Mohamed El Gahs, secrétaire d’état chargé de la jeunesse
Une ascension méritée

Najlae Benmbarek

 

• Mohamed El Gahs

 

Il y a quelques années, un journaliste et ami de Mohamed El Gahs lui avait dit: “mais finalement, toi, ton objectif est d’être député. C’est ça?". El Gahs, flegmatique, lui aurait répondu: “ce serait un objectif tout à fait légitime". Aujourd’hui, El Gahs peut être fier. Non seulement il est député depuis le 27 septembre 2002, mais il est aussi secrétaire d’état, à la tête du département de la jeunesse, aujourd’hui indépendante de celui des sports. Un poste de jeune pour un jeune, dont le militantisme porte ses fruits aujourd’hui.
Déjà, le député de la circonscription de Sidi Bernoussi avait fait sensation lors de l’ouverture du Parlement, le vendredi 11 octobre 2002. Méconnaissable, dans sa belle djellaba immaculée, sa chemise blanche éclatante, coiffé d’un fes rouge, le même fes recouvert du capuchon de la djellaba.


Leader

Sa photo avait fait le tour des rédactions. Comment? Le célèbre M.E.G, le seul, l’unique, le militant de gauche convaincu et invaincu, qui, d’habitude, ne porte même pas le costume-cravate, affublé de l’habit traditionnel? Les confrères ont même plaisanté à propos de la djellaba qui aurait été empruntée. Heureusement que l’habit ne fait pas le moins militant.
Né à Taza le 30 septembre 1963 dans une famille modeste, c’est dans sa ville natale qu’il s’initie à la politique, en intégrant le bureau de l’USFP à..14 ans. Après le bac, c’est en France qu’il fait des études de droit et d’économie, suivies d’un DESS en journalisme au CUEJ de Strasbourg.
Durant cette période, il est membre de l’USFP Europe occidentale et travaille à l’AFP.
D’ailleurs, il revient au pays pour prendre, à 30 ans, la direction de la rédaction de Libération, titre francophone de l’USFP. Avec lui, le quotidien change dans le respect de la continuité partisane.
Objectivement, Libé s’est développé avec lui, avec plus de recherche dans la mise en page et un nouveau style dans le choix des sujets, la manière de traiter et d’habiller les articles.
Surtout, El Gahs est un meneur d’hommes. On dit que les journalistes de Libé ne jurent que par lui.


Idéologue

El Gahs est un bosseur, qui ne s’arrête que lorsque son travail aboutit, que ce soit en politique ou en journalisme.
Timide et profond, El Gahs est d’une gentillesse inouïe, mais reste intraitable sur les principes. "Un véritable ittihadi.
Malheur à ses détracteurs", affirment ses proches. Idéologue mais pragmatique. El Gahs a une aisance avérée dans le monde politique marocain, où il a appris à naviguer, en gardant à l’esprit, et dans le cœur, le Parti, où il est tombé quand il était petit.
Peu de gens peuvent se vanter de bien connaître Mohamed El Gahs. Mais ceux qui l’ont côtoyé disent qu’il a toujours eu une ambition politique.
A 39 ans, il peut se targuer d’une belle carrière politique, déjà. Et ce n’est certainement pas fini.


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