belkhayat.
La soirée du samedi 23 novembre sera consacrée à la musique andalouse, avec notamment la participation d’Abderrahim Souiri. Nul doute que ce sera un plaisir d’écouter Souiri interpréter les morceaux les plus beaux du malhoune, genre très prisé pendant le mois du Ramadan.
Haj Mohamed Bouzoubaâ sera l’invité spécial de la troisième soirée, qui aura lieu le samedi 30 novembre. Figure incontournable du malhoun, Haj Mohamed Bouzoubaâ gratifiera le public de sa voix au timbre si spécial. C’est l’humoriste Azzeddine Skalli qui animera ces trois soirées.
Atik Ben Chiguer et Imad N’Tifi, tous deux animateurs à 2M, présenteront les artistes tour à tour au public, même s’ils n’ont nul besoin d’être présentés. Une partie des recettes de cet événement sera réservée au profit de l’Association marocaine des Villages d’Enfants S.O.S. Le ticket coûte 500 dirhams.

Expression

Les spectacles commencent à 21 heures.
Autre soirée à ne pas rater, celle organisée le vendredi 22 novembre au théâtre National Mohammed V par la Fondation Mohamed Larbi Temsamani, un des pionniers de la musique andalouse marocaine. Cette soirée musicale andalouse portera un cachet soufi et sera sur le thème: la musicalité andalouse comme mode d’expression de l’Amour par le Soufisme. "La musique, ou plutôt notre musique, maroco-andalouse parle.
Tous les grands thèmes de la vie y sont abordés dans un formidable labyrinthe de nuances du verbe aimer", précisent les organisateurs de cette soirée, qui nous invitent ainsi à apprendre à réécouter cette musique, part de notre patrimoine.


• Parution
“Contacts Pro" est le premier guide-annuaire des professionnels de la région de Rabat qui vient de paraître aux éditions "Planète". Ce guide, qui ambitionne de faciliter les échanges commerciaux entre les entreprises les plus dynamiques de la région, offre toutes les informations concernant ces entreprises à travers une sélection des adresses classées par thème (communication, équipement, financement et assurances, recrutement...).
"Contacts Pro" propose également aux professionnels de cette région des informations complémentaires telles que la liste des fédérations et associations professionnelles ou encore des rappels utiles à l'entreprise, outre un plan détaillé de la ville et un index des rues complétant cet ouvrage afin de permettre une localisation plus rapide des contacts. A partir de novembre courant, "Contacts Pro" sera pour une partie diffusé gratuitement et disponible toute l'année en kiosques et librairies. ("Contacts Pro", éditions "Planète" 2002, 30 dh)

• Soirée
La section Fès-médina de l'association Fès-Sais organise, samedi 16 novembre, une soirée artistique dont les recettes seront versées à la fondation Prince Moulay Abdellah pour la protection des handicapés mentaux et au financement de l'opération "Daif Allah". Initiée à l'occasion du mois de ramadan et en collaboration avec l'école HEC-Fès, cette manifestation connaîtra la participation notamment de l'orchestre du conservatoire de Tétouan, de l'ensemble du malhoun Sidi Thami Medaghri et du groupe d'arts populaires de Fès conduit par Abderrahim Amrani Mourrakchi.

• Conférence
La bibliothèque Darna et la maison communautaire des femmes organisent, le 15 courant à 21h, une conférence sur l'histoire des associations de bienfaisance à Tanger, qui sera animée par M. Abdelaziz Khallouk Tamsamani.

• Rencontres
A l'occasion du mois sacré de Ramadan, l'Association Rissalat Attalib propose, du 8 au 18 Ramadan, une série d'activités culturelles et éducatives, sous le signe de la recherche scientifique et les exigences de l'avenir . Animées par une pléiade de penseurs et d'intellectuels, ces rencontres se pencheront notamment sur la femme musulmane et les enjeux de la modernité.

• Cinéma
Le Goethe institut programme pour la soirée du vendredi 15 novembre la projection d’une série de courts-métrages. Sept courts-métrages ont été choisis. Il s’agit de films réalisés par les lauréats des instituts de cinéma allemands en 1995. Les projections commencent à 20h.


• Festival
Le bureau de l'association “terre pour la création et le développement culturel" de Kénitra organise, à partir du samedi 16 novembre, son premier festival culturel. L'association, qui a tenu récemment son assemblée constitutive, apporte son soutien à l'action culturelle au niveau local, régional et national, et accorde un intérêt particulier à la question de la femme et du développement.


• Psalmodie
L'Association Bou Regreg organise en collaboration avec le ministère de la justice, au cours du mois de ramadan, le 16ème festival national de psalmodie et de mémorisation du Coran au profit de l'ensemble des pensionnaires des établissements pénitenciers du Royaume. Selon un communiqué de l'association, ce festival vise à encourager les détenus à mémoriser et à psalmodier le Saint Coran. Les centres carcéraux choisiront les meilleurs candidats, des deux sexes, pour participer au concours final, prévu, le 22 novembre, à la prison de Hay Salam à Salé. La cérémonie de remise des prix aux méritants aura lieu le même jour.


• Théâtre
En commémoration de la journée mondiale de l'enfance, célébrée le 20 novembre, la troupe “Alae Dine" présentera, les 17 et 24 novembre courant à Fès la pièce théâtrale “Jouha, l'avocat". Ecrite par feu Mohammed Kaghat et réalisée par le dramaturge Ahmed Jahid, la pièce sera jouée et interpretée des jeunes artistes de Bara'im Al Khachaba. Cette manifestation prévue à partir de 13 heures aura lieu aux complexes des jeunes Zohour le 17 novembre et les Mérinides le 24 novembre.


• Concert
Le groupe tchétchène "Aznach" se produira samedi 16 novembre au centre culturel Ben Barka de Rabat (quartier l'Océan). Les chanteuses de l'ensemble Aznach (voix) ont récemment enregistré un disque pour la collection "Ethnomad" (des ateliers d'éthnolo-musicologie), lors de leur venue à Genève en 2000.

 

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