ATMOSPHÈRE

Abdellatif Mansour

 

 
À ma gauche, Saddam Hussein. À ma droi-te, George Bush junior. Le premier est armé
d'une Winchester à plusieurs coups tordus; le deuxième d'un colt à barillet ravageur. Saddam se fait passer pour un gentil boutefeu, protecteur de la veuve et de l'orphelin de ses deux
guerres du Golfe. Bush, lui, veut être le shérif d'une chevau-chée planétaire. Les deux menacent d'en découdre sous nos yeux, à la télévision, en direct. Du spectacle de très haute technolo-gie guerrière en perspective.
Spectacle nocturne d'un combat inégal. Des caméras infra-rouges
pour suivre la trajectoire lumineuse des missiles, dans l'obscurité céleste. Les images du matin, elles, seront moins “belles". Les pilotes américains seront déjà dans leurs lits, à
bord de leurs porte-avions inaccessibles. Quant aux Irakiens, qui n'auront pas été explosés dans leur sommeil, ils compteront leur mort. Il y aura certainement quelques sosies de Saddam dans le lot. Tout comme les sosies d'un Ben Laden introuvable.
Il n’est pas sûr que Saddam tombe après une nouvelle guerre et l’éradication d’une partie de la population irakienne.
Quant à Ben Laden, il est difficile à cibler, tant il semble par-tout et nulle part; à moins de bombarder “Al Jazira”. Au risque d’être accusé d’anti-américanisme primaire aggravé
d’un anti-sémitisme épidermique, il faudrait peut-être rappe-ler à Bush un nom. Celui par qui le 11 septembre est arrivé ain-si que tous les extrémismes islamistes: un certain Ariel Sharon.
Sauf que Bush et ses alliés ont déjà décidé qu'au Moyen-Orient, il n'y a qu'une seule dictature et une seule démocratie: L'Irak et Israël. La première est à abattre en priorité. La seconde peut
continuer à tuer démocratiquement.

 

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