Création de la haute autorité de l'audiovisuel
Les ondes déchaînées


Mahjoub Haguig

 

• Mohamed Achaâri.

 

La promulgation du dahir portant création de la haute autorité de la communication audiovisuelle au Maroc inaugure une étape nouvelle dans le processus, très long d’ailleurs, de la réforme de l’audiovisuel au Maroc.
Le nouveau né se veut, en effet, une institution offrant les conditions à la réglementation et la gestion du secteur audiovisuel, public et privé au Maroc.
La première mission de la haute autorité est de veiller “au respect des principes de liberté d'expression, de pluralisme et son rôle est d’accompagner l’ouverture et la modernisation du secteur (public et privé) dans le cadre du respect des principes de la liberté de l’expression, de la constitution et de la neutralité”. Pas question de bémoliser radio et télévision, mais plutôt veiller au grain et établir des règles de bonne conduite et de respect.
Une volonté qui s’applique aussi bien pour le secteur public que privé. Pour le premier secteur, la nouvelle institution veillera essentiellement au principe de neutralité et de pluralisme, dans le cadre du respect «des hautes institutions de l’Etat ». La même volonté est émise en faveur du secteur privé. Le respect de la liberté d’expression plurielle, des institutions de l’Etat et de la dignité des individus sont autant de points que ce secteur devra remplir.
Cette mission de régulation est doublée par de multiples pouvoirs qui renforcent le rôle de la haute autorité et consolident son positionnement au sein de l’appareil administratif marocain.

Mission

La nouvelle instance assure une mission consultative auprès de SM le Roi, du Gouvernement et du Parlement. Un pouvoir régulateur certes facultatif mais qui devrait être pris en compte dans tous les projets qui concernent le secteur de l’audiovisuel. En outre, ses prérogatives qui dépassent celles de Mohamed Achaâri ministre de la Communication, s’étendent à la préparation et à l’instruction des cahiers de charges des postulants pour la création d’une radio ou d’une d'une télévision. Elle présente en plus au Gouvernement les autorisations de création et d’exploitation des entreprises de service de communication audiovisuelle privée. En même temps, l’Agence Nationale de Réglementation des Télécommunications (ANRT) maintient son rôle de coordinateur de la gestion des fréquences radioélectriques.
L’organigramme de cette instance prévoit un conseil supérieur et une direction générale. Le conseil supérieur est composé de neuf personnes : le président et quatre membres nommés par Sa Majesté, deux membres nommés par le Premier ministre pour une durée de cinq ans renouvelable une fois et deux membres nommés, l'un par le président de la Chambre des Représentants et l'autre par le président de la Chambre des Conseillers. À signaler que les membres nommés pour une durée de cinq ans sont inamovibles pendant la durée de leur mandat. Le budget de la haute autorité, préparé par le directeur général, est délibéré par le conseil et approuvé par SM le Roi. Le contrôle des dépenses est assuré par la Cour des Comptes.
La mise en place de la Haute Autorité de l'Audiovisuel mettra certainement du baume au cœur des dizaines de personnes qui attendent depuis de longues années, la libéralisation du secteur de l’audiovisuel au Maroc, pour concrétiser leur projet dans le domaine de l’audiovisuel. Une fois le terrain balisé, il est certain que le secteur connaîtra un boom extraordinaire. Signe salubre, certes, pour la liberté d’expression, mais un véritable challenge pour la nouvelle autorité.


Projet de la chaîne Ma 3
Mohamed Laroussi claque la porte

 

• Mohamed Laroussi.

 

À quelques semaines du lancement officiel de la chaîne Ma3, le conseiller de la chaîne et directeur de l’agence de communication, «Avenir Conseil», Mohammed Laroussi, a décidé de mettre fin à sa collaboration avec Fatima Benadi, directrice de la chaîne.
Le rêve, annoncé sans mesure, s’est finalement estompé au profit d’une amertume que le concerné par cette démission a expliquée en long et en large dans sa missive envoyée à la presse nationale. L’espoir d’accompagner la naissance d’une chaîne indépendante a finalement buté sur la dure réalité du projet Ma3, souligne Mohamed Laroussi. Le réveil fut dur. La réalité du projet s’est révélée peu encourageante et l’animateur de la conférence de presse annonçant la naissance de Ma 3 avoue s’être trompé sur l’ampleur de ce projet. “J’ai pris conscience, un peu plus tard, que Fatima Zahra Benaddi, et malgré ses affirmations répétées, n’avait pas l’intention de travailler avec la rigueur et la rationalité qu’exigeait un tel projet”. En d’autres termes, Laroussi s’est refusé à travailler avec les moyens du bord, surtout lorsque cette politique d’économie a touché au concept qu’il allait animer et ceux qu’il a conçu avec d’autres animateurs marocains de la chaîne. «La tragédie professionnelle» s’est amplifiée, explique-t-il, avec le renvoi de l’animateur de l’émission «A ton avis», Mehdi Ouazzani, et la mise en attente des autres émissions et de leurs animateurs pressentis. «Ma 3, ça sera sans moi et sans rancune», conclut Laroussi.
M.H.

 

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